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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2403138

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403138

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403138
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantVRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mars 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 mars 2024 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles ont été signées par une autorité incompétente ;

- elles ne sont pas suffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit, faute pour le préfet de la Savoie d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les dispositions combinées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant trois ans :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Des pièces, enregistrées le 2 avril 2024, ont été produites en défense par le préfet de la Savoie.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Gros, première conseillère.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 3 avril 2024, Mme Gros a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Vray, représentant M. B, qui reprend les conclusions et les moyens de la requête, à l'exception du vice d'incompétence, expressément abandonné, souligne que l'arrêté attaqué ne fait état ni de l'insertion professionnelle du requérant, ni des éléments relatifs à son état de santé mentionnés lors de son audition, indique que l'intéressé aurait entrepris des démarches en vue de régulariser sa situation administrative, dont il n'est toutefois pas en mesure de justifier, et fait valoir, s'agissant du moyen d'erreur d'appréciation soulevé à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans, que la menace à l'ordre public n'est pas caractérisée, dès lors que le signalement évoqué par le préfet de la Savoie concerne un certain A Amri et que M. B conteste avoir été interpellé à raison de ce type de faits,

- les observations de M. B, assisté de M. D, interprète en langue arabe, qui déclare être venu en France pour travailler et aider financièrement ses parents qui sont très pauvres et n'avoir jamais causé de problèmes par son comportement,

- et les observations de Me Augoyard, substituant Me Tomasi, pour le préfet de la Savoie, qui conclut au rejet de la requête aux motifs que les décisions attaquées sont suffisamment motivées et procèdent d'un examen particulier de la situation personnelle de M. B, que la décision obligeant l'intéressé à quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'absence, notamment, d'éléments venant étayer l'activité professionnelle alléguée, que le refus de délai de départ volontaire est justifié par le risque que le requérant se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, caractérisé au regard des circonstances visées aux 1°, 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et enfin, que l'interdiction de retour sur le territoire français, dont la durée a été fixée à trois ans, revêt, en l'espèce, un caractère proportionné.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 2 décembre 1993, déclare être entré en France au cours de l'année 2020. Par un arrêté du 17 juillet 2021, le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Le 29 mars 2024, M. B a été placé en retenue administrative pour vérification de son droit de circuler ou de séjourner en France. Par un arrêté du 29 mars 2024, le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Le requérant, placé en rétention administrative le même jour, demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :

4. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Savoie a procédé, pour chaque décision à un examen particulier de la situation personnelle de M. B, compte-tenu des éléments en sa possession. L'autorité administrative reprend notamment, dans l'arrêté du 29 mars 2024, ses déclarations relatives à son activité professionnelle, précisant, en outre, qu'il a été interpellé alors qu'il fuyait un chantier. Si elle ne fait pas mention des " problèmes aux dents et aux reins " évoqués par le requérant lors de son audition du 29 mars 2024, cette circonstance ne saurait, eu égard au caractère peu précis de ses déclarations sur ce point, caractériser un défaut d'examen particulier de sa situation. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit dont seraient entachées, pour ce motif, les décisions contestées doit être écarté.

En ce qui concerne la décision obligeant M. B à quitter le territoire français :

5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

6. En premier lieu, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français vise notamment les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que l'intéressé, qui ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour satisfaire à l'exécution d'une décision mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 700-1, l'étranger rejoint le pays dont il a la nationalité ou tout pays, autre qu'un Etat membre de l'Union européenne, la République d'Islande, la Principauté du Liechtenstein, le Royaume de Norvège ou la Confédération suisse, dans lequel il est légalement admissible. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être entré en France au cours de l'année 2020, a fait l'objet, le 17 juillet 2021, d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée. S'il allègue, sans pour autant l'établir, s'être rendu en Espagne au mois d'octobre 2022, il ne peut, ce faisant, être regardé comme ayant exécuté la mesure d'éloignement en cause. Par ailleurs, en se bornant à indiquer qu'il travaille dans le secteur du bâtiment depuis environ un an, le requérant ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française. L'intéressé, célibataire et sans charge de famille sur le territoire national, conserve, en outre, des attaches en Tunisie, où réside l'intégralité de sa famille et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 26 ans. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et méconnaîtrait, ainsi, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision refusant à M. B un délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

10. En premier lieu, la décision de refus de délai de départ volontaire vise notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que M. B, qui ne peut justifier être entré régulièrement en France, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il a déclaré lors de son audition du 29 mars 2024 ne pas vouloir retourner en Tunisie, qu'il n'a pas exécuté la mesure d'éloignement prise en son encontre le 17 juillet 2021, n'ayant jamais quitté l'espace Schengen, qu'il n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux services de police dans le cadre de son assignation à résidence décidée le 2 octobre 2021, qu'il ne peut présenter de document d'identité ou de voyage en cours de validité, indique être sans domicile fixe et a précédemment déclaré se nommer A Amri et être né le 11 décembre 2000, avant de conclure que le risque que le requérant se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet est caractérisé. Cette décision comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

11. En second lieu, M. B, qui ne démontre pas être entré régulièrement en France, ne justifie pas des démarches qu'il indique avoir entrepris pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour. L'intéressé a, en outre, fait l'objet, le 17 juillet 2021, d'une précédente mesure d'éloignement, qu'il n'a pas exécutée dans le délai de trente jours qui lui était imparti. Assigné à résidence par un arrêté du 2 octobre 2021, il n'a pas satisfait à son obligation de se présenter deux fois par semaine aux services de police. Ainsi qu'il a été dit plus haut, son départ allégué en Espagne au mois d'octobre 2022 ne vaut pas exécution de la mesure d'éloignement en cause. Par ailleurs, M. B ne peut présenter de document d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas disposer d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, se déclarant sans domicile fixe dans son audition du 29 mars 2024. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Savoie aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ces seules circonstances, qui suffisaient, en l'espèce, à caractériser l'existence d'un risque de fuite. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. La décision fixant le pays de destination vise notamment les articles L. 721-1 à L. 721-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique la nationalité de M. B et précise que l'intéressé, qui n'a pas formulé de demande de protection, n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

En ce qui concerne la décision interdisant à M. B de revenir sur le territoire français pendant trois ans :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

14. En premier lieu, la décision interdisant à M. B de revenir sur le territoire français pendant trois vise notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève l'absence de circonstances humanitaires, expose que l'intéressé déclare être arrivé en France il y a environ 4 ans, relève qu'il est dépourvu d'attaches familiales sur le territoire français, rappelle qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée et indique, enfin, qu'il est défavorablement connu des services de police sous l'identité de A Amri pour des faits de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique et sans permis commis le 2 octobre 2021. Cette décision comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

15. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit plus haut, M. B, qui déclare être entré en France au cours de l'année 2020, n'y fait état d'aucune attache particulière. Il a, par ailleurs, fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, édictée le 17 juillet 2021, qu'il n'a pas exécutée. Dans ces conditions, en prononçant à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet de la Savoie n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée de trois ans emporterait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation de M. B, qui dispose en tout état de cause de la possibilité d'en demander l'abrogation.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 mars 2024 par lequel le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement à M. B d'une somme au titre de ses frais d'instance.

DECIDE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Savoie.

Copie en sera adressée à l'association Forum Réfugiés - Cosi.

Rendu en audience publique le 3 avril 2024.

La magistrate désignée,

R. Gros

La greffière,

E. Gros

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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