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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402092

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402092

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIN VERNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 février et 9 avril 2024, M. A B né E, représenté par Me Vernet, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 24 novembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de douze mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour est entaché d'un vice de procédure en l'absence de production de l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Arménie ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de ces dispositions ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour et de la mesure d'éloignement ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois n'est pas suffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale.

Par une ordonnance du 21 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 juin 2024.

Un mémoire a été enregistré le 3 juillet 2024, pour la préfète du Rhône après la clôture de l'instruction.

Par une décision du 25 janvier 2024, M. B né E a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bardad, première conseillère,

- les observations de Me Lulé, pour M. B né E, substituant Me Robin.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B né E, ressortissant arménien né le 29 novembre 1969, est entré irrégulièrement en France, le 10 décembre 2013, selon ses déclarations. M. E a conservé le nom de B à la suite de son divorce avec Mme D B, le 5 avril 2014. M. E a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 26 août 2014. Le recours exercé à l'encontre de cette décision a été rejeté, par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 15 janvier 2015 et par un arrêt de la cour administrative de Lyon, le 17 septembre 2015. L'intéressé a sollicité, le 2 décembre 2014, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité d'étranger malade sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 30 novembre 2015. Le recours exercé contre cette décision a également été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Lyon, le 29 juin 2016. M. E a, de nouveau, sollicité un titre de séjour sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le 20 juillet 2017. Par une décision du 24 novembre 2023, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de douze mois. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Les orientations générales mentionnées à la quatrième phrase du 11° de l'article L. 313-11 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ".

3. D'une part, la préfète du Rhône a produit à l'instance l'avis du 12 juin 2023 rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration préalablement à l'édiction de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

4. D'autre part, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

5. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. E en qualité d'étranger malade, la préfète du Rhône s'est appropriée l'avis rendu le 12 juin 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, aux termes duquel si l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'au vu des éléments de son dossier et à la date de l'avis, il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. E présente un syndrome anxio-dépressif qui résulterait d'un stress post-traumatique lié à son passé de soldat traité par Quetiapine et Loxapine, une dépendance sévère aux opiacés soignée par méthadone, des algies vasculaires de la face faisant l'objet d'injections Imiject et une opacité pulmonaire en cours d'exploration. Si le requérant soutient notamment que les médicaments Quetiapine, Loxapine et Tranxene ne sont pas disponibles en Arménie, il n'établit pas, par les certificats médicaux et les pièces qu'il produit, qu'il ne pourrait pas bénéficier dans son pays d'origine de traitements aux effets thérapeutiques équivalents ou substituables à ceux qui lui sont administrés. De même, le certificat médical du docteur C, médecin généraliste, du 13 mars 2024, selon lequel les 6 injections par mois d'Imiject pour les algies vasculaires avec l'oxygène médical sont introuvables en Arménie selon la posologie indiquée, ne permet pas de remettre en cause l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 12 juin 2023. Dans ces conditions, les éléments produits par M. E y compris la lettre du ministère de la santé publique de la République d'Arménie du 20 novembre 2023 ne permettent pas d'établir qu'il ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié en Arménie ainsi qu'il le prétend. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En second lieu, aux termes de l''article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()".

8. M. E soutient qu'il vit en France depuis 2013. Toutefois, il ressort des pièces du dossier produites avant la clôture de l'instruction, qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées. Par ailleurs, le requérant, célibataire et sans charge de famille, ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle en France. Il est, en outre, hébergé dans un centre d'hébergement d'urgence. Par ailleurs, il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses deux sœurs. Enfin, le requérant ne démontre pas, tel que cela a été précédemment exposé, qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Arménie. Dans ces conditions, compte tenu des conditions de son séjour en France, M. E n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise. Par suite, l'autorité administrative n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le refus contesté n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, la décision refusant de délivrer un titre de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de ce refus de titre.

10. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / ; 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

11. Tel que cela a été dit au point 6 du présent jugement, M. E n'apporte pas d'élément de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration du 12 juin 2023 selon lequel si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code précité doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. En premier lieu, les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachées d'illégalité, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel il sera renvoyé est illégale du fait de l'illégalité de ces décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Si M. E invoque son état de santé pour prétendre qu'il serait soumis, en cas de retour en Arménie, à un traitement inhumain ou dégradant, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que les soins nécessités par l'état de santé du requérant sont disponibles dans son pays d'origine. Par ailleurs, s'il soutient également qu'il serait exposé à un risque d'internement forcé en cas de retour dans son pays d'origine, il ne démontre pas, par le document à caractère général qu'il produit, qu'il serait personnellement et actuellement exposé à un tel risque en cas de retour en Arménie. Par suite, le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.

15. En dernier lieu, eu égard aux circonstances exposées aux points 6 et 8, la décision fixant le pays de destination n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

17. Si, comme le retient la décision litigieuse, l'intéressé avait déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement les 26 août 2014 et 30 novembre 2015, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. E a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, le 20 juillet 2017 et résidait depuis en France sous couvert de récépissés régulièrement renouvelés par la préfecture, jusqu'à la décision attaquée édictée plus de six années après. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens qu'il invoque, M. E est fondé à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an est entachée d'erreur d'appréciation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

18. Le présent jugement n'implique pas, comme le demande le requérant, qu'il soit fait injonction à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard, ou de réexaminer de sa situation. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. E doivent être rejetées.

Sur les frais liés du litige :

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme

à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 24 novembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an à l'encontre de M. E est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B né E et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Segado, président,

M. Delahaye, premier conseiller,

Mme Bardad, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

La rapporteure,Le président,

N. BardadJ. Segado

La greffière,

F. Abdillah

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Une greffière,

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