lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402182 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CAUTENET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement les 5 et 25 mars 2024, M. A B, représenté par Me Cautenet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Rhône et au ministre de l'intérieur (Bureau National des Droits à Conduire) de déclarer nul et non avenu l'arrêté n°0641-2022 du 21 juin 2022, conformément à l'article 3 de ce même arrêté, et ainsi de le rétablir dans ses droits à conduire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est utile ;
- la condition d'urgence est remplie ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à aucune décision.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mars 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la mesure n'est pas utile.
Par un mémoire enregistré le 5 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir que la défense de l'Etat dans cette affaire incombe au préfet et observe par ailleurs que le relevé d'information intégral de l'intéressé indique que ce dernier dispose d'un permis de conduire valide et que la mesure de suspension a pris fin et qu'il pourra solliciter la délivrance d'un titre de conduite après suspension, après s'être soumis à une visite médicale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Segado, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Aux termes de l'article L. 224-9 du code de la route : " Quelle que soit sa durée, la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département en application des articles L. 224-2 et L. 224-7 cesse d'avoir effet lorsque est exécutoire une décision judiciaire prononçant une mesure restrictive du droit de conduire prévue au présent titre. / Les mesures administratives prévues aux articles L. 224-1 à L. 224-3 et L. 224-7 sont considérées comme non avenues en cas d'ordonnance de non-lieu ou de jugement de relaxe ou si la juridiction ne prononce pas effectivement de mesure restrictive du droit de conduire. / Les modalités d'application des deux alinéas précédents sont fixées par décret en Conseil d'Etat. La durée des mesures administratives s'impute, le cas échéant, sur celle des mesures du même ordre prononcées par le tribunal ". Aux termes de l'article L. 234-1 dudit code : " I.-Même en l'absence de tout signe d'ivresse manifeste, le fait de conduire un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique caractérisé par une concentration d'alcool dans le sang égale ou supérieure à 0,80 gramme par litre ou par une concentration d'alcool dans l'air expiré égale ou supérieure à 0,40 milligramme par litre est puni de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. / () IV.-Ces délits donnent lieu de plein droit à la réduction de la moitié du nombre maximal de points du permis de conduire ".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 225-1 de de code : " I.-Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement : () 6° De toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire ou interdiction de se présenter à l'examen du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ; () ". Aux termes de l'article L. 223-1 de ce même code : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive (). ".
5. Enfin, aux termes de l'article R. 221-14 du code de la route : " I.-Postérieurement à la délivrance du permis, le préfet peut enjoindre à un conducteur de se soumettre à un contrôle médical de l'aptitude à la conduite : () 3° Avant la restitution de son permis, à tout conducteur ou accompagnateur d'un élève conducteur à l'encontre duquel il a prononcé une mesure restrictive ou suspensive du droit de conduire pour l'une des infractions prévues par les articles L. 234-1, L. 234-8, L. 235-1 et L. 235-3, afin de déterminer si l'intéressé dispose de l'aptitude médicale à la conduite du véhicule. Cette mesure est prononcée, selon le cas, par le préfet du département de résidence du conducteur ou de l'accompagnateur de l'élève conducteur ".
6. Il résulte de l'instruction que M. B a été impliqué, le 18 juin 2022, dans un accident de la circulation à la suite duquel il a fait l'objet d'un contrôle d'alcoolémie qui s'est révélé positif en révélant un taux d'alcool dans le sang de 2,35 g/l. Le permis de conduire de M. B a été retenu par les forces de l'ordre et le préfet du Rhône a, par un arrêté en date du 21 juin 2022, prononcé la suspension administrative du permis de conduire de M. B pour une durée de six mois à compter de la date de retrait du titre. Il a également notamment précisé dans cette décision qu'elle sera considérée comme non avenue en cas d'ordonnance de non-lieu ou de jugement de relaxe ou lorsque sera exécutoire une décision judiciaire ne prononçant pas effectivement pour la même infraction de mesure restrictive du droit de conduire. M. B a ensuite fait l'objet d'une ordonnance de composition pénale du tribunal judiciaire de Lyon du 1er août 2022 le condamnant à une amende de 400 euros pour conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique avec une concentration d'alcool par litre d'au moins 0,80 g/l dans le sang le 18 juin 2022, infraction prévue à l'article L. 234-1 du code de la route, M. B ayant reconnu les faits reprochés, cette même ordonnance ayant par ailleurs indiqué qu'il devait remettre son permis de conduire au greffe du tribunal.
7. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Rhône et au ministre de l'intérieur (Bureau National des Droits à Conduire) de déclarer nul et non avenu l'arrêté n°0641-2022 du 21 juin 2022, conformément à l'article 3 de ce même arrêté, et ainsi de le rétablir dans ses droits à conduire. Il entend aussi solliciter la restitution de son permis de conduire. Il fait particulièrement valoir que, compte tenu de cette décision judiciaire de composition pénale, la mesure de suspension administrative prononcée par le préfet du Rhône doit être considérée comme non-avenue, en application de l'article L. 224-9 du code de la route et comme l'indique ce même arrêté de suspension.
8. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, particulièrement des écritures du préfet du Rhône et du relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant, que son permis de conduire est considéré à la date de la présente ordonnance comme valide avec un nombre de 6 points sur un capital de douze points, compte tenu du retrait de six points résultant de l'infraction ainsi commise le 18 juin. Par suite, le rétablissement d'un permis valide avec les points auxquels le requérant a droit ne présente pas d'utilité.
9. Ensuite, il est établi, particulièrement par l'ordonnance judiciaire de composition pénale, ce qu'il a d'ailleurs reconnu au cours de cette procédure de composition pénale, qu'il a en l'espèce commis le 18 juin 2022 une infraction prévue à l'article L. 234-1 du code de la route, infraction qui est notamment visée à l'article R. 221-14 du code de la route et pour laquelle il avait fait initialement l'objet d'une mesure administrative de suspension de permis de conduire. Or, il résulte de l'instruction et notamment des écritures en défense de la préfète du Rhône que cette dernière a décidé de ne restituer à M. B son permis de conduire que sous réserve de la présentation d'un avis d'aptitude médical, en relevant particulièrement que l'ordonnance de composition pénale prévoyait la remise du permis de conduire sans en préciser la durée et que la mesure de suspension administrative était en l'espèce exécutoire jusqu'à son terme le 21 décembre 2022. Ainsi, et en l'absence de péril grave avéré, les conclusions de la requête de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint à l'autorité administrative de lui restituer son permis de conduire en constatant que l'arrêté de suspension administrative de son permis de conduire est " non avenue ", se heurtent en l'espèce à l'existence préalable d'une décision de l'administration de ne faire droit à cette demande de restitution que sous réserve de la présentation d'un avis d'aptitude médicale, décision refusant ainsi à l'intéressé la restitution de ce titre en l'absence de présentation d'un tel avis.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la préfète du Rhône et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Lyon, le 15 avril 2024.
Le juge des référés,
Juan Segado
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026