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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402272

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402272

mardi 19 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402272
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantBOYER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mars 2024, M. B A, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 7 mars 2024 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé sa remise aux autorités espagnoles, ainsi que la décision du même jour l'assignant à résidence.

Il soutient qu'il souhaite rester en France, pays dont il connaît la langue.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu la décisions attaquée ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. Delahaye pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Delahaye, magistrat désigné ;

- les observations de Me Boyer, représentant M. A qui soutient que la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès lors que les informations visées au paragraphe 1 de cet article ne lui ont pas été communiquées dans une langue qu'il comprend ;

- les déclarations de M. A, assisté de M. C, interprète en langue wolof.

La préfète du Rhône n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience conformément aux dispositions de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant mauritanien né le 31 décembre 1994, demande l'annulation de la décision du 7 mars 2024 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé sa remise aux autorités espagnoles, ainsi que la décision du même jour l'assignant à résidence.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la remise aux autorités espagnoles :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " Droit à l'information /1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3 / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5.FR 29.6.2013 Journal officiel de l'Union européenne L. 180/37/3. La commission rédige, au moyen d'actes d'exécution, une brochure commune ainsi qu'une brochure spécifique pour les mineurs non accompagnés, contenant au minimum les informations visées au paragraphe 1 du présent article (.) ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre le 5 janvier 2024 le guide du demandeur d'asile ainsi que l'ensemble des informations prescrites par les dispositions précitées, à savoir les brochures A " j'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et B " je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en langue française. Si l'intéressé fait valoir à l'audience qu'il comprend uniquement la langue wolof, il ressort des pièces du dossier que M. A a indiqué, lors du dépôt de sa demande d'asile, comprendre le français et qu'il a d'ailleurs aussi expressément précisé, dans sa requête manuscrite, connaître la langue française. Ces informations ont en outre été portées à sa connaissance au cours de l'entretien individuel par l'intermédiaire d'un interprète en langue wolof, comme en atteste le résumé de l'entretien individuel, signé par l'intéressé, certifiant que l'information sur les règlements communautaires lui a été remise. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaît les dispositions précitées de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

5. En second lieu, la circonstance relevée par l'intéressé dans sa requête selon laquelle il connaît la langue française, et non la langue espagnole, est sans incidence sur la légalité de la décision en litige.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

6. M. A ne soulève aucun moyen spécifique à l'encontre de la décision prononçant son assignation à résidence.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024

Le magistrat désigné,

L. DelahayeLa greffière,

E. Gros

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°240227

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