vendredi 29 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TEYSSIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 et 26 mars 2024 sous le n° 2402418, M. C A, représenté par Me Teyssier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 18 janvier 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité lui a refusé la délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée ;
2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité privée dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité le versement d'une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision :
* la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
* la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas justifié que la consultation du fichier " Traitement des antécédents judiciaires " (TAJ) a été faite par une personne ayant été spécialement habilitée à cet effet et que l'agent du Conseil national des activités privées de sécurité ne peut consulter les procédures judiciaires ayant fait l'objet d'un classement sans suite ;
* la décision est entachée d'erreur d'appréciation et d'une inexactitude matérielle des faits ; ainsi l'administration fait une confusion entre " être mis en cause pour des faits " et " être condamné pour des faits " ; il n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale ni d'aucune poursuite judiciaire, le Conseil national des activités privées de sécurité faisant fi de la présomption d'innocence ; l'administration se fonde sur une plainte qui a été classée sans suite et qui ne saurait par elle-même révélée des faits contraires à l'honneur et à la probité, sa simple mise en cause ne suffisant pas à établir que son comportement est incompatible avec l'exercice d'une activité de sécurité privée ; il n'a pas eu un comportement fautif, il n'a pas commis d'appels malveillants au cours desquels il aurait menacé ou insulté l'acheteur, il n'a pas commis d'agissements de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, il conteste avoir appelé les grands-parents de la victime et avoir créé un faux profil sur un site transgenre en indiquant les coordonnées de la prétendue victime et ces nouveaux faits désormais reprochés par le Conseil national des activités privées de sécurité ne sont pas établis ; suite à sa demande d'effacement des fichiers TAJ du 11 juillet 2023, le magistrat référent chargé du contrôle du traitement des antécédents judiciaires a ordonné le 25 janvier 2024 l'inscription d'une mention empêchant la consultation de ses données à des fins administratives pour les procédures ayant abouti à un classement sans suite afin de ne pas entraver la possibilité d'obtenir le renouvellement de sa carte professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête n° 2402417, enregistrée le 12 mars 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Abdillah, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Barrier, pour M. A, et de M. A, qui ont repris les faits, moyens et conclusions exposés dans leurs écritures en relevant plus particulièrement, que, s'agissant des griefs reprochés de l'année 2020, il n'a jamais appelé les grands-parents du plaignant, il n'a jamais menacé ni fait du chantage à ce dernier et n'a pas passé le nombre important d'appels prétendu par cette personne, il a été victime d'une escroquerie de la part de cette personne, il n'a jamais créé un profil transgenre sur un site de rencontre entre adultes avec les coordonnées de cette personne dont fait état le rapport d'enquête qui reprend les déclarations de cette personne et alors que M. A déclare avoir fourni aux services de gendarmerie ses adresses mails et son adresse IP établissant qu'il n'était pas à l'origine de cet acte.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Le Conseil national des activités privées de sécurité a présenté une note en délibéré le 27 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 18 janvier 2024 le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé à M. A le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité. M. A, qui a contesté cette décision par une requête distincte, demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En premier lieu, la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, ou le cas échéant des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. En l'espèce, le requérant, qui occupait deux emplois comme agent de sécurité fait valoir que le refus de renouvellement de sa carte professionnelle a entraîné son licenciement de son premier emploi d'agent de sécurité et la suspension de son contrat de travail par son employeur pour son second emploi, ce qui le prive de pouvoir exercer sa profession, qu'il ne perçoit aucun revenu compte tenu de cette situation, que ce refus entraîne ainsi des conséquences importantes et difficiles sur sa situation et celle de sa famille, étant marié et sans enfant, et que ses revenus tirés de cette activité d'agent de sécurité privée constituent les seuls revenus du foyer. Eu égard au fait que ce refus a ainsi pour conséquence de placer le requérant dans l'impossibilité de continuer à exercer sa profession d'agent de sécurité qu'il pratique sous couvert d'une carte professionnelle et d'entraîner son licenciement de son premier emploi et la suspension de son second contrat de travail à durée indéterminée, et compte tenu des conséquences notamment financières de ce refus de renouvellement sur la situation de l'intéressé et de sa famille, les effets de ce refus permettent de retenir que la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
5. En second lieu, en l'état de l'instruction, le moyen soulevé par M. A tiré de ce que la décision litigieuse lui refusant le renouvellement de sa carte professionnelle pour des agissements incompatibles avec ses fonctions d'agent privé de sécurité est entachée d'erreur d'appréciation, en contestant la matérialité des faits reprochés, est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner, à titre provisoire, la suspension des effets de cette décision jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
7. La mesure de suspension prononcée par la présente ordonnance implique seulement, eu égard à ses motifs, que le Conseil national des activités privées de sécurité accorde à M. A, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, une carte professionnelle provisoire l'autorisant à exercer ses fonctions d'agent privé de sécurité, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme au profit de M. A au même titre.
ORDONNE :
Article 1er: L'exécution de la décision du 18 janvier 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé à M. A le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. A, à titre provisoire et jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, une carte professionnelle lui permettant d'exercer ses fonctions d'agent privé de sécurité, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties dans l'instance n° 2402418 est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Lyon le 29 mars 2024.
Le juge des référés,
J. B
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026