vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2401236 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2024, M. C E, représenté par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 9 janvier 2024 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire de procéder, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;
- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée ;
- cette décision a été prise sans examen préalable, réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- elle est contraire à l'intérêt de ses enfants ;
- en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation, le préfet de la Loire a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
-l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- cette décision porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- elle est contraire à l'intérêt de ses enfants ;
- la décision lui octroyant un délai de départ volontaire de trente jours et celle fixant son pays de destination sont illégales en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Le préfet de la Loire a produit des pièces qui ont été enregistrées le 23 avril 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Guillaume pour M. E, qui a repris ses conclusions et moyens et soutenu, de plus, que le préfet de la Loire n'a pas correctement exécuté la mesure d'injonction prononcée par le tribunal dans son jugement n°2310806 rendu le 19 décembre 2023.
Le préfet de la Loire n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né le 20 janvier 1984, est entré régulièrement en France le 28 août 2019 accompagné de son épouse et leurs enfants. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 janvier 2021 et par la Cour nationale du droit d'asile le 19 mai 2021. Il a, consécutivement, fait l'objet d'une mesure d'éloignement, prise à son encontre le 2 juillet 2021, qui n'a pas été exécutée. Le 13 décembre 2023, le préfet de la Loire a pris à l'encontre de M. E une nouvelle obligation de quitter le territoire français, l'a privé d'un délai de départ volontaire, a fixé son pays de destination, lui a fait interdiction de retour et l'a assigné à résidence. Ces décisions ont été annulées par la magistrate désignée du tribunal administratif par un jugement n°2310806 du 19 décembre 2023. Par ce même jugement, il a été fait injonction au préfet de la Loire de procéder au réexamen de la situation de M. E dans un délai d'un mois. C'est dans ce contexte que par les décisions attaquées du 9 janvier 2024, le préfet de la Loire a refusé d'admettre au séjour M. E, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par M. D F, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté du préfet de la Loire du 13 juillet 2023, publié le 24 juillet 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, librement accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En second lieu, par son jugement du 19 décembre 2023, la magistrate désignée a annulé les décisions prises à l'encontre de M. E le 13 décembre précédent aux motifs qu'elles étaient entachées d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé. Conformément à l'injonction prononcée par ce même jugement, la situation de M. E a fait l'objet d'un nouvel examen, à l'issue duquel l'arrêté attaqué a été pris, dans le délai imparti par le tribunal. Il s'ensuit que le requérant n'est, en toute hypothèse, pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire n'aurait pas exécuté l'injonction prononcée à son encontre le 19 décembre 2023.
En ce qui concerne la décision refusant d'admettre au séjour M. E :
4. En premier lieu, cette décision fait mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. E.
6. En troisième lieu, Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Et selon le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. M. E est entré en France le 28 août 2019 pour y demander l'asile, dont il a été débouté, et s'est maintenu, depuis lors, en situation irrégulière sur le territoire français. Si ses trois filles, nées en 2013, 2018 et 2021 sont scolarisées en France et qu'il exerce une activité professionnelle en qualité de technicien fibre, ces seules circonstances ne sont pas de nature à faire regarder le refus de séjour opposé à sa demande comme contraires aux stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. En effet, tout d'abord, il résulte de l'instruction que la mère des enfants de l'intéressé, Mme B, dont il dit être séparé, est également de nationalité algérienne en situation irrégulière sur le territoire français et visée par une mesure d'éloignement. Ensuite, le requérant ne fait état d'aucune circonstance de nature à faire obstacle à ce que l'ensemble des membres de la famille retourne en Algérie, pays dont ils ont tous la nationalité et à destination duquel Mme B pourrait être éloignée.
8. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être exposés, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Loire n'a pas fait usage de son pouvoir de régularisation.
9. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée refusant d'admettre au séjour M. E serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, M. E n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de séjour pris à son encontre, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la mesure d'éloignement.
11. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 précédent du présent jugement.
En ce qui concerne les décisions octroyant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destination :
12. M. E n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français pris à son encontre, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de décisions lui octroyant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant son pays de destination.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions contestées prises à son encontre par le préfet de la Loire le 9 janvier 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de la requête présentées à fin d'injonction, sous astreinte, ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, la somme réclamée sur leur fondement par M. E.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La magistrate désignée,
A. A La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026