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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2403534

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403534

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403534
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantROYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024, M. B A, représenté par Me Royon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2024 par lequel le préfet de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire :

- à titre principal, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un certificat de résidence algérien mention " vie privée et familiale ", en lui délivrant, dans l'attente, et dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

- à titre subsidiaire, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en lui délivrant dans l'attente, et dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et personnelle sur le territoire français ;

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français prises ensemble :

- elles sont insuffisamment motivées en fait, dès lors qu'il justifiait de très nombreux éléments relatifs à sa vie privée, familiale et professionnelle sur le territoire français et que le préfet ne justifie pas de l'existence du procès-verbal du 6 janvier 2017, ni du courrier du directeur de la direction de l'asile attestant que M. A aurait été identifié par les autorités hongroise le 23 février 2016 ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, en méconnaissance des dispositions des articles L. 432-13 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, dès lors qu'il justifie d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en qualifiant de frauduleux les justificatifs qu'il a produits ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

- elle est privée de base légale, compte tenu de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée en application des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " de son principe et de sa durée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, le préfet de la Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par ordonnance du 11 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 6 août 2024.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à 1'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Roux, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 12 novembre 1995, déclare être entré en France en 2013, sans pouvoir justifier d'une entrée régulière. Le 23 novembre 2023, il a demandé la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement des articles 6-1 et 6-5 de la convention franco-algérienne et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 20 mars 2024, le préfet de la Loire a refusé de délivrer à M. A le titre demandé, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé son pays d'origine ou tout pays pour lequel il établit être légalement admissible comme pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu de la délégation consentie à cet effet par un arrêté du préfet de la Loire du 13 juillet 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 24 juillet suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'autorité signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. Si M. A soutient qu'il réside en France depuis 2013, les bulletins de paye qu'il produit ne permettent toutefois d'établir la réalité de sa présence continue en France qu'à partir de 2018, et il est constant qu'il s'est maintenu uniquement de manière irrégulière sur le territoire français. De plus, s'il atteste être hébergé par son père depuis octobre 2023, lequel est titulaire d'un certificat de résidence algérien, cette seule circonstance ne lui confère aucun droit au séjour, alors que M. A, qui est célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas être isolé dans son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de son existence. Il n'établit en outre pas la présence de ses frères sur le territoire français, ni l'intensité de la relation qu'il entretiendrait avec ces membres de sa famille. Dans ces conditions, alors même qu'il justifie d'une certaine insertion professionnelle, l'arrêté attaqué ne porte pas, au regard des buts poursuivis, une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, et en l'absence d'argumentation distincte sur ce point, cet arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

Sur le moyen commun aux décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

6. En l'espèce, les décisions litigieuses visent les textes dont elles font application, notamment l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. S'agissant de la motivation en fait, le préfet rappelle la nationalité de M. A, ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire, ainsi que sa situation administrative, personnelle et familiale. Le préfet expose également les éléments sur lesquels il s'est fondé pour adopter les décisions attaquées, notamment la circonstance que M. A a déclaré être entré sur le territoire français en 2016, et qu'il a été identifié par les autorités hongroises le 23 février 2016. Par suite, les décisions attaquées, qui n'ont pas à reprendre l'ensemble des éléments de la situation personnelle de M. A, dont la demande de titre de séjour était, en tout état de cause, uniquement fondée sur la durée de sa présence sur le territoire français, sont suffisamment motivées, et cette motivation, qui n'est pas stéréotypée, démontre que le préfet de la Loire a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant. () ".

8. Si M. A soutient qu'il réside en France depuis 2013, les seules productions d'une facture d'achat de pneu à Lyon et d'une attestation d'un travailleur social à Paris, datées du mois de décembre 2013, ne sauraient suffire à établir le caractère habituel et régulier de sa résidence sur le territoire français depuis cette date. De plus, en produisant quelques ordonnances et factures éparses et le localisant à diverses adresses, M. A ne fournit pas suffisamment de preuves de sa résidence continue sur le territoire français pour les années 2014 à 2017. En outre, il ressort du procès-verbal dressé par un officier de police judiciaire le 6 janvier 2017, et faisant foi jusqu'à preuve du contraire, qui n'est rapportée en l'espèce, que M. A a déclaré être arrivé en France en 2016, après avoir déposé une demande d'asile en Hongrie. Il ressort également d'un courrier de la direction de l'Asile du 11 août 2016 que les autorités hongroises ont relevé les empreintes du requérant le 23 février 2016. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas une présence ininterrompue de dix ans sur le territoire français. Par suite, le préfet de la Loire a pu légalement refuser de lui accorder le certificat de résidence sollicité.

9. En deuxième lieu, le préfet de la Loire a joint à son mémoire en défense les documents sur lesquels il fonde son appréciation de fraude concernant les justificatifs fournis par le requérant pour les années 2013, 2014 et 2015, à savoir le procès-verbal du 6 janvier 2017, faisant foi jusqu'à preuve du contraire, et selon lequel M. A a déclaré être entré en France en 2016 après avoir déposé une demande d'asile en Hongrie, ainsi que le courrier de la direction de l'Asile du 11 août 2016 attestant de l'identification de M. A par les autorités hongroises le 23 février 2016. En outre, il ne ressort pas des propos tenus par le requérant, et retranscrits au sein du procès-verbal du 6 janvier 2017, qu'il aurait effectué un simple aller-retour en Hongrie en février 2016, comme il le soutient dans sa requête. En tout état de cause, s'il ne résulte pas nécessairement des adresses différentes qui sont mentionnées sur les justificatifs produits par M. A que ces documents seraient frauduleux, il résulte toutefois de ce qui a été exposé ci-dessus qu'ils ne suffisent pas à établir le caractère régulier et permanent de sa présence en France entre 2013 et 2017. Ce motif suffisant à motiver le refus de lui délivrer un certificat de résidence sur le fondement du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation du caractère frauduleux des justificatifs produits par le requérant doit être écarté.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ".

11. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou par les stipulations équivalentes prévues par l'accord franco-algérien, auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Il résulte de ce qui précède que M. A ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par suite, le préfet n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour en application des dispositions précitées de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, dès lors, être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ". Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. En outre, si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

14. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français mentionne l'ensemble des circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée. La circonstance que ne soient pas indiquées les raisons pour lesquelles le préfet de la Loire n'a pas considéré que des circonstances humanitaires pouvaient faire obstacle au prononcé de l'interdiction de retour, révélant ainsi que l'autorité administrative a estimé qu'il n'en existait pas, n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que, le 31 juillet 2019, M. A a fait l'objet d'un précédent arrêté du préfet de la Loire prononçant à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et il est constant qu'il n'a pas exécuté cette mesure d'éloignement. Il résulte également de ce qui a été exposé ci-dessus que M. A n'établit pas suffisamment l'ancienneté de sa présence sur le territoire français, ni qu'il y détiendrait des liens privés et familiaux ancrés. Par suite, le préfet de la Loire n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français et en fixant à un an la durée de cette interdiction.

17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreintes et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Loire.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bour, présidente ;

Mme Jorda, conseillère ;

Mme Le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le17 septembre 2024.

La rapporteure,

J. Le Roux

La présidente,

A-S. Bour

La greffière,

C. Touja

La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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