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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2400265

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2400265

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2400265
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus d'attribution de la prime individuelle RIPEC volet C3. Le tribunal a jugé que le président de l'université, en prenant sa décision après consultation des instances compétentes (le Conseil national des universités et le conseil académique en formation restreinte), n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la recherche et du décret n° 2021-1895 du 29 décembre 2021 régissant le régime indemnitaire des enseignants-chercheurs.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 janvier 2024, Mme A... C... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 14 novembre 2023 par laquelle le président de l’université Jean Moulin - Lyon III a rejeté sa demande d’attribution de la prime individuelle volet C3 du régime indemnitaire des enseignants-chercheurs (RIPEC) au titre de la campagne 2023.

Mme C... soutient que la décision attaquée est irrégulière au regard des erreurs entachant les rapports présentés devant la formation restreinte du conseil académique.


Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2025, l'université Jean Moulin - Lyon III conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que le moyen soulevé par Mme C... n’est pas fondé.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
– le code général de la fonction publique ;
– le code de la recherche ;
– le décret n° 2021-1895 du 29 décembre 2021 ;
– l’arrêté du 7 février 2022 fixant certaines modalités de la procédure d'attribution de la prime individuelle prévue par le décret n° 2021-1895 du 29 décembre 2021 portant création du régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs ;
– le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
– le rapport de Mme Pouyet,
– les conclusions de Mme Leravat, rapporteure publique,
– et les observations M. B..., pour l’université Jean Moulin - Lyon III.


Considérant ce qui suit :

Mme C..., exerçant au sein de l’université Jean Moulin – Lyon III en qualité de professeure en géographie physique, humaine, économique et régionale, a présenté une demande tendant à l’attribution de la prime individuelle volet C3 du régime indemnitaire des enseignants-chercheurs (RIPEC) au titre de la campagne 2023. Elle demande au tribunal d’annuler la décision du 14 novembre 2023 par laquelle le président de l’université a rejeté sa demande.

Aux termes de l’article L. 421-4 du code de la recherche : « Les chefs d'établissement des établissements publics à caractère scientifique et technologique sont responsables de l'attribution des primes aux personnels qui sont affectés dans l'établissement, en application des textes applicables et selon les principes de répartition définis par le conseil d'administration ». Selon l’article 1er du décret du 29 décembre 2021 susvisé portant création du régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs : « Dans les conditions fixées par le présent décret, les professeurs des universités (…) peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité liée à leur grade et, d'autre part, d'une indemnité liée à l'exercice de certaines fonctions et responsabilités particulières. En complément, ils peuvent prétendre, sur leur demande, au bénéfice d'une prime individuelle liée à la qualité de leurs activités et de leur engagement professionnel au titre de l'ensemble de leurs missions statutaires selon les modalités précisées à l'article 4. » Aux termes de l’article 4 de ce décret : « Pour prétendre au bénéfice de la prime individuelle mentionnée au 3° de l'article 2, les personnels mentionnés à l'article 1er déposent un dossier de candidature. (…) Les candidatures sont transmises pour avis par le président de l'établissement à la section compétente du Conseil national des universités, à la section compétente du Conseil national des universités pour les disciplines de santé ou à la section compétente du conseil national des astronomes et physiciens. (…) Après avoir entendu deux rapporteurs désignés par son bureau de rang au moins égal à celui du candidat, la section compétente du Conseil national des universités (…) rend un avis sur l'ensemble du dossier du candidat, qui précise au titre de quelle mission au sens de l'article L. 123-3 du code de l'éducation le bénéfice de la prime est proposé. Cet avis est soit très favorable, soit favorable, soit réservé. (…) Les avis précités et les rapports d'activités mentionnés au premier alinéa sont ensuite adressés par le président de l'établissement au conseil académique (…), siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés. Au vu des rapports présentés, pour chaque candidat, par deux rapporteurs de rang au moins égal à celui du candidat et librement désignés par le conseil académique, (…), et sur la base des documents mentionnés à l'alinéa précédent, celui-ci rend un avis, en formation restreinte, sur l'ensemble du dossier du candidat qui précise au titre de quelle mission au sens de l'article L. 123-3 du code de l'éducation le bénéfice de la prime est proposé. Il peut s'agir d'une de ces missions, de plusieurs ou de l'ensemble d'entre elles. Le bénéfice de la prime peut également être attribué au titre du concours apporté à la vie collective des établissements, au sens du septième alinéa de l'article 3 du décret du 6 juin 1984 susvisé. Cet avis est soit très favorable, soit favorable, soit réservé. Les deux avis consultatifs des instances mentionnées au 1° du présent article sont recueillis selon des modalités et un dispositif de cotation fixés par arrêté du ou des ministres intéressés. Les dossiers ainsi complétés des avis mentionnés aux alinéas précédents sont adressés au président ou au directeur de l'établissement d'affectation de l'agent. Le président ou le directeur de l'établissement arrête les décisions d'attribution individuelle de la prime comprenant le montant individuel et la ou les missions au titre de laquelle ou desquelles la prime est attribuée. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, le président ou le directeur de l'établissement arrête les attributions dans la limite d'une dotation attribuée à cet effet par le ministre chargé de l'enseignement supérieur en tenant compte des avis consultatifs reçus et conformément aux principes de répartition définis par le conseil d'administration dans les lignes directrices de gestion mentionnées à l'article 2 ». Le conseil d’administration de l’université Jean Moulin – Lyon III a par ailleurs adopté, le 14 mars 2023, des lignes directrices énonçant les critères d’attribution de la prime individuelle par la formation restreinte du conseil académique, tenant à l’investissement pédagogique, à la qualité de l’activité scientifique, ainsi qu’à l’investissement dans des tâches d’intérêt général.

Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de la campagne 2023 d’attribution de la prime individuelle prévue par les dispositions précitées, le président de l’université Jean Moulin – Lyon III a décidé de faire droit aux seules demandes ayant obtenu un avis « très favorable » du Conseil national des universités et de la formation restreinte du conseil académique. La candidature de Mme C... a fait l’objet d’un avis « très favorable » de la part du Conseil national des universités et d’un avis « favorable » de la formation restreinte du conseil académique. Pour contester ce dernier avis, Mme C... soutient que les avis des rapporteures auprès de la formation restreinte du conseil académique comportent des erreurs. Alors qu’il n’appartient pas au juge de l’excès de pouvoir de contrôler le bien-fondé de l’appréciation portée sur les mérites, notamment scientifiques, de la requérante par le conseil académique en formation restreinte et par les rapporteurs devant cette instance, il ressort des pièces du dossier que si l’un des rapports soumis à cette instance comporte une erreur concernant le nombre d’heures assurées en 2021-2022 par Mme C... et si l’autre rapport comporte une erreur quant au nombre de ses publications, la première des deux rapporteures a émis un avis très favorable sur le dossier de la requérante et l’appréciation littérale de la seconde rapporteure, qui a émis un avis favorable, n’est pas fondée sur le nombre des publications de Mme C.... En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces erreurs aient revêtu une importance déterminante sur le sens de l’avis adopté par la formation restreinte du conseil académique, dont les membres disposaient par ailleurs de l’intégralité du dossier de candidature de la requérante. Par suite, le moyen tiré doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que Mme C... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du 14 novembre 2023.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... et à l'université Jean Moulin - Lyon III.





Délibéré après l'audience du 13 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Vaccaro-Planchet, présidente,
M. Gueguen, premier conseiller,
Mme Pouyet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2026.



La rapporteure,

C. Pouyet

La présidente,

V. Vaccaro-Planchet




La greffière





C. Hoareau


La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Une greffière.




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