jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2401918 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2024, Mme A C épouse B, représentée par Me Zouine, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 23 août 2023 par lesquelles le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ou, à titre subsidiaire, en cas d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français de lui délivrer, dans le même délai, une autorisation provisoire de séjour jusqu'au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros H. T. à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à charge pour lui de renoncer à la part contributive de l'Etat au paiement de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- le refus de titre de séjour méconnaît l'article 6, 5 de l'accord franco-algérien du 28 décembre 1968 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation
- il méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination sont illégales compte tenu de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juin 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 6 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 juin 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bardad, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B, ressortissante algérienne née le 1er octobre 1992, est entrée régulièrement en France, le 24 juin 2017, sous couvert d'un visa C, accompagnée de son mari et de ses deux enfants. Elle a présenté une demande d'asile, le 1er août 2017, qui a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, le 22 août 2018, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 31 décembre 2018. Par un arrêté du 14 mai 2019, le préfet de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le recours exercé à l'encontre de cet arrêté a été rejeté, le 18 septembre 2019, par un jugement du tribunal administratif de Lyon. Mme B a présenté, le 25 avril 2023, une demande de titre de séjour mention vie privée et familiale sur le fondement de l'article 6, 5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par des décisions du 23 août 2023, le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de six mois. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du 13 juillet 2023, publié au recueil des actes administratifs, accessible au juge et aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions en litige doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. D'une part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". D'autre part, aux termes des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
4. Mme B est entrée en France le 24 juin 2017, avec son mari et ses deux enfants nés en 2010 et 2013. Elle a donné naissance, en France, à deux enfants nés en 2018 et 2021. Elle ne justifie pas d'une intégration particulière sur le territoire national quand bien même elle justifierait d'un projet d'emploi ainsi qu'elle le prétend. En outre, son mari fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. La requérante n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans. Aucune circonstance ne fait obstacle à ce que la cellule familiale, dont tous les membres sont de même nationalité, se reconstitue en Algérie où les enfants pourront, le cas échéant, poursuivre leur scolarité. Contrairement à ce que soutient Mme B, le caractère récent du séjour en France de ses enfants nés en 2017 et 2013 en Algérie n'est pas de nature à empêcher ou compromettre la poursuite de leur scolarité dans leur pays d'origine. De même, la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leurs parents. Enfin, Mme B, qui a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'elle n'a pas exécutée, n'établit pas que son époux, en situation irrégulière sur le territoire français, ne pourrait faire l'objet d'une prise en charge médicale appropriée à son état de santé en Algérie. Par suite, compte tenu des conditions du séjour en France de la requérante et de sa famille, la décision contestée n'a pas porté au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport à ses motifs et n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 6,5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni celles de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de la requérante.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que Mme B n'est pas fondée à se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour à l'encontre la mesure l'éloignement en litige.
6. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 4, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de la requérante.
En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :
7. L'illégalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, la requérante ne peut se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de celles fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination .
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée y compris ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,Le président,
N. BardadJ. Segado
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026