mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2401644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SENE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 février 2024, Mme C E A, représentée par Me Sène, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son signataire ;
en ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, notamment médicale ;
en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
en ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle, notamment médicale.
Par une ordonnance du 10 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2024.
Des pièces ont été produites par la préfète du Rhône le 13 juin 2024, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'ont pas été communiquées en application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention signée le 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal, relative à la circulation et au séjour des personnes, publiée par le décret n° 2002-337 du 5 mars 2002 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Maubon a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 27 octobre 1994, entrée sur le territoire français le 30 septembre 2017 pour y poursuivre des études, a bénéficié de titres de séjour portant la mention " étudiant " renouvelé jusqu'au 21 janvier 2023. Elle a déposé une demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi / création d'entreprise ", qui a été rejetée par une décision de la préfète du Rhône du 29 juin 2023, assortie d'une obligation de quitter le territoire français. Elle a déposé une nouvelle demande d'admission au séjour, en qualité d'étudiante, le 19 septembre 2023. Par un arrêté du 18 janvier 2024 dont la requérante demande l'annulation, la préfète du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de six mois.
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 novembre 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône du 1er décembre 2023, la préfète du Rhône a donné délégation de signature à Mme B D, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les actes administratifs établis par sa direction, à l'exception d'actes au sein desquels ne figurent pas les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté contesté doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel la préfète du Rhône a rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme A, d'une part, mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'accord franco-sénégalais dont il est fait application ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part indique les motifs du refus de séjour opposé sur chacun des fondements examinés, permettant à l'intéressée d'en discuter utilement, et enfin fait référence de manière précise et circonstanciée à la situation personnelle de la requérante. Ainsi, cette décision comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
4. En troisième lieu, Mme A soutient que la préfète du Rhône n'a pas tenu compte de la particularité de sa situation, notamment des circonstances qu'elle a été victime d'un accident grave le 28 août 2021, qu'elle n'a pas pu se présenter aux examens de la formation qu'elle suivait en 2021-2022 pour raisons médicales et que son état de santé consécutif à cet accident n'est toujours pas consolidé. Toutefois, si elle produit dans le cadre de la présente instance un rapport d'expertise médicale dressé le 5 octobre 2023 préconisant le rapport d'un sapiteur concernant les troubles psychologiques, un courrier d'un cabinet d'avocat attestant que la présence de Mme A sur le territoire français est nécessaire à la poursuite des expertises médicales en cours et un compte-rendu d'un examen médical réalisé le 27 février 2023, Mme A ne justifie pas avoir transmis ces éléments à la préfète du Rhône dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour. Elle n'est ainsi pas fondée à soutenir que la préfète, qui a examiné les éléments portés à sa connaissance et notamment son parcours d'études supérieures, ne se serait pas livrée à un examen particulier de sa situation personnelle. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.
5. En quatrième lieu, les circonstances dont fait état Mme A, qui n'a pas sollicité de titre de séjour pour raisons de santé, tirées de son état de santé et de la nécessité de son maintien sur le territoire français pour mener à terme les expertises médicales engagées, ne sont pas suffisantes pour constituer des circonstances particulières de nature à entacher la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
6. En cinquième lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
7. En sixième lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de ces décisions et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.
8. En septième lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. / Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (). ".
9. D'une part, il résulte de ce qui a été dit plus haut que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'exception d'illégalité soulevé à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut, dès lors, qu'être écarté.
10. D'autre part, les éléments dont fait état Mme A, tirées de son état de santé et de la nécessité de son maintien sur le territoire français pour mener à terme les expertises médicales engagées, ne sont pas suffisantes pour constituer des circonstances humanitaires susceptibles de faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, soit le quart de la durée maximale pouvant être prononcée dans cette hypothèse, Mme A ne contestant pas n'avoir pas déféré à la mesure d'éloignement édictée à son encontre le 29 juin 2023. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E A, à Me Mamadou Sène et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
G. MaubonLe président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour exécution conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026