mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402245 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mars 2024, M. C B, représenté par Me Delbes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2024 par lequel la préfète de l'Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de destination, prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de 45 jours renouvelable deux fois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 T.T.C. à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, en lieu et place de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que
- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- une régularisation devait être envisagée, à titre exceptionnel, au regard du parcours de la famille et la durée de sa présence en France ;
- le refus de délai de départ volontaire n'est pas fondé en l'absence de risque de soustraction ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'assignation à résidence est insuffisamment motivée ;
- elle est disproportionnée ;
- elle n'est ni justifiée ni légalement fondée ;
- il n'existe aucune perspective raisonnable d'exécution de la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré, le 29 mars 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;
- les observations de Me Delbes, avocat de M. B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et précise notamment que l'épouse de M. B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, que la famille n'occupe pas indûment un centre d'hébergement d'urgence, qu'elle s'est heurtée à des difficultés majeures, que l'état de santé de l'épouse de M. B et de leur fils justifient leur maintien sur le territoire français, que compte tenu de son état de santé, le fils de M. B a besoin de l'aide quotidienne de son père, que la famille fait l'objet d'une vendetta en Albanie, que l'obligation de quitter le territoire est entachée d'un défaut d'examen, que l'interdiction de retour doit être annulée dès lors que la situation administrative de son fils sur le territoire français peut être régularisée, que l'épouse du requérant n'a soit pas reçu la décision par laquelle la préfète a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour, soit n'a pas été en mesure de la contester dès lors qu'elle n'était pas accompagnée, que l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut d'examen ;
- les observations de M. B qui précise que la situation de la famille est particulièrement difficile dès lors que son épouse et son fils sont malades, que son épouse a bénéficié de soins médicaux en France, que son fils, atteint de schizophrénie est entièrement dépendant et présente un danger pour lui-même ;
- en présence de Mme F, interprète en langue albanaise.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant albanais né le 26 septembre 1971, serait entré en France, en mai 2019, selon ses déclarations. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée, le 12 août 2019 par l'Office français des réfugiés et des apatrides (OFPRA), puis le 28 novembre 2019, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 28 octobre 2019, le préfet de l'Ain a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le recours exercé à l'encontre de cette décision a été rejeté, par un jugement du tribunal administratif de Lyon, le 10 avril 2020. M. B a présenté des demandes de réexamen de sa demande d'asile qui ont été déclarées irrecevables par l'Office français des réfugiés et des apatrides (OFPRA), les 21 janvier 2020, 24 septembre 2020 et 5 octobre 2022. Les recours exercés à l'encontre de ces décisions ont été rejetés, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), les 27 mai 2020, 17 décembre 2020 et 22 février 2023. M. B a été convoqué, le 22 février 2024, par les policiers du commissariat de police d'Oyonnax dans le cadre d'une enquête pour défaut de permis de conduire et d'assurance. Il a été entendu, à cette occasion, sur les conditions de son séjour en France. Par un arrêté du 27 février 2024, la préfète de l'Ain a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de destination, prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a assigné à résidence dans le département de l'Ain pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable deux fois. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision contestée que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B. La décision attaquée mentionne notamment les éléments liés à la situation personnelle, familiale et administrative du requérant. La circonstance que la demande de titre de séjour présentée en qualité d'étranger malade par le fils majeur de M. B, M. E B, âgé de vingt-cinq ans, soit en cours d'instruction, n'est pas à elle seule de nature à révéler un défaut d'examen de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; () ".
5. M. B soutient d'une part, qu'il est entré en France avec son épouse et leur fils majeur E et d'autre part, que son épouse fait l'objet d'un suivi médical et que leur fils, en situation de dépendance, a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade en cours d'instruction. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la préfète de l'Ain a refusé, le 16 novembre 2022, d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par l'épouse du requérant, Mme D A, épouse B, le 10 octobre 2022, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'elle avait été déposée au-delà du délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 431-2 et de l'article D. 431-7 du même code. Cette décision n'a pas été contestée par l'intéressée. Si M. B fait notamment valoir que son épouse soit n'a pas reçu cette décision, soit n'a pas été en mesure de la contester faute d'être accompagnée pour le faire, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision en litige. En outre, le fait que le fils de M. B ait présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade, toujours en cours d'instruction, ne fait pas obstacle au prononcé d'une obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, la présence en France de M. B est récente et il ne justifie d'aucune intégration sur le territoire national alors qu'il ne dispose pas de ressources et qu'il est hébergé dans un foyer d'urgence. Les époux ont fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'ils n'ont pas exécutée. Les demandes d'asile successives qu'ils ont présentées ont également été rejetées. Enfin, le requérant ne démontre pas que son épouse et son fils ne pourraient pas bénéficier d'un traitement approprié à leur état de santé en Albanie ni que la famille serait exposée à des mauvais traitements en cas de retour dans ce pays en raison d'une vendetta alors que leurs demandes d'asile ont été rejetées. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté attaqué a été pris. Par suite, l'autorité administrative n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
6. En dernier lieu, la préfète de l'Ain s'est bornée à obliger le requérant à quitter le territoire français sans se prononcer sur son droit au séjour. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir qu'une régularisation devait être envisagée, à titre exceptionnel, au regard du parcours de la famille et la durée de sa présence en France ni, en tout état de cause, qu'il appartenait à la préfète de l'Ain de procéder à l'examen d'une nouvelle demande de titre de séjour en faveur de son épouse.
En ce qui concerne le refus d'octroyer un délai de départ volontaire :
7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est soustrait à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, assortie d'une assignation à résidence, prononcée à son encontre, le 28 octobre 2019 et qu'il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français. Le fait que son adresse soit connue de l'administration voire que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ne permet pas de considérer qu'il n'existerait pas de risque qu'il se soustraie à la nouvelle mesure d'éloignement prise à son encontre. Par suite, c'est à bon droit que la préfète de l'Ain a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. Si M. B soutient que la famille fait l'objet d'une vendetta en Albanie, il ressort notamment des pièces du dossier que la demande d'asile qu'il a présentée a été rejetée ainsi que les demandes de réexamen de sa demande d'asile rejetées pour irrecevabilité et, en dernier lieu, en l'absence d'éléments sérieux. Par suite, à supposer que le requérant ait entendu soulever, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, un moyen tiré des risques encourus en cas de retour en Albanie, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
11. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ce dernier est tenu d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée maximale de cinq ans, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. La durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
12. La décision en litige indique qu'en dépit de l'absence de comportement représentant une menace caractérisée pour l'ordre public, M. B a déjà fait l'objet d'une première mesure d'éloignement, qu'il n'entretient pas de liens stables en France où il séjourne irrégulièrement depuis cinq ans et qu'aucune circonstance humanitaire ne fait obstacle au prononcé d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans. La préfète de l'Ain s'est ainsi livrée à un examen de la situation de M. B au regard des quatre critères énumérés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, l'autorité administrative n'a pas entaché sa décision d'une insuffisance de motivation.
13. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni termes de la décision attaquée que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation de M. B.
14. En dernier lieu, tel que cela a été précédemment exposé M. B est entré en France en 2019, selon ses déclarations, il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement prise à son encontre le 28 octobre 2019 qu'il n'a pas exécutée et ne justifie d'aucune intégration sur le territoire national. En outre, il n'établit pas notamment que sa femme ne pourrait recevoir un traitement approprié à son état de santé en Albanie. La circonstance que l'instruction de la demande de titre de séjour présentée par son fils, en qualité d'étranger malade, serait toujours en cours d'instruction à la date de la décision attaquée n'est pas davantage de nature à remettre en cause la légalité de cette décision. Dans ces conditions, en dépit de l'absence de comportement troublant l'ordre public, la préfète de l'Ain a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
16. La décision en litige vise les textes dont il est fait application notamment l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, qu'il a produit un document d'identité et déclare résider sur la commune de Belley. Elle mentionne également que l'éloignement de l'intéressé demeure une perspective raisonnable. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
17. En deuxième lieu, M. B fait l'objet d'une part, d'une obligation de quitter le territoire sans délai qui n'est pas entachée d'irrégularité et d'autre part, d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. L'éloignement de l'intéressé demeure une perspective raisonnable quand bien même il entendrait solliciter le réexamen de sa demande d'asile ou que la demande de titre de séjour présentée par son fils majeur serait en cours d'instruction. Dans ces conditions, la préfète de l'Ain a pu légalement prononcer une mesure d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
18. En dernier lieu, l'assignation à résidence impose à M. B de se présenter quatre fois par semaine, les lundi, mercredi, vendredi et dimanche à 9 heures, à la gendarmerie de Belley (Ain). Par suite, la décision contestée ne peut ni dans son principe ni dans ses modalités être regardée comme disproportionnée par rapport au but poursuivi ni injustifiée pour vérifier que le respect de l'assignation à résidence. Pour le même motif, elle n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation.
19. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Ain du 27 février 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, désignation du pays de renvoi, interdiction de retour d'une durée de deux ans et assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable deux fois. Par suite, ses conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La magistrate désignée,
N. BARDAD
La greffière,
A. SENOUSSI
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026