lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire enregistrée le 6 mars 2024 et des mémoires complémentaires enregistrés le 18 mai 2024 et le 5 juin 2024, M. A B, représenté par Me Deme, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 5 mars 2024 par laquelle le préfet de police de Paris lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision n'a pas été précédé d'un examen complet de sa situation personnelle ;
- la menace à l'ordre public invoquée par le préfet n'est pas caractérisée ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est illégale en ce qu'elle est prise pour l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français édictée le 1er juin 2023 qui est elle-même illégale car contraire aux dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 6§4 de l'accord franco-algérien.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.
Vu :
- la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 mars 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à M. B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 5 juin 2024, Mme de Lacoste Lareymondie a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Deme, représentant M. B ;
- et les observations de M. B, assisté de M. C, interprète en langue arabe.
Le préfet de police de Paris n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français (). "
2. Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). "
4. M. B, de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai édictée à son encontre le 1er juin 2023 par la préfète du Rhône. Par la décision en litige, le préfet de police de Paris, se fondant sur les dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B est marié depuis le 23 juillet 2022 avec une ressortissante française, avec laquelle la communauté de vie n'a jamais cessé, un enfant étant né de cette union le 7 mai 2023. M. B justifie, en outre, participer activement à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Par ailleurs, si la décision fait état de ce que le comportement de M. B constituerait une menace pour l'ordre public au motif que l'intéressé aurait été interpellé à Paris le 3 mars 2024 pour des faits de recel de vol, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'intéressé aurait été poursuivi et condamné par l'autorité judiciaire pour ces faits dont la matérialité ne ressort d'ailleurs pas suffisamment des pièces du dossier. En tout état de cause, cette unique infraction, à la supposer établie, est insuffisante à caractériser une menace suffisamment grave à l'ordre public justifiant d'interdire à M. B de rejoindre son épouse et son très jeune enfant pendant deux ans. Dans ces circonstances, la décision en litige porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B qui est donc fondé à en demander l'annulation pour ce motif, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. Il est constant que M. B n'a pas contesté l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre le 1er juin 2023 par la préfète du Rhône. Cette décision, qui lui a été notifiée le même jour, est donc devenue définitive et n'a pas cessé de produire ses effets à la date du présent jugement. L'annulation décidée par ce même jugement, qui porte exclusivement sur l'interdiction de retour édictée par le préfet de police de Paris, n'implique aucunement qu'il soit ordonné à l'autorité administrative de délivrer à M. B, qui demeure tenu de quitter le territoire français, une autorisation provisoire de séjour. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris en date du 5 mars 2024 interdisant à M. B de retourner sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La magistrate désignée,
E. de Lacoste Lareymondie
La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026