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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2403635

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403635

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403635
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantLEFEVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 13 avril 2024 sous le n° 2403635, M. B A, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

S'agissant du moyen commun aux décisions attaquées :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans réel examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant du refus de délai de départ volontaire :

- la décision relative au délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans réel examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnait les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui a produit des pièces le 16 avril 2024.

II. Par une ordonnance du 15 avril 2024, enregistré le même jour au greffe du tribunal, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a transmis au tribunal, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A, enregistrée sous le n° 2403671.

Par cette requête, enregistrée le 14 avril 2024 au greffe du tribunal administratif de Grenoble, M. A, représenté par Me Sguaglia, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à défaut, de réexaminer sa demande sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros HT à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

S'agissant du moyen commun aux décisions attaquées :

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées et méconnaissent les dispositions des articles L. 211-2 à L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elles ont été prises sans réel examen de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'erreurs de fait ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

S'agissant du refus de délai de départ volontaire :

- la décision portant refus de délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet de l'Isère qui a produit des pièces le 16 avril 2024.

Les parties ont été informées à l'audience de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que le préfet a méconnu le champ d'application de la loi en faisant application des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français et de ce que les dispositions de l'article L. 612-6 du même code sont susceptibles d'être substituées à celles de l'article L. 612-8.

La présidente du tribunal a désigné Mme Fullana Thevenet pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fullana Thevenet,

- les observations de Me Lefevre, représentant M. A, qui a repris ses conclusions et moyens et soutient, en outre, que la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle du requérant et qu'aucune substitution de base légale n'est possible s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français compte tenu de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire,

- les observations de Me Tomasi, représentant le préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête, soutient que les moyens de la requête sont fondés et qu'il y a lieu de procéder à la substitution de base légale dont les parties ont été informées à l'audience ainsi qu'à une substitution de base légale et de motif s'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire,

- et les observations orales de M. A, assisté de M. C, interprète en langue anglaise.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2403635 et 2403671 présentées par M. A concernent un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par le même jugement.

2. M. A, ressortissant nigérian, né le 17 mars 1995 et entré en France en 2021 selon ses déclarations, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :

4. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Laurent Simplicien, secrétaire général de la préfecture de l'Isère, qui disposait à cet effet d'une délégation, en vertu d'un arrêté du préfet de l'Isère du 21 août 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne les éléments de fait relatifs à la situation du requérant, notamment ses demandes d'asile, la durée de sa présence en France, sa situation familiale, propres à permettre à M. A de comprendre les circonstances de fait ayant conduit le préfet de l'Isère à prendre les différentes décisions attaquées. Les décisions attaquées sont par suite suffisamment motivées.

6. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier que le préfet de l'Isère n'aurait pas procédé à un réel examen de la situation du requérant avant de prendre les décisions attaquées.

7. En dernier lieu, M. A soutient que les décisions en litige sont entachées de plusieurs erreurs de fait dès lors qu'il justifie d'un document d'identité, qu'il n'est pas sans domicile fixe, qu'il n'est pas sans profession et dépourvu de ressources légales et qu'il ne présente pas de risque de se soustraire à la mesure d'éloignement. Toutefois, M. A n'a pu justifier devant le préfet d'aucun document d'identité tel qu'une carte d'identité ou un passeport en cours de validité et il ressort des pièces du dossier qu'il a lui-même déclaré lors de son audition être sans domicile fixe, sans ressources et ne pas vouloir exécuter une mesure d'éloignement qui lui serait notifiée. Par suite et en tout état de cause, le moyen tiré des erreurs de fait dont serait entaché l'arrêté en litige doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () " et aux termes du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, () l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

9. Si M. A soutient que sa compagne, également de nationalité nigériane et en situation irrégulière, est présente sur le territoire français avec leurs deux enfants nés en Europe et âgés de 5 et 7 ans et qu'elle est enceinte de leur troisième enfant, il ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions et en tout état de cause, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants, garanti par le 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination doivent être rejetées.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () " et aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. () ".

12. L'arrêté en litige se borne à viser les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'octroi d'un délai de départ volontaire et ne mentionnent pas les dispositions de l'article L. 612-2 relatives au refus d'octroi d'un tel délai. Il ne comporte par ailleurs aucune mention relative aux motifs pour lesquels l'octroi d'un délai de départ volontaire lui est refusé. Par suite, la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'un défaut de motivation. La demande de substitution de base légale et de motif présentée à l'audience par le préfet de l'Isère n'est pas de nature à régulariser ce vice de forme. Dès lors et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens présentés contre cette décision, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

14. Il ressort de l'arrêté en litige que le préfet de l'Isère s'est fondé, pour prononcer à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français, sur les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que celui-ci relevait, compte tenu du refus de délai de départ volontaire qui lui avait été opposé, des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet de l'Isère a méconnu le champ d'application de la loi et il n'y a pas lieu de procéder à une substitution de base légale dès lors que le présent jugement annule la décision portant refus de délai de départ volontaire prise par le préfet de l'Isère. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision.

15. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 12 avril 2024 par lesquelles le préfet de l'Isère a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

16. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. ".

17. L'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire comme celle prononçant une interdiction de retour sur le territoire français n'implique ni la délivrance d'un titre de séjour ni le réexamen de la situation de M. A au regard de son droit au séjour, M. A restant tenu d'exécuter la décision l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai qui sera fixé par l'autorité préfectorale conformément aux dispositions de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction tendant à la délivrance d'un titre de séjour ou, à défaut, au réexamen de sa situation au regard de son droit au séjour ainsi que celles tendant au prononcé d'une astreinte doivent être rejetées.

18. En revanche, le présent jugement implique nécessairement l'effacement du signalement de M. A dans le système d'information Schengen. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de l'Isère de faire procéder à l'effacement de ce signalement, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

19. M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lefevre, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lefevre de la somme de 800 euros.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les décisions du 12 avril 2024 par lesquelles le préfet de l'Isère a refusé d'accorder à M. A un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an sont annulées, M. A restant tenu d'exécuter la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par le préfet conformément à l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Article 3 : Il est fait injonction au préfet de l'Isère de procéder à l'effacement du signalement de M. A du système d'information Schengen dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'État versera la somme de 800 euros à Me Lefevre sous réserve de son renoncement à percevoir la somme correspondant à la part contributive au titre de l'aide juridictionnelle, si celle-ci est définitivement accordée.

Article 5 : Le surplus de conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Isère et à Me Stéphanie Lefevre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

La magistrate désignée,

M. Fullana ThevenetLa greffière,

E. Gros

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier, - 2403671

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