mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BOUILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, M. A B, représenté par Me Bouillet, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de mettre à sa disposition un duplicata de sa carte de résident ou, à titre subsidiaire, un récépissé ou une attestation constatant ses droits, dans un délai de deux semaines à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
* l'urgence est caractérisée dès lors qu'ayant le statut de réfugié, le site de l'ANEF est le seul interlocuteur lui permettant de solliciter un document ; il a, sur ce site, signalé, le 19 juillet 2023, la perte de son titre de séjour et a reçu, le 18 octobre suivant, un message de clôture de sa demande ; relançant l'administration, celle-ci lui a assuré qu'une décision avait été prise dont il aurait notification sur ledit site ; en dépit de ses relances, l'autorité préfectorale est demeurée silencieuse alors qu'il a pourtant signalé la nécessité de détenir sa carte de résident ou a minima une attestation afin de continuer à bénéficier du statut d'intermittent du spectacle ;
* la mesure demandée présente un caractère utile dès lors qu'elle est de nature à protéger son droit à travailler et à bénéficier des aides et droits dont dispose tout réfugié ; en outre, il ne peut solliciter le duplicata de sa carte de résident que sur le site de l'ANEF, toute présentation en préfecture étant impossible ;
*en l'espèce, sa demande ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
La préfète du Rhône à laquelle le requête de M. B a été communiquée le 29 mars 2024, n'a produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Baux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission au bénéfice d'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. Elle est accordée de plein droit au demandeur et au défendeur lorsque la procédure concerne la délivrance d'une ordonnance de protection. L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, à fin d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur sa capacité à justifier de son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, d'y travailler, la détention d'un titre de séjour ou d'un duplicata de celui-ci, il incombe à l'autorité administrative de le recevoir en préfecture, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable et de lui délivrer ledit duplicata ou a minima un récépissé de sa demande permettant de justifier de ses droits.
4. M. B, titulaire d'une carte de résident valide du 28 septembre 2020 au 27 septembre 2030, fait état de ce que ses démarches auprès de la préfecture du Rhône afin d'obtenir un duplicata de ce titre de séjour, qu'il a déclaré perdu sur le site de l'ANEF le 19 juillet 2023, sont demeurées infructueuses depuis cette date. Il résulte de l'instruction que l'intéressé après avoir produit, sur demande de l'administration, des documents complémentaires justifiant de son changement de domicile, a, le 2 novembre 2023, rappelé sa situation consécutive à la perte de sa carte de résident, que sans aucune autre information, il a, le 18 octobre 2023, reçu un message de clôture de sa demande et qu'il a tenté depuis cette date, à plusieurs reprises, sans succès, de solliciter des explications. Dans ces conditions, en l'absence de toute réponse des services de la préfecture du Rhône et alors que la perte de sa carte de résident et l'absence de délivrance d'un duplicata ont pour M. B, intermittent du spectacle, des conséquences importantes notamment sur la possibilité de se déplacer et dès lors sur son activité professionnelle, le maintenant ainsi dans une situation de grande précarité, la mesure qu'il demande sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative remplit les conditions d'urgence et d'utilité posées par cet article. Par ailleurs, elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de délivrer à M. B le duplicata de sa carte de résident, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et dans l'attente de lui délivrer un récépissé ou une attestation constatant ses droits, dans un délai de deux semaines à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens :
6. Il y a lieu d'admettre provisoirement M. B à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bouillet, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bouillet de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de délivrer à M. B le duplicata de sa carte de résident, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et dans l'attente de lui délivrer un récépissé ou une attestation constatant ses droits, dans un délai de deux semaines à compter de cette notification.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Bouillet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Bouillet, avocat de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Bouillet et à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 16 avril 2024.
La juge des référés,
A. Baux
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026