jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2402565 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 mars et 9 juillet 2024, le syndicat des copropriétaires Carré des roses, représenté par la SELARL BCV avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel le maire de Tassin-la-Demi-Lune a délivré à la société SLC un permis de construire en vue de la réalisation de quatre bâtiments comprenant quarante-neuf logements sur un terrain situé 43, 45 et 45 bis rue du professeur A et la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tassin-la-Demi-Lune la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il dispose d'un intérêt à agir ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que l'attestation fournie ne répond pas aux exigences du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le c. de l'article 1.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) applicable à la zone URm2 dès lors que les bâtiments A et B présentent des façades en limite de référence dont les longueurs sont supérieures à la moitié de celles des façades développées dans la profondeur du terrain ;
- il méconnaît l'article 3.1.1 du règlement du PLU-H applicable à la zone URm2 dès lors que les espaces entre les bâtiments A et B ne font l'objet d'aucun traitement paysager créant une réelle interface de qualité ;
- il méconnaît le c. de l'article 4.2.1 du règlement du PLU-H applicable à la zone URm2 dès lors que la composition des volumes bâtis ne permet pas des transparences visuelles sur les cœurs d'îlots végétalisés et que l'espace de recul ne fait l'objet d'aucun traitement paysager particulier ;
- le calcul du pourcentage de vide réalisé par la société pétitionnaire est erroné dès lors que ce calcul est effectué par rapport à la façade constructible inscrite parallèlement à la façade ouest du bâtiment A, alors que, dans le cas d'une morphologie en peigne, il aurait dû être réparti sur les façades ayant un linéaire supérieur à 18 mètres, en méconnaissance de l'article 4.2.2.2 du règlement du PLU-H applicable à la zone URm2 ;
- l'arrêté attaqué est illégal par exception d'illégalité du PLU-H dès lors que le terrain d'assiette du projet, classé en zone USP, est intégralement grevé de l'emplacement réservé n° 22.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, la commune de Tassin-la-Demi-Lune, représentée par la SELARL cabinet d'avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le syndicat requérant ne dispose pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, la société SLC, représentée par la SELAS cabinet Léga-Cité, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par une lettre du 13 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 7 juin 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 4 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- les observations de Me Combaret, représentant le syndicat des copropriétaires Carré des roses,
- les observations de Me Rubio, représentant la commune de Tassin-la-Demi-Lune,
- et celles de Me Mourey, représentant la société SLC.
Considérant ce qui suit :
1. La société SLC a déposé, le 28 avril 2023, en mairie de Tassin-la-Demi-Lune une demande de permis de construire en vue de la réalisation de quatre bâtiments comprenant quarante-neuf logements sur un terrain situé 43, 45 et 45 bis rue du professeur A. Par arrêté du 15 septembre 2023, le maire a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Le syndicat des copropriétaires Carré des roses a, par courrier du 10 novembre 2023, exercé un recours gracieux contre l'arrêté du 15 septembre 2023. Il demande l'annulation de cet arrêté et de la décision par laquelle le maire de Tassin-la-Demi-Lune a implicitement rejeté ce recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le projet contesté est situé en zone blanche du plan de prévention des risques naturels d'inondation (PPRNi) de l'Yzeron. Si le syndicat requérant indique que l'attestation requise par l'article R. 431-16 précité du code de l'urbanisme a été établie par la société pétitionnaire, et non par un architecte ou un expert, en méconnaissance des dispositions de cet article, il ressort toutefois de la pièce PC 13 du dossier de demande de permis de construire qu'elle a été établie par le cabinet AUM architecte, lequel est identifié dans la rubrique 5 du formulaire Cerfa comme l'architecte en charge du projet. Cette attestation précise par ailleurs que le projet est situé en zone blanche du PPRNi de l'Yzeron, que l'étude a été réalisée et que le projet prend en compte l'article R. 431-16 f) du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1.2.3 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : " Conditions liées à la "morphologie en peigne" / a. Une organisation du bâti sur le terrain marqué par une implantation des constructions selon un axe globalement perpendiculaire à la limite de référence*, pour créer une morphologie dite "en peigne" (cf. chapitre 4 du présent règlement de zone), peut être mise en œuvre dès lors que : / - la façade du terrain* d'assiette du projet a une longueur minimale de 45 mètres sur une seule voie ; / - le choix de cette morphologie repose sur des critères bioclimatiques ou de composition paysagère harmonieuse entre végétal et bâti ; / - cette morphologie favorise une composition urbaine cohérente et harmonieuse à l'échelle de la rue. () / c. Les constructions de premier rang* implantées selon un axe globalement perpendiculaire à la limite de référence* présentent : / - une façade*, dans la profondeur du terrain, d'une longueur maximale de 35 mètres ; / - une façade*, faisant face à la limite de référence*, dont la longueur est limitée à la moitié de celle de la façade développée dans la profondeur du terrain. Cette longueur se mesure par la projection perpendiculaire sur la limite de référence de chaque point de l'emprise au sol de la construction. () ". Selon l'article 4.2.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : " () e. Les constructions en peigne / La morphologie de peigne respecte des proportions harmonieuses entre le rythme du bâti et les percées visuelles continues dans la profondeur du terrain. () ". Et aux termes de l'article 2.1.3 des dispositions communes du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon : " Champ d'application / a. Premier rang / Les constructions de premier rang par rapport à la limite de référence sont celles qui sont implantées : / - soit sur cette limite ; / - soit en recul par rapport à cette limite, à la condition qu'aucune construction principale ne puisse s'interposer entre elles et cette limite. "
5. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les schémas illustratifs de la morphologie en peigne, que les bâtiments implantés selon une morphologie en peigne présentent un axe globalement perpendiculaire à la limite de référence et une longueur au moins égale au double de leur largeur. En l'espèce, il ressort du plan de masse du dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit l'implantation de quatre bâtiments, alignés deux à deux. En particulier, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, les bâtiments A et B, qui présentent des longueurs de dimensions comparables à leurs largeurs, ne sont pas implantés selon la morphologie en peigne précédemment décrite. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1.2.3 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.1.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : " Dispositions relatives à la "morphologie en peigne" / Outre les dispositions générales prévues ci-avant, la mise en œuvre de la morphologie en peigne suppose que la composition du projet s'organise dans un rapport équilibré entre le bâti et le végétal. / La composition paysagère, à dominante végétale, est conçue comme la maille qui structure le projet et donne un sens à sa composition générale. / Les espaces entre les constructions de premier rang : / - créent des percées visuelles continues pénétrant dans la profondeur du terrain ; / - reçoivent un traitement paysager, pouvant allier le végétal au minéral, créant une réelle interface de qualité. "
7. Le syndicat des copropriétaires Carré des roses ne peut utilement se prévaloir de l'absence de traitement paysager créant une réelle interface de qualité à l'égard de l'espace situé entre les bâtiments A et B au sens de l'article 3.1.1 précité, les bâtiments litigieux n'étant pas implantés selon la morphologie en peigne, ainsi qu'il a été dit au point 5 ci-dessus.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4.2.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : " () c. Dans la bande de constructibilité principale* et en premier rang* () / La composition des volumes bâtis favorise le rythme des façades à l'échelle de la rue et permet des transparences visuelles sur les cœurs d'îlots végétalisés, en articulant les pleins et les vides tels que des césures et fractionnement. / Dans le cas d'implantation en recul de l'espace public, un traitement paysager intégrant des usages en cohérence avec la profondeur du recul est privilégié. () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que seul le bâtiment A est implanté en bande de constructibilité principale. Si le syndicat requérant fait valoir que le projet ne permet pas des transparences visuelles sur les cœurs d'îlots végétalisés, il ressort toutefois du plan des aménagements paysagers, du plan des plantations et de la pièce PC 06 que le projet présente des transparences visuelles sur le cœur d'îlot végétalisé comprenant une noue paysagère et des arbres. En outre, le projet prévoit également la plantation de plusieurs arbres et de gazon dans l'espace de recul situé en bande de constructibilité principale et il n'est pas établi, ni même allégué, que ce traitement paysager n'intégrerait pas des usages en cohérence avec la profondeur du recul. Le syndicat des copropriétaires Carré des roses n'est donc pas fondé à soutenir que le projet méconnaît l'article 4.2.1 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4.2.2.1 des dispositions du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 : " Définition / La façade constructible est un plan théorique inscrit parallèlement à la façade la plus longue de la construction. / La façade constructible est obtenue en multipliant : / - la hauteur de façade* maximale autorisée ; / - par le linéaire constructible autorisé. ". En vertu de l'article 4.2.2.2 des dispositions applicables à cette même zone du règlement : " Règles / Dans la bande constructible principale ou en premier rang*, il est exigé au minimum 15 % de vide, calculés par rapport à la façade constructible, qui sont : / - localisés sur la façade le long de la limite de référence* ; / répartis sur les façades ayant un linéaire supérieur à 18 mètres, dans le cas d'une morphologie en peigne. / Cette obligation de vide peut être satisfaite par des césures*, ou par des fractionnements*, ou par une modulation de hauteur à la baisse permettant d'assurer un rythme des façades, des transparences sur le cœur d'ilot, une découpe de ligne de ciel, conformément aux objectifs du 4.2.1.c. / Elle peut également être satisfaite en tout ou partie par l'augmentation des retraits* ; cette disposition n'est pas applicable aux reculs dans le cadre d'une morphologie en peigne. ".
11. Il ressort des pièces du dossier que le calcul du pourcentage de vide a été réalisé à partir des façades ouest des constructions litigieuses, qui constituent les façades implantées le long de la limite de référence, conformément à l'article 4.2.2.2 du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2. Le syndicat requérant ne peut utilement se prévaloir de la méthode de calcul du vide applicable dans l'hypothèse de constructions implantées selon une morphologie en peigne, les constructions projetées n'étant pas implantées selon cette morphologie, comme indiqué précédemment au point 5. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.2.2.2 des dispositions du règlement du PLU-H de la métropole de Lyon applicable à la zone URm2 ne peut qu'être écarté.
12. En dernier lieu, si un permis de construire ne peut être délivré que pour un projet qui respecte la réglementation d'urbanisme en vigueur, il ne constitue pas un acte d'application de cette réglementation. Par suite, un requérant demandant l'annulation d'un permis de construire ne saurait utilement se borner à soutenir qu'il a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, quelle que soit la nature de l'illégalité dont il se prévaut. Cependant, il résulte de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme que la déclaration d'illégalité d'un document d'urbanisme a, au même titre que son annulation pour excès de pouvoir, pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur. Dès lors, il peut être utilement soutenu devant le juge qu'un permis de construire a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal à la condition que l'illégalité porte sur une règle d'urbanisme applicable au projet et que le requérant fasse en outre valoir que ce permis méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
13. Le syndicat requérant indique d'abord qu'il a demandé l'annulation, par une requête distincte, de la délibération du 21 novembre 2022 par laquelle le conseil métropolitain a approuvé la modification n° 3 du PLU-H de la métropole de Lyon et fait valoir que cette annulation aura pour effet de remettre en vigueur le document d'urbanisme immédiatement antérieur et que le permis de construire litigieux n'aurait pu être régulièrement délivré sur un terrain classé en zone USP et intégralement couvert par l'emplacement réservé n° 22.
14. Puis, il motive son moyen par référence à cette requête distincte et précise qu'il conteste la réduction de l'emplacement réservé n° 22 et le changement de zonage du terrain d'assiette du projet, initialement classé en zone USP et désormais classé en secteur URm2b au PLU-H. Il a également joint les éléments de procédure associés.
15. Toutefois, d'une part, il ressort du projet d'aménagement et de développement durables, inclus dans le cahier communal de Tassin-la-Demi-Lune, issu du PLU-H de la métropole de Lyon, que les auteurs de ce plan ont entendu maîtriser l'évolution des quartiers résidentiels tout en permettant de répondre aux besoins des habitants en termes d'équipements. Il ressort également du rapport d'enquête publique que la réduction de la superficie de l'emplacement réservé n° 22 est motivée par la volonté d'ajuster l'extension du cimetière communal en fonction des prévisions, l'évolution des pratiques funéraires révélant une augmentation des crémations au détriment des inhumations. Ce rapport précise également que le cimetière actuel n'est pas saturé, qu'il dispose de 300 emplacements libres et que la commune a mis en place une politique de reprise des concessions qui arrivent à échéance. La commission d'enquête publique a ainsi considéré que les éléments développés par la métropole de Lyon sur l'évolution des pratiques funéraires et des rythmes d'inhumation et sur les réserves dont dispose le cimetière de Tassin-la-Demi-Lune peuvent justifier la réduction de l'emplacement réservé n° 22. Il ressort également des pièces du dossier que le nombre des inhumations a légèrement diminué entre 2019 et 2021, passant de 115 à 111 par an, et que le nombre de crémations est passé de 22 à 39 par an, le taux de crémation en France devant par ailleurs atteindre 47 % à l'horizon 2030, soit quasiment la moitié des pratiques en matière funéraire. En outre, le déplacement du jardin du souvenir, prévu dans le cadre de la nouvelle configuration du cimetière, permettra de libérer de nouvelles places pour les inhumations et la circonstance que l'emplacement réservé soit en partie grevé d'un espace végétalisé à valoriser ne constitue pas, en elle-même, un obstacle à l'extension du cimetière. Par suite, le syndicat requérant n'est fondé à soutenir ni que la délibération attaquée serait incohérente avec les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
16. D'autre part, la zone URm2, qui comprend le secteur URm2b, est définie dans le règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat de la métropole de Lyon comme une " zone à dominante résidentielle regroupant les tissus urbains où l'ordonnancement du bâti sur rue est homogène, organisé majoritairement en ordre discontinu ". Le terrain litigieux, qui supporte déjà des constructions, est entouré au nord, au sud et à l'ouest de parcelles également classées en zone URm2. Par suite, compte tenu du parti d'urbanisme retenu par les auteurs du PLU-H, et dès lors que la réduction de la superficie de l'emplacement réservé n° 22 justifie la fin du classement des parcelles concernées en zone USP, regroupant " les vastes emprises d'accueil d'équipements d'intérêt collectif et services publics ", le classement contesté en secteur URm2b n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
17. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'illégalité, par la voie de l'exception, du PLU-H de la métropole de Lyon ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense par la commune de Tassin-la-Demi-Lune, que les conclusions à fin d'annulation du syndicat des copropriétaires Carré des roses doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tassin-la-Demi-Lune, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par le syndicat requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat requérant la somme de 1 500 euros à verser à chaque partie en défense au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires Carré des roses est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires Carré des roses versera à la commune de Tassin-la-Demi-Lune une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le syndicat des copropriétaires Carré des roses versera à la société SLC une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires Carré des roses, à la commune de Tassin-la-Demi-Lune et à la société SLC.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
F.-M. B
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
S. Saadallah
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026