lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402459 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SAMBA SAMBELIGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 12 mars et 6 juin 2024, M. B A, représenté par Me Samba Sambeligue, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté en litige ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées et résultent d'un défaut d'examen de sa situation ;
- l'arrêté en litige a été pris en méconnaissance de son droit d'être entendu garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne ;
- le refus de titre de séjour qui lui est opposé est disproportionné dès lors que ses résultats sont réguliers depuis sa réorientation et qu'il dispose de ressources suffisantes pour poursuivre ses études ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est disproportionnée et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale au regard des risques auxquels il est exposé en cas de retour au Congo ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français qui lui est opposée est disproportionnée et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 18 juin 2024 par une ordonnance du 7 juin précédent.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Brazzaville le 31 juillet 1993 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gille,
- et les observations de Me Samba Sabeligue pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant de la République du Congo né en 1994 et entré sur le territoire français au mois de novembre 2022 en vue d'y poursuivre des études supérieures, M. A conteste l'arrêté du 12 février 2024 par lequel la préfète de l'Ain a rejeté sa demande de titre de séjour en qualité d'étudiant, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays vers lequel il pourrait être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise de 1993 visée ci-dessus : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants ".
3. Pour refuser de faire droit à la demande de titre de séjour formée par M. A, la préfète de l'Ain s'est fondée sur l'absence de résultats probants, de progression et d'assiduité de l'intéressé dans son cursus universitaire ainsi que sur l'insuffisance de ses moyens d'existence. Toutefois, s'il est constant que M. A, entré en France à la fin de l'année 2022 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", n'a pas validé l'année d'études en management digital dans laquelle il s'était inscrit pour l'année 2022-2023 et s'est réinscrit dans cette même formation au titre de l'année 2023-2024, sa réorientation rapide dans un autre cursus menant à un diplôme de comptabilité et de gestion est cohérente avec le projet d'études du requérant, qui est titulaire d'une licence d'économie option finance, et les résultats satisfaisants de M. A au premier semestre de l'année 2023-2024 dans ce cursus sont de nature à confirmer le sérieux de sa démarche. Dans ces conditions et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Ain aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur le seul montant des revenus de l'intéressé, M. A est fondé à soutenir que le refus de titre de séjour en litige, que la préfète de l'Ain ne pouvait au demeurant légalement fonder sur les dispositions inapplicables en l'espèce de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entaché d'illégalité et doit être annulé ainsi que, par voie de conséquence, les décisions prises sur le fondement de ce refus relatives à son éloignement.
4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté de la préfète de l'Ain du 12 février 2024 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique que la préfète de l'Ain munisse sans délai M. A d'une autorisation provisoire de séjour et procède au réexamen de sa situation et de sa demande de titre de séjour en vue de statuer à nouveau sur celles-ci. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Ain du 12 février 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Ain de délivrer sans délai à M. A une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation et de sa demande de titre de séjour en vue de statuer sur celles-ci dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le président, rapporteur
A. Gille
L'assesseur le plus ancien,
F.-X. Richard-Rendolet
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026