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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2403555

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403555

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403555
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIN VERNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 avril 2024, M. C B, représenté par Me Vernet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour temporaire mention " étudiant ", dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en lui délivrant dans un délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros à verser, à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre séjour ;

- elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'un délai de départ volontaire plus long devait lui être accordé afin de lui permettre de terminer les études entreprises sur le territoire national ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, elles-mêmes illégales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par ordonnance du 6 août 2024, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 26 août 2024.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 mars 2024.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1406 du 18 novembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à 1'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Roux, conseillère.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant comorien né le 11 août 1989, est entré en France le 16 août 2021, muni d'un visa de long séjour, valide du 5 août 2021 au 5 août 2022, obtenu en qualité d'étudiant. M. B s'est ensuite vu délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant ", valable du 30 août 2022 au 29 décembre 2023. Le 1er novembre 2023, M. B a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 11 janvier 2024, la préfète de l'Ain a refusé à l'intéressé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays d'origine ou tout pays pour lequel il établit être légalement admissible comme pays de destination.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions :

2. L'arrêté attaqué a été signé, pour la préfète et par délégation, par M. D A, directeur de la citoyenneté et de l'intégration à la préfecture de l'Ain. Par un arrêté du 11 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 01-2023-267, et accessible tant au juge qu'aux parties, la préfète de l'Ain a donné délégation à M. D A pour signer, notamment, les décisions concernant l'admission au séjour et les mesures d'éloignement des étrangers, ainsi que les décisions dont elles peuvent être assorties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté comme manquant en fait.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

4. En l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour cite les textes dont elle fait application, notamment l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif aux titres de séjour pour motifs d'études. S'agissant de la motivation en fait, la préfète de l'Ain rappelle la nationalité de M. B, ses conditions d'entrée et de séjour sur le territoire, ainsi que les éléments sur lesquels elle s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français, notamment les circonstances qu'il ne justifiait pas du caractère réel, sérieux et assidu du suivi de ses études en France et qu'il occupe un emploi en intérim à temps plein depuis plusieurs mois. Par ailleurs, le requérant ne peut pas utilement soutenir que la préfète de l'Ain aurait dû constater sa motivation à poursuivre son cursus universitaire et ne pouvait pas déduire de ses ressources déclarées qu'il dépassait la limite de 60 % de la durée de travail annuelle, dès lors que l'exigence de motivation s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. De plus, si la décision attaquée, qui n'a pas à reprendre l'ensemble des éléments de la situation personnelle de M. B, ne mentionne pas qu'il a déclaré résider chez sa sœur, il ne ressort toutefois pas des documents qu'il produit qu'il aurait précisé cette situation lors du dépôt de sa demande, ni qu'elle aurait eu une incidence particulière sur l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour mention " étudiant ". Par suite, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée et cette motivation, qui n'est pas stéréotypée, démontre que la préfète de l'Ain a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Aux termes de l'article L. 432-9 du même code : " La carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou " étudiant-programme de mobilité " prévue aux articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-5, ou la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " peut être retirée à l'étudiant étranger qui ne respecte pas la limite de 60 % de la durée de travail annuelle prévue aux mêmes articles. ".

6. Il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si le demandeur peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études. Le renouvellement d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant est notamment subordonné à la justification, par son titulaire, de la réalité et du sérieux des études poursuivies.

7. En l'espèce, pour refuser de faire droit à la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B, la préfète de l'Ain s'est fondée, d'une part, sur le fait qu'il ne peut justifier d'une progression dans ses études, et d'autre part, sur le fait qu'il a dépassé le cumul d'heures de travail autorisées par le titre de séjour étudiant.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été inscrit en deuxième année de licence en administration publique à l'Université Jean Monnet à Saint-Etienne, au titre de l'année scolaire 2021-2022 puis, une nouvelle fois, au titre de l'année scolaire 2022-2023, sur le fondement de son visa étudiant, puis de sa carte de séjour pluriannuelle mention " étudiant ". Si M. B soutient n'avoir pas pu se présenter à l'ensemble de ses examens en raison de la nécessité d'exercer un emploi pour subvenir à ses besoins pendant ses études, il ne justifie cependant pas avoir exercé de telles activités durant l'entièreté de ses années scolaires par la production de bulletins de salaires à compter du mois de janvier 2023. Il ressort, de plus, de son relevé de notes produit par l'administration en défense, qu'il a été ajourné sur l'ensemble de ses épreuves au titre de l'année universitaire 2022-2023 et il est constant qu'à la date de la décision attaquée, il n'avait validé aucun diplôme. Ainsi, le requérant, qui ne produit aucun autre relevé de notes, ne justifie ni de la progression, ni du sérieux dans le suivi de ses études. En outre, s'il justifie être inscrit en tant qu'auditeur libre à l'Université Lumière Lyon 2 au titre de l'année scolaire 2023-2024, cette inscription ne lui confère par la qualité d'étudiant et il ne justifie, en tout état de cause, pas poursuivre effectivement ce cursus. Enfin, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que le nombre d'heures de travail effectuées par M. B dans le cadre de l'exercice d'une activité professionnelle salariée durant ses études s'élevait à plus de 60 % de la durée de travail annuelle, il résulte toutefois de l'instruction que la préfète de l'Ain aurait pris la même décision si elle n'avait retenu que le premier motif pour refuser de renouveler le titre de séjour mention " étudiant " de M. B. Dans ces conditions, en l'absence de progression dans ses études, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En troisième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, M. B n'établit pas avoir demandé un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte que le moyen tiré de ce que la préfète a méconnu ces dispositions et commis une erreur manifeste d'appréciation dans leur application ne peut qu'être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. Si M. B soutient vivre chez sa sœur, qui résiderait régulièrement sur le territoire français avec son compagnon et leurs deux enfants, il ne produit toutefois aucun document permettant d'attester de leur lien et la seule production d'une attestation de prolongation d'instruction d'une demande de renouvellement du titre de séjour ne permet, en outre, pas de considérer que la présence de cette dernière serait régulière sur le territoire français. En tout état de cause, cette circonstance serait sans effet sur son droit au séjour en qualité d'étudiant et ne saurait lui ouvrir droit au séjour au titre de ses intérêts privés et familiaux tels que protégés par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Ain aurait méconnu ces stipulations et entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".

14. En l'espèce, l'arrêté litigieux cite le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, relatif aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que les motifs pour lesquels il a adopté cette décision, notamment la circonstance que M. B a passé la majeure partie de son existence dans son pays d'origine et qu'il n'établit pas suffisamment son intégration socio-professionnelle sur le territoire français. Si la décision attaquée ne fait pas mention de la présence en France de la sœur de M. B et de sa famille, il résulte de ce qui a été exposé au point 11 que le requérant n'établit pas suffisamment l'intensité des relations qu'il entretient avec cette personne de sa famille. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, la préfète de l'Ain, qui n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision portant refus de titre de séjour, ni à reprendre l'ensemble des éléments de la situation personnelle de M. B, a procédé à un examen attentif de sa situation afin de déterminer si la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale. Il en résulte que la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision et du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle doit être écarté.

Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

17. M. B soutient que le délai de trente jours qui lui a été imparti par la préfète de l'Ain pour quitter le territoire français est insuffisant compte tenu de l'intérêt pour lui de ne pas interrompre son cycle universitaire. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus de M. B n'atteste pas suffisamment de la réalité et du sérieux du suivi d'une formation universitaire à la date de l'arrêté attaqué. Le requérant ne démontre par conséquent pas être dans une situation exceptionnelle justifiant que lui soit accordé un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Dans ces conditions, le préfet n'a ni méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en lui accordant un délai de départ volontaire limité à trente jours.

Sur la décision fixant le pays de destination :

18. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, le moyen tiré de ces illégalités et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bour, présidente,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le17 septembre 2024.

La rapporteure,

J. Le Roux

La présidente,

A-S. Bour

La greffière,

C. Touja

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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