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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2402849

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2402849

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2402849
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantALBERTIN

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 mars 2024 et le 5 avril 2024 sous le n° 2402849, Mme F, représentée par Me Albertin, demande au Tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler les décisions du 19 février 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche lui a refusé le séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche soit de lui délivrer un titre de séjour, soit de réexaminer sa situation, en la munissant d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travaille sous quinzaine dans l'attente, dans le délai de deux mois ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxes " outre intérêt au taux légal " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait tant les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour par voie d'exception ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2024, la préfète de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.

II) Par une requête enregistrée le 4 avril 2024 sous le n° 2403305, Mme F, représentée par Me Albertin, demande au Tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 3 avril 2024 par laquelle la préfète de l'Ardèche l'a assignée à résidence en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros hors taxes " outre intérêt au taux légal " au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision, qui a été prise par une autorité incompétente, est insuffisamment motivée et entachée d'un vice de procédure en l'absence de délivrance du formulaire prévu par l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable compte tenu du caractère suspensif du recours introduit à l'encontre de la mesure d'éloignement d'une part, et que le délai de recours ne peut être regardé comme expiré du fait de cette suspension d'autre part;

- les modalités retenues emportent des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 avril 2024, la préfète de l'Ardèche conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la prestation de serment de M. G, interprète en langue arabe,

- les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Mme F, assistée de M. G, et celles de Mme C B, sa fille, qui ont étayé leur situation personnelle et familiale.

La préfète de l'Ardèche n'étant ni présente, ni représentée.

Les parties ayant été informées en cours d'audience, conformément aux dispositions de l'article R. 776-25 du code de justice administrative, que la décision à intervenir est susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de la substitution de la base légale du refus de séjour au titre du travail qui se rattache, non pas à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui n'est pas applicable au ressortissant marocain, mais à l'exercice du pouvoir général de régularisation.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F, ressortissante marocaine née en 1969, est entrée en France le 13 juillet 2019 sous couvert d'un visa C accompagnée de ses deux enfants, C née en 2007 et D né en 2016, issus d'une première union qui a été dissoute en 2020. Elle a fait l'objet d'un premier refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire, édictés le 24 janvier 2020 par le préfet de la Drôme, puis, après son mariage avec un ressortissant français, d'un deuxième refus de séjour également assorti d'une mesure d'éloignement, édictés le 28 juillet 2022 par le préfet de l'Ardèche. Ses recours contentieux ont été rejetés par les tribunaux administratifs de Grenoble et Lyon, respectivement confirmés par un arrêt n° 21LY01260 du 11 janvier 2023 de la Cour administrative de Lyon et une ordonnance n° 23LY00261 du 20 juillet 2023 du président de cette juridiction.

2. Le 18 décembre 2023, Mme F devenue veuve a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par décisions du 19 février 2024 dont elle demande l'annulation dans l'instance n° 2402849, la préfète de l'Ardèche le lui a refusé et l'a une nouvelle fois obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Par décision du 3 avril 2024 dont elle demande l'annulation dans l'instance n° 2403305, la même autorité l'a assignée à résidence en vue de l'exécution de cette mesure d'éloignement.

3. Les requêtes susvisées sont relatives à la situation d'une même étrangère. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

4. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'en cas d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions faisant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour sur ce territoire prises à son encontre, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination, ainsi que la décision d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui ressort de la compétence de la formation collégiale du tribunal administratif.

5. En l'espèce, en raison de la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de Mme F par décision de la préfète de l'Ardèche, il y a lieu pour le juge compétent au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 19 février 2024 faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, ainsi que celles tendant à l'annulation de la décision du 3 avril 2024 prononçant son assignation à résidence, et les conclusions qui leur sont liées. En revanche, les conclusions tendant à l'annulation du refus d'admission au séjour et les moyens afférents, ainsi que les conclusions à en injonction et au titre des frais non compris dans les dépens qui y sont liées demeurent de la compétence de la formation collégiale du Tribunal.

Sur l'aide juridictionnelle :

6. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme F au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur le surplus des conclusions :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

S'agissant de l'exception d'illégalité du refus de séjour :

1. En premier lieu, la décision en litige indique les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Celles-ci permettent d'en comprendre le sens et d'en contester utilement le bien fondé. Le refus de séjour est, par suite, suffisamment motivé.

2. En deuxième lieu, si la requérante soutient que l'autorité préfectorale n'aurait pas, pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, procédé au double examen de sa situation au regard tant de sa vie privée et familiale qu'au titre du travail, celui-ci ne trouve pas à s'appliquer à un ressortissant marocain sollicitant son admission exceptionnelle en qualité de salarié dès lors qu'il s'agit d'un point traité par l'article 3 de l'accord-franco-marocain susvisé, au sens de l'article 9 du même accord. S'il ressort des motifs même de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour que l'autorité préfectorale a néanmoins examiné l'éventualité d'une régularisation au titre d'une activité salariée sur le fondement de l'article L. 435-1, le refus de séjour trouve en réalité son fondement légal dans l'exercice du pouvoir de régularisation discrétionnaire. Il y a lieu de substituer cette base légale à celle erronée dès lors que cette substitution n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation.

3. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante se maintient irrégulièrement en France depuis un peu moins de 5 ans, alors qu'elle a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement qu'elle n'a pas exécutées malgré le rejet de ses recours, et qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches au Maroc où elle a vécu jusqu'à ses cinquante ans. Il n'apparait pas, non plus, que ses enfants, qui y sont nés et où vit leur père, ne pourraient poursuivre leur scolarité dans cet Etat, la non maitrise alléguée de la langue arabe par le benjamin n'apparaissant pas crédible en l'absence de maitrise courante du français par sa mère et sa grand-mère. S'il est vrai que la requérante a exercé une activité professionnelle en tant qu'aide à domicile auprès de sa mère âgée titulaire d'une carte de résident et qu'elle a été employée en qualité d'ouvrière agricole sous contrat à durée déterminée, ces circonstances ne suffisent pas à conférer à sa situation un caractère exceptionnel ou humanitaire dès lors, outre ce qui précède quant à l'irrégularité de son séjour, qu'il n'est pas établi, comme l'a relevé l'ordonnance du président de la Cour précitée, que l'assistance nécessitée par l'état de santé de sa mère ne pourrait être effectuée par un autre membre de leur famille ou un professionnel de santé d'une part, et que l'activité d'ouvrière agricole est récente d'autre part. Il en va de même de la scolarisation de sa fille C qui, si elle est exemplaire à tous points de vue, n'est pas elle-même astreinte à l'obligation de détenir un titre de séjour en sa qualité de mineure non plus que susceptible de faire personnellement l'objet d'une mesure d'éloignement, sauf à ce qu'elle suive volontairement la requérante dans son pays d'origine pour la poursuivre. Ainsi, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, il n'apparait pas que la préfète de l'Ardèche a manifestement entachée d'erreur l'appréciation qu'elle a portée sur la situation de Mme F en estimant que l'admission au séjour de la requérante ne répondait pas à des considérations humanitaires ni ne se justifiait au regard des motifs exceptionnels pour refuser la délivrance du titre sollicité sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en est de même s'agissant du refus de lui délivrer un tel titre, en qualité de salariée notamment, dans le cadre de son pouvoir général de régularisation.

4. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que précédemment exposés, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en refusant la délivrance d'un titre de séjour à Mme F, la préfète de l'Ardèche a porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de ce refus et des buts poursuivis par cette décision. Par suite, les moyens tirés de l'article L. 423-23 du code précité et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de séjour à l'appui des conclusions en annulation de la mesure d'éloignement dont elle procède.

S'agissant des autres moyens :

6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 3 et 4, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit de la requérante de mener une vie privée et familiale normale, non plus qu'elle emporte des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation personnelle et familiale. Par suite, les moyens susvisés doivent être écartés.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

7. En premier lieu, la décision en litige a été signée par M. E, chef du bureau de l'immigration et de l'accueil numérique, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté du 26 décembre 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 28 décembre suivant. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur de la citoyenneté et de la légalité n'était pas absent ou empêché lorsque l'assignation à résidence a été signée par M. E.

8. En deuxième lieu, cette décision indique les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Celles-ci permettent d'en comprendre le sens et d'en contester utilement le bien fondé. Elle est, dès lors, suffisamment motivée. En outre, il en ressort à l'évidence, rapproché également des pièces produites en défense, que l'autorité préfectorale a préalablement procédé à l'examen de la situation personnelle portée à sa connaissance.

9. En troisième lieu, la circonstance que la requérante n'aurait pas été régulièrement informée de ses droits lors de la notification de l'assignation à résidence est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de cette décision.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Dans le cas où la décision d'assignation à résidence () intervient en cours d'instance, () le magistrat désigné à cette fin statue dans un délai de cent quarante-quatre heures à compter de la notification de cette décision par l'autorité administrative au tribunal. ". Aux termes de l'article L. 722-1 du même code : " Lorsque l'étranger n'a pas satisfait à son obligation d'exécuter la décision d'éloignement dont il fait l'objet, l'autorité administrative peut prendre les décisions prévues aux titres III et IV, nécessaires à l'exécution d'office des décisions d'éloignement, sous réserve de ne procéder à l'éloignement effectif que dans les conditions prévues aux articles L. 722-7 à L. 722-10. ". Aux termes de l'article L. 722-3 du même code : " L'autorité administrative peut engager la procédure d'exécution d'office de la décision portant obligation de quitter le territoire français dès l'expiration du délai de départ volontaire () ". Aux termes de l'article L. 722-7 du même code : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir () avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. () ". Aux termes de l'article L. 730-1 du même code : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement () pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français () ". Enfin, aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

11. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'autorité administrative peut assigner à résidence en cours d'instance un étranger ayant présenté un recours contre l'obligation de quitter le territoire dès lors que le délai de départ volontaire est expiré. Si le recours juridictionnel est ainsi suspensif de la mesure d'éloignement qui ne peut être effectivement exécutée avant que le juge saisi statue, la seule circonstance qu'un tel recours soit pendant ne fait pas obstacle à ce qu'il fasse l'objet de la mesure d'exécution forcée que constitue l'assignation à résidence. Par suite, la requérante n'est fondée à soutenir ni que le délai de départ ne peut être regardé comme expiré pour permettre l'assignation à résidence compte tenu du recours précédemment introduit, ni que cette circonstance empêche de considérer que son éloignement demeure une perspective raisonnable.

12. En dernier lieu, et toutefois, en astreignant Mme F à se présenter 5 fois par semaine à la brigade de la Gendarmerie nationale de Bourg-Saint-Andéol à " 8h30 précise " alors que son fils D est scolarisé en classe de CE1 à Pierrelate et qu'elle s'occupe de sa mère lors des soins infirmiers dans la même ville d'une part, et qu'il n'est pas contesté que la requérante a respecté les anciennes modalités d'une précédente assignation l'astreignant à se présenter 3 fois par semaine d'autre part, l'autorité administrative a fixé des modalités de contrôle qui emportent des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle. Cette illégalité justifie néanmoins seulement l'annulation des modalités de contrôle qui sont divisibles de la mesure d'assignation à résidence elle-même.

13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F est seulement fondée à demander l'annulation partielle de l'assignation à résidence du 3 avril 2024. Cette annulation ne permet pas de regarder l'Etat comme étant partie perdante pour l'essentiel dans l'instance. Par suite, le surplus de ses conclusions en annulation relevant de la compétence du magistrat désigné en vertu de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les conclusions accessoires qui leur sont liées, ne peuvent qu'être rejetés.

D E C I D E :

Article 1er : Mme F est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision du 3 avril 2024 est annulée en tant qu'elle astreint Mme F à se présenter 5 fois par semaine à la brigade de la Gendarmerie nationale de Bourg-Saint-Andéol à " 8h30 précise ".

Article 3 : Les conclusions tendant, dans l'instance n° 2402849, à l'annulation des décisions du 19 février 2024 faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination ainsi que celles accessoires qui leur sont liées sont rejetées, comme le surplus des conclusions de la requête dans l'instance n° 2403305.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F et à la préfète de l'Ardèche.

Copie en sera adressée à Me Albertin.

Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

F. Gaillard

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

2-2403305

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