mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 février et les 15 avril, 28 avril, 15 juillet et 7 octobre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. E A, représenté par Me Petit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions du 11 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, décision qui s'est substituée à la décision implicite initialement née, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée ou familiale " ou " salarié ", ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de 8 jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit une pièce enregistrée le 8 octobre 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vaccaro-Planchet,
- et les observations de Me Petit, représentant M. A.
Une note en délibéré a été produite le 11 octobre 2024 pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 31 décembre 1999, entré en France le 28 décembre 2016, demande l'annulation des décisions du 11 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, décision qui s'est substituée à la décision implicite initialement née, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A résidait sur le territoire national, où il est arrivé à l'âge de 17 ans le 28 décembre 2016, depuis plus de 7 ans à la date de la décision attaquée par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance en tant que mineur isolé puis a bénéficié de deux contrats " jeune majeur " dans le département du Var, jusqu'au 1er avril 2019 et a obtenu le certificat d'aptitude professionnelle (CAP) d'opérateur logistique au mois de juin 2021, puis le baccalauréat professionnel en juin 2023. Il est par ailleurs le co-auteur d'un ouvrage retraçant son parcours migratoire qui a pour origine des ateliers menés par M. B C au cours desquels des lycéens et apprentis en centre de formation d'apprentis (CFA) ont pu se livrer sur leurs différents parcours personnels et familiaux et participe régulièrement depuis la parution de cet ouvrage, qui a bénéficié d'une large couverture médiatique, à des conférences en librairies et à des salons littéraires. Il s'est également rendu à plusieurs reprises à la rencontre de collégiens et lycéens, en partenariat avec les établissements scolaires. En outre, à la date de la décision attaquée il suivait une formation de " concepteur développeur web " et exerçait les fonctions de manutentionnaire en vertu d'un contrat à durée déterminée. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce, compte tenu de la durée et des conditions de sa présence en France, de ce que les vertus pédagogiques de l'ouvrage à la rédaction duquel il a participé comme son parcours scolaire et professionnel attestent de sa volonté d'intégration, alors même qu'il s'est maintenu sur le territoire national en dépit du refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français édicté à son encontre le 7 mai 2018 par le préfet du Var, M. A est fondé à soutenir que la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, celle des décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
5. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'un titre de séjour temporaire d'une durée d'un an soit délivré à M. A. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à cette délivrance dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification du présent jugement . Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2024, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Petit, avocat du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Petit d'une somme de 1 200 euros au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de la préfète du Rhône du 11 avril 2024 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à M. A un titre de séjour temporaire dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Petit, avocat de M. A, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
C. Leravat
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Mme D
La greffière,
E. Gros
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026