jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403078 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DOYEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2024, M. B A, représenté par Me Doyez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2023 par laquelle la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est a résilié son contrat d'engagement à servir dans la réserve opérationnelle de la police nationale, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est de le rétablir dans ses droits, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leravat,
- et les conclusions de M. Gueguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a souscrit, le 23 septembre 2022, un contrat d'engagement à servir dans la réserve opérationnelle de la police nationale et a été affecté principalement à la direction zonale de la police aux frontières. Il demande l'annulation de la décision du 11 octobre 2023 par laquelle la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est a mis fin à ce contrat ainsi que du rejet implicite du recours gracieux qu'il a formé contre cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 411-11 du code de la sécurité intérieure : " Les policiers réservistes souscrivent un contrat d'engagement d'une durée comprise entre un an et cinq ans qui définit leurs obligations de disponibilité et de formation initiale et continue, et qui leur confère la qualité de collaborateur occasionnel du service public. / () / L'administration peut prononcer la radiation de la réserve opérationnelle en cas de manquement aux obligations prévues par le contrat d'engagement ou s'il apparaît, le cas échéant après une enquête administrative à laquelle il peut être procédé dans les conditions prévues au I de l'article L. 114-1, que le comportement du policier réserviste est devenu incompatible avec l'exercice de ses missions. Ce contrat peut également être résilié ou suspendu en cas de manquement lorsque le policier réserviste cesse de remplir une des conditions prévues à la présente section ou en cas de nécessité tenant à l'ordre public. ".
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que celle-ci prononce la résiliation du contrat d'engagement du requérant et, par conséquent, sa radiation de la réserve opérationnelle, en raison des manquements aux obligations déontologiques qui incombent au requérant en qualité de réserviste de la réserve opérationnelle. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient M. A, la décision en litige, qui a été prise en application de l'article L. 411-11 précité du code de la sécurité intérieure, ne constitue pas une sanction disciplinaire au sens de ce même article.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-16-2 du code de la sécurité intérieure : " La décision prononçant une sanction disciplinaire doit être motivée. ". Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la décision attaquée ne constitue pas une sanction disciplinaire. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'elle ne serait pas motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-16-2 doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes du IV de l'article L. 114-1, IV du code de la sécurité intérieure : " Lorsque le résultat de l'enquête fait apparaître que le comportement d'un fonctionnaire occupant un emploi participant à l'exercice de missions de souveraineté de l'Etat ou relevant du domaine de la sécurité ou de la défense est devenu incompatible avec l'exercice de ses fonctions, l'administration qui l'emploie procède à son affectation ou à sa mutation dans l'intérêt du service dans un emploi comportant l'exercice d'autres fonctions. En cas d'impossibilité de mettre en œuvre une telle mesure ou lorsque le comportement du fonctionnaire est incompatible avec l'exercice de toute autre fonction eu égard à la menace grave qu'il fait peser sur la sécurité publique, il est procédé à sa radiation des cadres. / Ces décisions interviennent après mise en œuvre d'une procédure contradictoire. () "
6. En l'espèce, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions, qui ne s'appliquent qu'aux fonctionnaires occupant un emploi participant à l'exercice de missions de souveraineté de l'Etat ou relevant du domaine de la sécurité ou de la défense et non aux réservistes de la police nationale qui sont des collaborateurs occasionnels du service public. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit dès lors être écarté comme inopérant. Si M. A fait également valoir que les droits de la défense n'auraient pas été respectés, il ressort en tout état de cause des pièces du dossier qu'il a été entendu dans le cadre d'une enquête administrative le 6 octobre 2023 et a ainsi pu faire valoir ses observations.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 411-13 du code de la sécurité intérieure : " Les réservistes de la police nationale sont soumis aux obligations des agents des corps actifs des services de la police nationale, définies par le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale, et doivent respecter le code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale prévu au chapitre IV du titre III du présent livre. "
8. Il ressort des pièces du dossier que, pour prononcer la résiliation du contrat d'engagement à servir dans la réserve opérationnelle de M. A, la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est s'est fondée sur les manquements du requérant aux obligations prévues par ce contrat, en particulier l'utilisation, à plusieurs reprises, de sa carte professionnelle pour accéder en dehors des heures de service aux locaux de la police aux frontières de l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry, où il exerçait ses fonctions, ainsi qu'à une zone privative de liberté sans y être habilité, également en dehors des heures de service. Il ressort des pièces du dossier et, en particulier, de l'audition administrative du 6 octobre 2023 que M. A a reconnu ces manquements à ses obligations déontologiques et, notamment, au devoir de probité et d'exemplarité qui lui incombent. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'autorité administrative a pu se fonder sur ces éléments pour prononcer la résiliation du contrat d'engagement de M. A et la radiation de la réserve opérationnelle de la police nationale.
9. Enfin, si M. A fait valoir que l'autorité administrative aurait dû rechercher s'il pouvait être affecté à d'autres fonctions en application des dispositions précitées du IV de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, ainsi qu'il a été dit précédemment, ces dispositions ne sont pas applicables aux réservistes de la police nationale. Alors que les états de service du requérant sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation et le moyen doit, par suite, être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées ainsi, que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de la zone de défense et de sécurité sud-est.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, première conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
C. LERAVAT
La présidente,
V. VACCARO-PLANCHET
La greffière,
E. GROS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026