LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402038

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402038

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402038
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantVRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2024, Mme C A, représentée par Me Vray, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 14 février 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé un pays de renvoi ;

2°) subsidiairement, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un récépissé de demande d'asile dans le délai de huit jours suivant la notification du jugement, subsidiairement de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le même délai ;

4°) d'enjoindre à la préfète du Rhône d'effacer son inscription dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme A soutient que :

- les décisions sont insuffisamment motivées ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle ;

- les décisions méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent également l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la demande de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement est justifiée par la circonstance qu'elle a été privée de la possibilité de faire valoir ses observations devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides.

Par des mémoires en défense enregistrés le 29 mars 2024 et le 24 avril 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.

Vu

- la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 5 avril 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à Mme A ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 3 mai 2024, Mme de Lacoste Lareymondie a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Vray, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

- les observations de Mme A, assisté de Mme B, interprète en langue albanaise.

La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. En premier lieu, les décisions contestées comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Rhône s'est fondée pour ordonner l'éloignement de Mme A. Elle sont donc suffisamment motivées.

2. En deuxième lieu, si Mme A soutient que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle, ce qui ne ressort d'aucune des pièces du dossier pas plus que des termes des décisions en litige, elle ne précise pas quel principe ni quelle disposition législative ou règlementaire aurait été méconnu de ce fait. Le moyen doit donc être écarté.

3. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français (). " Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

4. Mme A, de nationalité albanaise, est entrée en France le 5 juillet 2023 accompagnée de son petit-fils, né en 2014, pour y rejoindre son fils, le père de l'enfant, résidant en France. Sa demande d'asile, examinée en procédure accélérée, a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 22 janvier 2024. La préfète du Rhône s'est alors fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 précité pour l'obliger à quitter le territoire français. Pour soutenir qu'elle ne peut être éloignée, Mme A fait valoir qu'elle a été désignée tutrice légale de son petit-fils, et que celui-ci ne peut être séparé davantage de son père qui doit se maintenir en France pour des raisons de santé. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a effectivement été désignée tutrice légale de son petit-fils par un jugement d'un tribunal judiciaire albanais du 7 mars 2022, en raison, d'une part, de la disparition de la mère de l'enfant, et d'autre part, de l'état de santé de son père soigné hors d'Albanie. Il ressort également des pièces du dossier que le père de l'enfant, fils de Mme A, réside en France pour des motifs de santé, sous couvert d'un titre de séjour valable jusqu'au 4 mai 2023 dont il a sollicité le renouvellement toujours en cours d'examen à la date des décisions attaquées. Toutefois, selon un certificat médical de l'institut de cancérologie des Hospices civils de Lyon du 10 avril 2024, le traitement dont bénéficiait le fils de la requérante s'est achevé en juillet 2022, un " bilan radiologique évoquant une rémission complète ". Aucune autre pièce médicale n'est jointe au dossier qui évoque la nécessité pour l'intéressé de se maintenir en France pour bénéficier d'autres soins. Enfin, il ressort des termes du jugement du 7 mars 2022 autant que des propres déclarations de Mme A à l'audience que son petit-fils a vécu chez elle en Albanie pendant de nombreuses années avant son arrivée en France, et y a bénéficié de soins et d'une éducation adaptés à ses besoins en dépit de l'éloignement de ses parents. Dans ces circonstances, en l'état des pièces du dossier, et alors qu'il n'est pas démontré que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Albanie, les décisions en litige ne portent pas une atteinte à l'intérêt supérieur du petit-fils de Mme A.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si Mme A soutient qu'elle craint pour sa sécurité en cas de retour en Albanie, elle ne donne aucune explication sur la nature de ses craintes et n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de ses allégations, alors qu'en outre, elle a déclaré, au soutien de sa demande d'asile, venir en France pour y rejoindre son fils et soigner des problèmes de genou. Par suite, elle ne peut sérieusement soutenir que les décisions en litige seraient contraires aux stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent donc être également rejetées.

Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement :

8. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. () ". Selon l'article L. 752-5 du même code : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. "

9. Dans le cadre du présent recours, Mme A, qui se borne à évoquer à son recours devant la Cour nationale du droit d'asile sans joindre aucune copie dudit recours ni aucune pièce, ne développe aucune démonstration en vue de faire naître un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de l'Office ayant rejeté sa demande d'asile. Dans ces circonstances, sa demande de suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement ne peut qu'être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.

La magistrate désignée,

E. de Lacoste Lareymondie

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions