mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2401650 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | GALICHET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2024, Mme A D épouse B, représentée par Me Galichet, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 21 septembre 2023 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Loire de lui délivrer un certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" sur le fondement de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ou à titre subsidiaire, une carte de séjour "vie privée et familiale" sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens, ainsi que le versement de la somme de 1 500 euros, à titre principal à son bénéfice au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou, à titre subsidiaire au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
-les décisions sont entachées d'incompétence ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- il a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a méconnu les stipulations de l'article 3, 1), de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de la Loire a produit des pièces enregistrées le 15 mai 2024.
Par une ordonnance 2 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mai 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Segado, président-rapporteur, a donné lecture de son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse B, ressortissante algérienne née le 13 mars 1989 est entrée sur le territoire français le 25 février 2018 sous couvert d'un visa C de court séjour avec son époux et sa fille, C B. Elle a déposé le 14 mars 2023 une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par des décisions du 21 septembre 2023 dont elle demande l'annulation, le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office.
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par M. Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet de la Loire en date du 13 juillet 2023, régulièrement publié le 24 juillet suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte est écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
4. Mme B, âgée de 34 ans à la date de la décision attaquée, est entrée en France le 25 février 2018, avec son mari et son enfant, C B, née en 2015, une seconde enfant est née le 10 décembre 2018 en France. Si la requérante fait valoir qu'elle réside ainsi en France depuis cinq ans avec son mari et ses enfants et qu'elle y a des attaches, toutefois, il ressort des pièces du dossier que son époux fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays où résident notamment ses parents, son frère et sa sœur, et où elle a vécu la majeure partie de sa vie et alors que son mari et ses enfants ont aussi la nationalité algérienne. En outre, si elle se prévaut de ce que ses enfants sont scolarisés en classes de CE2 et grande section et de ce que ses enfants ne maitriseraient pas la langue arabe, il n'est pas établi leur impossibilité de continuer leur parcours scolaire en Algérie, pays dont ils ont la nationalité, comme leurs deux parents. Par ailleurs, les éléments produits, notamment l'activité de bénévolat de la requérante et la détention d'un logement autonome, ne suffisent pas à caractériser une insertion sociale particulière en France. Dans ces circonstances, et en dépit des efforts d'insertion professionnelle de l'intéressée, ayant effectué des gardes d'enfants à domicile, et de son mari, qui travaille dans le secteur du bâtiment à temps plein depuis près plus de trois années, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas d'avantage fondée à soutenir que le préfet de la Loire a méconnu les stipulations de l'article 6 de la convention franco-algérienne.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
6. Mme B fait valoir la scolarisation de ses enfants en France, en classe de CE2 et grande section et que le refus de séjour préjudicierait à l'équilibre de ses enfants dès lors que sa benjamine est née en France et que ses enfants, âgés de 5 ans et 8 ans, ne disposent d'aucun repère dans le pays d'origine de leurs parents. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette scolarité ne pourrait se poursuivre en Algérie, pays dont l'ensemble des membres de la famille a la nationalité, ni que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans ce pays. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant est écarté.
7. En dernier lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit qu'une carte de séjour temporaire peut être délivrée à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. En l'espèce, d'une part, la requérante, ressortissante algérienne, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne lui sont pas applicables. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier et des éléments précédemment exposés notamment en ce qui concerne la vie privée et familiale et l'expérience et la situation professionnelle de l'intéressée, que le préfet de la Loire aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation ainsi qu'au regard de la situation personnelle de l'intéressée.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et celles présentées au titre des dépens et des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse B et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
J. Segado
L'assesseur le plus ancien,
L. DelahayeLa greffière,
G. Montézin
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026