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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2400637

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2400637

mercredi 10 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2400637
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantVRAY

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024 sous le n° 2400637, M. C D, représenté par Me Vray, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans le délai d'un mois :

- à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;

- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

1°) s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnait les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6, 5) de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

3°) s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux mois :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 en ce que l'opportunité de son prononcé aurait dû être appréciée au regard de la durée de son séjour, soit plus de 5 années, de son intégration notamment par le travail bénévole, de la scolarisation de ses enfants et de l'absence de menace pour l'ordre public que constitue sa présence en France.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 2 mai 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 6 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2024.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024 sous le n° 2400640, Mme A B épouse D, représentée par Me Vray, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans le délai d'un mois :

- à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ;

- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

1°) s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnait les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6, 5) de l'accord franco-algérien ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

3°) s'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux mois :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 en ce que l'opportunité de son prononcé aurait dû être appréciée au regard de la durée de son séjour, soit plus de 5 années, de son intégration notamment par le travail bénévole, de la scolarisation de ses enfants et de l'absence de menace pour l'ordre public que constitue sa présence en France.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 2 mai 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 6 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2024.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jourdan.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées présentées par M. et Mme D, membres d'une même famille, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. et Mme D, respectivement nés les 1er août 1974 et 2 octobre 1982, de nationalité algérienne, sont entrés en France le 22 avril 2018, munis de visa de court séjour, accompagnés de leurs quatre enfants, leur cinquième enfant étant né sur le territoire français. Par un arrêté du 27 septembre 2019, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal du 19 mai 2020, le préfet de la Loire a refusé d'admettre les intéressés au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Les 9 et 16 mai 2023, M. et Mme D ont de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par deux arrêtés en date du 14 novembre 2023, dont les requérants demandent au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Loire a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois.

3. Les arrêtés du 14 novembre 2023 ont été signés par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté du préfet de la Loire du 13 juillet 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 24 juillet 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés contestés doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".

5. M. et Mme D font état de ce qu'ils résident en France depuis cinq ans, de ce que leurs cinq enfants y sont scolarisés, le dernier étant né sur le territoire français, et de ce qu'ainsi leur vie privée et familiale est désormais installée sur le territoire national. Toutefois, si les requérants sont arrivés régulièrement sur le territoire national en 2018, il ressort des pièces du dossier que la durée de leur présence en France est essentiellement due au temps nécessaire à l'instruction de leurs demandes de titre de séjour ainsi qu'à leur maintien irrégulier sur le territoire français en dépit des mesures d'éloignement édictées à leur encontre, le 27 septembre 2019, dont la légalité a pourtant été confirmée. Les intéressés ne démontrent pas qu'ils ne pourraient poursuivre leur vie privée et familiale dans leur pays d'origine où ils ont vécu l'essentiel de leur existence, n'étant respectivement arrivés en France qu'aux âges de 44 et 36 ans, leurs quatre premiers enfants étant nés en Algérie. Par ailleurs, tous les membres de la famille sont de nationalité algérienne et les requérants n'apportent pas la preuve qui leur incombe qu'ils ne pourraient poursuivre leur vie privée et familiale en Algérie, où ils ont d'ailleurs conservé des attaches familiales ainsi que cela ressort des pièces produites en défense, les quatre sœurs, le frère et les parents de M. D tout comme les trois frères, la sœur et les parents de Mme D y résidant. Par suite, eu égard à la durée et aux conditions de leur séjour en France, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées auraient porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6, 5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié doit ainsi être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

7. M. et Mme D font état de l'intégration scolaire réussie de leurs enfants, de l'impossibilité pour ces derniers de poursuivre leur scolarité en Algérie et soutiennent également que les décisions attaquées les empêchant de travailler et de subvenir aux besoins de leurs enfants, celles-ci les maintiennent dans une situation de grande précarité. Toutefois, les requérants ne démontrent pas que leurs enfants mineurs, dont les quatre premiers sont nés en Algérie et y ont vécu jusqu'à l'âge de treize, dix, sept et deux ans et dont le dernier, né en France, débute à peine sa scolarité, ne pourraient poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. En outre, alors que leurs enfants ont vocation à les accompagner en Algérie, les intéressés qui se bornent à produire des certificats de scolarité au titre des années 2018-2019 à 2023-2024 ainsi que six lettres de soutien et d'encouragement de la part de membres du corps enseignant, ne justifient pas du risque allégué de répercussions sur la stabilité et l'épanouissement personnel et scolaire de leurs enfants. Par suite, M. et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de la Loire aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

8. En troisième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, n'est pas applicable aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, l'autorité administrative peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

9. Si les requérants invoquent les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort néanmoins de la lecture des décisions attaquées que, conformément au principe exposé au point précédent, le préfet de la Loire a examiné leurs demandes d'admission exceptionnelle au séjour au titre de son pouvoir de régularisation, de telle sorte que les intéressés doivent être regardés, lorsqu'ils invoquent une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme invoquant la commission d'une telle erreur dans l'exercice du pouvoir de régularisation du préfet.

10. D'une part, ni la durée de résidence en France de M. et Mme D, ni leur connaissance de la langue française, ni encore leur participation à des activités associatives ou la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé du 8 novembre 2019 au bénéfice du requérant, ne permettent de caractériser des circonstances humanitaires ou de justifier de motifs exceptionnels devant conduire à la régularisation de leur situation par la délivrance de certificats de résidence portant la mention " vie privée et familiale ".

11. D'autre part, M. D verse au débat des déclarations trimestrielles de chiffre d'affaires Urssaf relatives à son activité de distribution alimentaire et non-alimentaire pour une période courant du deuxième trimestre 2022 au troisième trimestre 2023, deux bulletins de salaire pour une période d'emploi du 1er décembre 2019 au 30 janvier 2020, une promesse d'embauche du 31 juillet 2023 pour un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de chargé d'administration, sans cependant justifier du diplôme de certificat d'aptitude à la profession d'avocat algérien dont il allègue être détenteur ou de l'obtention d'un certificat de comparabilité. Mme D verse pour sa part au débat des déclarations trimestrielles de chiffre d'affaires Urssaf relatives à son activité de vente ambulante de vêtements pour une période courant du quatrième trimestre 2021 au troisième trimestre 2023 ainsi qu'une attestation fiscale au régime micro-entrepreneur délivrée par l'Urssaf le 7 avril 2023, Toutefois, ces pièces, qui ne sont pas de nature à justifier d'une intégration professionnelle particulière sur le territoire et qui, par ailleurs, n'attestent pas de ce que les requérants bénéficieraient de perspectives d'insertion professionnelles sérieuses, ne permettent pas de considérer que les intéressés feraient état d'un motif exceptionnel au regard de leur expérience et de leurs qualifications, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

12. Ainsi, au regard de l'ensemble de ces éléments, le préfet de la Loire ne saurait être regardé comme ayant entaché les décisions en litige d'une erreur manifeste d'appréciation en n'admettant pas exceptionnellement au séjour M. et Mme D.

S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

14. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne s'appliquent pas à leur situation dès lors que le préfet de la Loire leur a accordé un délai de départ volontaire de trente jours.

15. En tout état de cause, pour prononcer à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux mois, le préfet de la Loire a bien examiné leur situation au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 et relevé notamment leur entrée récente sur le territoire français et le fait qu'ils n'ont pas exécuté une précédente mesure d'éloignement. Ainsi, en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Loire a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il n'apparaît pas que l'autorité préfectorale aurait commis une erreur d'appréciation en prononçant une telle mesure.

16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de ces requêtes doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme D sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme A B épouse D et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Jourdan, présidente,

Mme Rizzato, première conseillère,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.

La présidente,

D. Jourdan

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. Rizzato

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Nos 2400637 - 2400640

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