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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2401529

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2401529

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2401529
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantBECHAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, M. B A, représenté par Me Béchaux, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui remettre un titre de voyage pour réfugiés dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa demande de délivrance d'un titre de voyage ayant été implicitement acceptée, un tel titre doit lui être remis ;

- il existe une situation d'urgence dès lors qu'il souhaite rendre visite à son père qui vit à Kigali et qui est hospitalisé et qu'il envisage d'exercer son activité de médecin outre-mer ;

- cette situation porte atteinte de manière grave et immédiate à sa liberté d'aller et venir et au droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- la mesure demandée est utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. M. B A, ressortissant du Burundi bénéficiant du statut de réfugié, demande qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui remettre le titre de voyage mentionné à l'article L. 561-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au soutien de sa demande, le requérant se borne à faire état de la perspective d'exercer son activité de médecin dans une structure de santé outre-mer, dans l'hypothèse où une autorisation d'exercice lui serait délivrée, et de sa volonté de rendre visite à son père, hospitalisé au Rwanda. Toutefois le requérant qui ne produit aucun élément à l'appui de ses déclarations ne justifie pas de l'existence d'une situation particulière permettant en l'espèce de considérer comme remplie la condition d'urgence à laquelle l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonne la saisine du juge des référés.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 2 septembre 2024.

La juge des référés,

Caroline Rizzato

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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