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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2401639

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2401639

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2401639
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantHMAIDA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 22 février 2024, M. B A représenté par Me Hmaida, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 16 février 2024 par laquelle la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trente mois et l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'État.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision l'assignant à résidence :

- la décision est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertolo,

- les observations de Me Hmaida, représentant M. A, qui insiste sur la durée de présence de l'intéressé en France, sur la circonstance de son arrivée alors qu'il était mineur et sur ses efforts d'insertion en France. Elle indique également qu'aucune pièce du dossier n'établit que M. A serait impliqué dans une procédure judiciaire. Elle soutient que le refus de délai de départ volontaire n'est pas justifié, dès lors que M. A a sollicité un titre de séjour à sa majorité, et que son identité n'a jamais été remise en cause. Pour les mêmes motifs, la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée. Enfin, elle souligne que la décision fixant le Mali comme pays de destination méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de la violence généralisée dans le pays, qui s'est accentuée ces derniers mois.

- les observations de M. A, qui confirme disposer de sa famille dans son pays d'origine et être originaire de la région de Kayes.

La préfète de l'Ain n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien né le 18 avril 1998, demande au tribunal de prononcer l'annulation des décisions du 16 février 2024 par laquelle la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit d'office, lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trente mois et l'a assigné à résidence dans ce département pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement en France au cours de l'année 2014 à l'âge de 16 ans et qu'il a été pris en charge par les services de l'État en qualité de mineur isolé. Il se prévaut de ce qu'il a pu, dans ce cadre, s'investir dans l'apprentissage de la langue française et effectuer des stages en entreprise, et qu'il a également réalisé du bénévolat dans des associations. Toutefois, M. A ne justifie pas avoir suivi une formation lui permettant d'obtenir une qualification professionnelle, et ne justifie ni même n'allègue disposer d'une quelconque insertion professionnelle ou de ressources. Célibataire et sans charge de famille, il ne justifie pas de liens personnels stables et intenses en France, et ne justifie pas qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où résident ses parents selon ses déclarations. Par ailleurs, il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français malgré les obligations de quitter le territoire français prises à son encontre le 9 septembre 2016, le 23 janvier 2019 et le 26 octobre 2020. Dans ces conditions, et quand bien même la préfète de l'Ain ne justifie pas de l'implication de M. A dans des procédures judiciaires, eu égard aux conditions de séjour du requérant en France, la préfète de l'Ain, en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas, au regard des buts poursuivis par cette décision, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Pour les mêmes motifs et en l'absence d'argumentation distincte, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle doit être écarté.

En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

5. Le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

6. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

7. M. A soutient que les motifs retenus par l'autorité administrative ne suffisent pas à caractériser un risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Toutefois, comme il a été dit précédemment, le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire malgré le rejet de sa demande de titre de séjour et d'asile, et s'est soustrait à l'exécution des obligations de quitter le territoire français prises à son encontre le 9 septembre 2016, le 23 janvier 2019 et le 26 octobre 2020. Il n'a en outre pas justifié d'une résidence effective et permanente affecté à son habitation principale, indiquant dormir chez une connaissance. Par suite, pour ces seuls motifs, la préfète de l'Ain était fondée à considérer que l'intéressé présentait un risque de soustraction à la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet, et en conséquence à lui refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de " l'erreur manifeste d'appréciation " doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

8. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".

9. Lorsque le degré de violence aveugle caractérisant un conflit armé atteint un niveau si élevé qu'il existe des motifs sérieux de croire qu'un civil renvoyé dans le pays ou la région concernés courrait, du seul fait de sa présence sur le territoire, un risque réel de subir une menace grave et individuelle, l'existence d'une telle menace contre la vie ou la personne de l'intéressé n'est pas subordonnée à la condition qu'il rapporte la preuve qu'il est visé spécifiquement en raison d'éléments propres à sa situation personnelle.

10. M. A déclare, de façon constante, être né dans la région de Kayes, située au Nord-ouest du Mali, et a indiqué à l'audience que sa famille y résidait. Aucun élément ne permet, en l'état de l'instruction, d'infirmer sa provenance de cette région, ni de considérer qu'il ne la rejoindra pas en cas en cas d'éloignement d'office à destination du Mali.

11. Or, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport en date du 21 décembre 2023 du commissariat général aux réfugiés et aux apatrides de Belgique cité par le requérant, que " entre janvier 2017 et octobre 2023, les régions les plus affectées par la violence djihadiste au Mali sont principalement situées dans le Centre et le Nord, notamment Mopti, Gao, Menaka, Ségou, Tombouctou et Koulikoro, suivies par Kidal, Sikasso et Kayes. La sécurité au Mali dans son ensemble a continué à se dégrader en 2023. Il s'agit notamment d'une détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Mali, qui continue de s'étendre aux régions centrales et du sud du pays avec des conséquences désireuses pour les populations civiles. Le pays a dû faire face à une intensification des violences perpétrées par les groupes djihadistes, résultant du vide sécuritaire créé par le retrait de milliers de forces françaises et européennes en 2022, auquel s'ajoute actuellement le retrait de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) ", ce même rapport faisant état dans la région de Koulikouro, Sikasso et Kayes de 111 événements violents ayant entraînés la mort de 197 personnes durant les trois premiers trimestres de l'année 2023. L'existence d'une situation de violence aveugle d'une intensité exceptionnelle au Mali n'étant pas contestée par la préfète de l'Ain, M. A, en cas de retour au Mali et dans la région de Kayes, courrait, ainsi, du seul fait de sa présence, un risque réel de subir une menace grave et individuelle. Par suite, le requérant est fondé à soutenir qu'en décidant qu'il pourrait être éloigné d'office à destination du Mali, la préfète de l'Ain a méconnu les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à demander, dans cette mesure, l'annulation de cette décision, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen dirigé à son encontre.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

12. Le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français.

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

14. M. A s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre. Il n'est en outre pas établi que des circonstances humanitaires justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour. Il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Ain a fixé la durée de l'interdiction de retour au regard des critères énoncés à l'article L. 612-10 précité. Elle a notamment relevé que l'intéressé, qui séjourne irrégulièrement sur le territoire, n'y dispose d'aucun lien familial stable et qu'il a fait l'objet de deux mesures d'éloignement, enfin qu'il est impliqué dans une procédure judiciaire pour des faits de dégradation de biens. Bien que la préfète de l'Ain ne justifie pas de l'implication de M. A dans une procédure judiciaire, eu égard aux autres motifs retenus, la préfète de l'Ain n'a pas commis " d'erreur manifeste d'appréciation " ni méconnu les dispositions précitées en fixant à trente mois la durée de l'interdiction de retour en France faite à l'intéressé.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

15. Le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision l'assignant à résidence.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision de la préfète de l'Ain du 16 février 2024 en tant qu'elle fixe comme pays de destination le Mali.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

17. Le présent jugement, qui annule la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, n'implique aucune mesure d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement au conseil de M. A d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation par son conseil à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.

D É C I D E :

Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision de la préfète de l'Ain du 16 février 2024 est annulée en tant qu'elle fixe comme pays de destination le Mali.

Article 3 : L'État versera au conseil de M. A la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. A soit définitivement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle et que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.

Copie en sera adressée à Me Hmaida.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

Le magistrat désigné,

C. BertoloLa greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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