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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2400850

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2400850

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2400850
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre
Avocat requérantGUERAULT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a été saisi par M. et Mme C, ressortissants bosniens, de recours pour excès de pouvoir contre les refus implicites de la préfète du Rhône de leur délivrer un titre de séjour. En cours d'instance, la préfète a finalement délivré aux requérants une carte de séjour temporaire d'un an, valable du 2 avril 2024 au 1er avril 2025. Le tribunal a constaté que cette délivrance rendait sans objet les conclusions des requêtes tendant à l'annulation des décisions implicites et aux injonctions. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur ces conclusions, sans se prononcer sur le fond des moyens invoqués (notamment les articles L. 435-1 et L. 423-23 du CESEDA, l'article 8 de la CEDH et l'article 3-1 de la CIDE).

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2024 sous le n°2400850, M. B C, représenté par Me Guerault, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à séjourner et à travailler en France, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 300 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Le 6 juin 2024, la préfète du Rhône a produit la décision du 5 avril 2024 par laquelle elle a décidé de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire d'un an.

Par un courrier du 17 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête, un titre de séjour valable du 2 avril 2024 au 1er avril 2025 ayant été délivré à M. C.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 10 novembre 2023, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II. Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2024 sous le n°2400851, Mme A C, représentée Me Guerault, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à séjourner et à travailler en France, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 300 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Le 6 juin 2024, la préfète du Rhône a produit la décision du 5 avril 2024 par laquelle elle a décidé de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire d'un an.

Par un courrier du 17 janvier 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête, un titre de séjour valable du 2 avril 2024 au 1er avril 2025 ayant été délivré à Mme C.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 10 novembre 2023, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C, ressortissants bosniens, demandent au tribunal de prononcer l'annulation des décisions implicites par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté leurs demandes de titre de séjour.

2. Les requêtes de M. et Mme C présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

3. Par des décisions du 5 avril 2024, postérieures à l'introduction des requêtes, la préfète du Rhône a décidé de délivrer à M. et Mme C des titres de séjour, valables du 2 avril 2024 au 1er avril 2025. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte des requêtes sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. M et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Guerault, avocat de M. et Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Guerault de la somme totale de 1 600 euros.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte des requêtes.

Article 2 : L'État versera à Me Guerault une somme globale de 1 600 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme A C, à Me Guerault et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Vaccaro-Planchet, présidente,

Mme Leravat, première conseillère,

Mme de Tonnac, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.

La présidente-rapporteure,

V. Vaccaro-Planchet

L'assesseure la plus ancienne,

C. Leravat

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Nos 2400850 - 2400851

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