mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403377 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP COUDERC ZOUINE |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés sous le n°2403376, les 2 avril, 27 mai, 14 juin et 27 juin 2024, Mme E G épouse A, représentée par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'appeler l'Office français de l'immigration et de l'intégration à présenter ses observations en application de l'article L. 425-9-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou une autorisation provisoire de séjour de deux mois et de la munir dans un délai de 8 jours d'un récépissé l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de la munir d'un récépissé avec autorisation de travail ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière et qu'il incombe à la préfète de l'Ain de justifier du respect des dispositions des articles L. 425-10 et R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète de l'Ain ne justifie pas de la régularité de la procédure ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Des pièces, enregistrées le 7 juin 2024, et un mémoire, enregistré le 17 juin 2024, ont été produits par l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2024.
II- Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés sous le n°2403377, les 2 avril, 27 mai, 14 juin et 27 juin 2024, M. C A, représentée par la SCP Couderc-Zouine, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'appeler l'Office français de l'immigration et de l'intégration à présenter ses observations en application de l'article L. 425-9-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2023 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou une autorisation provisoire de séjour de deux mois et de le munir dans un délai de 8 jours d'un récépissé l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de le munir d'un récépissé avec autorisation de travail ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière et qu'il incombe à la préfète de l'Ain de justifier du respect des dispositions des articles L. 425-10 et R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète de l'Ain ne justifie pas de la régularité de la procédure ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Des pièces, enregistrées le 7 juin 2024, et un mémoire, enregistré le 17 juin 2024, ont été produits par l'office français de l'immigration et de l'intégration.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rizzato, première conseillère,
- et les observations de Me Lulé, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes nos 2403376 et 2403377 concernent la situation de deux époux étrangers, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a, ainsi, lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
2. M. C A et Mme E G épouse A, ressortissants du Kosovo sont entrés en en France le 29 novembre 2021 selon leurs déclarations, accompagnés de leur fils B A, né le 25 août 2017. Ils ont été munis d'autorisations provisoires de séjour en tant que parents d'un enfant malade, valables du 26 octobre 2022 au 25 avril 2023. Par les arrêtés contestés des 13 et 14 décembre 2023, la préfète de l'Ain a refusé de renouveler leurs autorisations provisoires de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. (). Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".
4. Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, la préfète délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 8 novembre 2023 et du bordereau de transmission de cet avis, que le collège de médecins, qui était composé des docteurs Fresneau, Delprat-Chatton et Mettais-Cartier, régulièrement désignés, s'est prononcé sur la base d'un rapport médical établi par le docteur F, lequel n'a pas siégé au sein du collège médical. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour serait illégale en raison de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'OFII doit être écarté.
6. D'autre part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un accès effectif à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dont il peut effectivement bénéficier dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
7. Pour refuser d'admettre au séjour M. et Mme A en qualité de parents d'enfant malade, la préfète de l'Ain s'est approprié l'avis rendu le 8 novembre 2023 par le collège de médecins de l'OFII, selon lequel l'état de santé de leur fils B, né en 2017 nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut toutefois y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier que le Dr D, qui suivait B A au Kosovo, a considéré le 6 octobre 2021 que sa pathologie était " incurable " au Kosovo et qu'il fallait " absolument qu'elle soit traitée à l'étranger dans les meilleurs délais ". L'enfant est donc entré en France avec ses parents dès le 29 novembre 2021, ses parents ayant été munis d'une autorisation provisoire de séjour après un avis favorable du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il résulte des pièces médicales établies lors du suivi postérieur de l'enfant que celui-ci souffre d'une bicuspidie aortique avec une fuite et une sténose modérée qui nécessite un traitement médicamenteux par Enalapril et un suivi cardiologique régulier. Ni les certificats médicaux produits, ni aucune autre pièce du dossier ne permettent d'établir l'absence de traitement et de suivi de cette pathologie au Kosovo où l'enfant était suivi alors que l'Enalapril, non associé à un autre principe actif, y est disponible et où il a déjà bénéficié d'échographie cardiaque. Enfin, si les requérants invoquent la nécessité d'une prise en charge chirurgicale, celle-ci demeure, en l'état, simplement envisagée aux termes des certificats médicaux produits. Il suit de là, que les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en refusant de leur délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Ain a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.".
9. M. et Mme A qui résident en France depuis 2 ans à la date des décisions attaquées, se prévalent de l'état de santé de leur enfant. Pour les motifs exposés au point 7, la nécessité pour les requérants de demeurer sur le territoire français en raison de l'état de santé de leur fils n'est pas démontrée. Ainsi M. et Mme A ne sont fondés à soutenir ni que les décisions de refus de séjour sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'état de santé de leur fils, ni qu'elles ont porté une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Compte tenu de ces éléments, les décisions ne méconnaissent pas l'intérêt supérieur de leur fils protégé par les stipulations l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, et ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur leur situation personnelle.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / ; 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié./ Par dérogation au présent article, l'étranger mentionné aux 2° à 8° peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 611-1 s'il vit en France en état de polygamie. "
12. Ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, M. et Mme A n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration du 8 novembre 2023. Par suite, le moyen tiré de méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code précité ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, en l'absence d'argumentation particulière, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
14. En l'absence d'illégalité des décisions leur faisant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre des décisions fixant le pays de destination doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
15. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 que les requérants ne démontrent pas qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays dont il est originaire, leur fils mineur ne pourrait effectivement y bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé et il ne ressort pas des pièces produites qu'une opération chirurgicale serait prévue à court terme. Au surplus que le signalement dans le SIS d'un ressortissant d'un pays tiers faisant l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français n'interdit pas à un État membre de l'autoriser à entrer sur son territoire pour des motifs humanitaires. Par suite, la préfète de l'Ain n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à l'encontre de M. et Mme A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.
16. En l'absence d'argumentation particulière, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.
17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. A et la requête de Mme A doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2403376 et n° 2403377 sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et Mme E G épouse A et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Rizzato, première conseillère,
Mme Gros, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
C. Rizzato
Le président,
M. Clément
La greffière,
T. Zaabouri
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2403376 - 2403377
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026