jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2400314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 janvier et 12 mai 2024, Mme C D, représentée par Me Deme, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 13 décembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant " et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour est entachée d'incompétence de son signataire à défaut de preuve d'un arrêté de délégation de signature régulièrement publié ;
- elle est insuffisamment motivée en fait et souffre d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- la préfète a commis une erreur d'appréciation et méconnu l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 dès lors qu'elle justifie d'une progression certaine dans ses études ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Des pièces, enregistrés le 30 avril 2024, ont été produites par la préfète du Rhône.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de Mme Lacroix a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, ressortissante gabonaise née le 12 décembre 1998, entrée en France le 16 septembre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", a bénéficié de titres de séjour en cette qualité jusqu'au 30 novembre 2022. Elle conteste les décisions du 13 décembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour pour l'année 2023-2024 et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
2. En premier lieu, ces décisions ont été signées par Mme A B, directrice des migrations et de l'intégration, qui avait reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône du 30 novembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, ces décisions qui visent les textes dont il est fait application, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et exposent les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme D, comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, dès lors, suffisamment motivées.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le présent code régit, sous réserve () des conventions internationales () le séjour () des étrangers en France (). ". Aux termes de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes :: " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / (). " Il résulte de ces dernières stipulations qu'il appartient à l'administration, saisie par un ressortissant gabonais d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, d'apprécier notamment, à partir de l'ensemble du dossier et sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme D s'est inscrite au titre de l'année universitaire 2019-2020 en première année d'une formation conduisant au diplôme de brevet de technicien supérieur de notariat qu'elle a rapidement abandonnée à la suite de la naissance prématurée le 3 octobre 2019 de sa fille, qui est restée hospitalisée deux mois après sa naissance. Elle s'est réorientée l'année suivante en première année d'une formation conduisant au diplôme de brevet de technicien supérieur en communication qu'elle a validée. Au terme de l'année universitaire 2021-2022, elle a validé la deuxième année d'une formation en alternance conduisant au diplôme de " Bachelor responsable de communication ". Elle justifie de son assiduité en troisième année de cette formation jusqu'au 31 décembre 2022 et avoir validé un des cinq blocs de compétence au titre de l'année universitaire 2022-2023. Elle n'établit pas avoir été contrainte d'interrompre ses études par une seconde grossesse pathologique jusqu'à la naissance de son fils le 29 août 2023. Si pour l'année universitaire 2023-2024 elle est inscrite dans cette troisième année en qualité d'auditeur afin de valider les crédits forfaitaires manquants, cette inscription ne lui confère pas le statut d'étudiant. Par suite, la décision portant refus de renouvellement de son titre, motivée par l'absence de réalité et de sérieux des études, ne repose pas sur des faits matériellement inexacts et n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 doit aussi être écarté.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme D n'est pas fondée à soutenir que l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé entache d'illégalité la mesure d'éloignement prise sur son fondement.
7. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la préfète aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de Mme D n'est pas assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 13 décembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Michel, présidente,
Mme Lacroix, première conseillère,
Mme Reniez, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
La rapporteure,La présidente,
A. LacroixC. Michel
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026