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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402322

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402322

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402322
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. A... qui demandait l'annulation du refus de délivrance d'une attestation de capacité professionnelle pour le transport léger de personnes. La juridiction estime que le requérant, exploitant une micro-entreprise de VTC, ne justifie pas avoir géré de manière continue et principale une entreprise de **transport public routier de personnes** pendant deux ans, condition exigée par l'article R. 3113-40 du code des transports et l'arrêté du 28 décembre 2011. Le tribunal considère ainsi que l'administration a légalement refusé la délivrance de l'attestation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mars 2024, M. B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 21 février 2024 par laquelle la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de lui délivrer une attestation de capacité professionnelle en transport routier de personnes avec des véhicules n'excédant pas neuf places.

Il soutient que :
- il travaille avec des sociétés qui effectuent des transferts identiques aux siens avec une capacité professionnelle de transport ;
- il exerce la profession de conducteur de transport en commun et travaille pour une société de transport en commun en inter-saison ;
- il est formé au transport collectif de personnes.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
- à titre principal, la requête ne comporte pas de moyens d’annulation ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des transports ;
- le décret n° 85-891 du 16 août 1985 ;
- l’arrêté du 28 décembre 2011 relatif à la délivrance des attestations de capacité professionnelle permettant l’exercice de la profession de transporteur public routier ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bardad, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

M. A... a sollicité la délivrance d’une attestation de capacité professionnelle en transport routier léger de personnes au titre de son expérience professionnelle. Sa demande a fait l’objet d’une décision de rejet le 21 février 2024. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cette décision.

Aux termes de l’article R. 3113-40 du code des transports : « L'attestation de capacité professionnelle en transport routier de personnes avec des véhicules n'excédant pas neuf places, y compris celle du conducteur, peut également être délivrée par le préfet de région : 1° Aux personnes titulaires d'un diplôme national ou visé par l'Etat ou d'un titre professionnel délivrés en France par les recteurs d'académie ou les organismes habilités, qui impliquent la connaissance de toutes les matières énumérées au référentiel de connaissances, et sous réserve, le cas échéant, du passage de l'examen écrit prévu à l'article R. 3113-39. Un arrêté des ministres chargés respectivement des transports, de l'éducation nationale et du travail fixe la liste de ces diplômes et titres ainsi que de ceux qui nécessitent le passage de l'examen écrit ci-dessus mentionné ; / 2° Aux personnes qui fournissent la preuve qu'elles ont géré de manière continue et principale une entreprise de transport public routier de personnes durant deux années sous réserve qu'elles n'aient pas cessé cette activité depuis plus de dix ans ». Aux termes de l’article 15 de l’arrêté du 28 décembre 2011 relatif à la délivrance des attestations de capacité professionnelle permettant l'exercice de la profession de transporteur public routier : « I. ― En application du dernier alinéa de l'article R. 3113-40 du code des transports, l'attestation de capacité professionnelle en transport routier de personnes avec des véhicules n'excédant pas neuf places, y compris le conducteur, est délivrée par le préfet de la région concernée ou par le préfet de Mayotte, en fonction du justificatif d'adresse prévu à l'article 16 lorsque le demandeur fournit la preuve qu'il a dirigé de manière continue et principale une entreprise de transport public routier de personnes durant deux années sous réserve qu'il n'ait pas cessé cette activité depuis plus de dix ans. (…) ».

Pour refuser droit à la demande de M. A..., la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes a relevé, d’une part, que l’intéressé gérait depuis, le 10 novembre 2020, une micro-entreprise dont l’activité principale est le transports de voyageurs par taxis et, d’autre part, que cette entreprise n’avait jamais fait l’objet d’une inscription au registre électronique national des entreprises de transport public routier de personnes et qu’elle était seulement inscrite au registre des exploitants de voitures de transport avec chauffeur (VTC).

En premier lieu, si M. A... remplit les conditions permettant d’accéder à la profession de VTC, cette profession relève d’une réglementation distincte, à savoir celle du transport public particulier, régi par le titre II du livre Ier de la troisième partie du code des transports, alors que la profession de transport public routier de personnes à l’aide de véhicule de moins de neuf places relève du transport public collectif, régi par le titre Ier du même livre. Or, dans le cadre de la présente instance, le requérant ne justifie pas avoir géré de manière continue et principale une entreprise de transport public routier de personnes durant deux années et ne pas avoir cessé cette activité depuis plus de dix ans au sens et pour l’application des dispositions du 2° de l’article R. 3113-40 du code des transports.

En second lieu, si M. A... se prévaut du suivi de la formation obligatoire continue des conducteurs routiers, la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes fait valoir, sans être contredite, que l’intéressé ne s’est pas formé au transport public routier en qualité de dirigeant d’une entreprise de transport, mais en qualité de conducteur.

Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n’établit pas remplir les conditions requises pour la délivrance d’une attestation de capacité professionnelle en transport routier léger de personnes au titre de son expérience professionnelle. Dans ces conditions, la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’a commis d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation en refusant de délivrer à M. A... l’attestation de capacité professionnelle en transport routier de personnes avec des véhicules n'excédant pas neuf places. Par suite, les conclusions aux fins d’annulation présentées par M. A... doivent être rejetées, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.


DÉCIDE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le jugement sera notifié à M. B... A... et à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Délibéré après l'audience le 10 mars 2026, à laquelle siégeaient :
M. Pin, président,
Mme Bardad, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.

La rapporteure,




N. BardadLe président,




F.-X. PinLa greffière




F Abdillah

La République mande et ordonne au ministre des transports, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Une greffière,

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