lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2403644 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MAITRE MENGUY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024, la chambre de commerce et d'industrie du Beaujolais, représentée par Me Camiere (Selarl Axipiter), demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent la zone d'activités de l'aérodrome de Frontenas dans le cadre des travaux d'extension du réseau d'assainissement des eaux usées ;
2°) de rendre les opérations d'expertise communes et opposables à la société Eurovia, à la société SMA SA en sa qualité d'assureur de la société Eurovia, de la société Calad'Etudes et des sociétés MMA IArd Assurances Mutuelles et MMA Iard, en leur qualité d'assureur de la société Calad'Etudes ;
3°) de réserver les dépens.
Elle soutient que :
- dans le cadre de l'extension de la zone d'activités de l'aérodrome de Frontenas (69620), elle a fait procédé à des travaux de voiries et de réseaux divers ; un marché public de maîtrise d'œuvre a été conclu avec la société Calad'Etdues le 31 août 2020 ; un marché public de travaux a été conclu avec la société Eurovia pour la réalisation de prestations de travaux de voiries et de réseaux divers ;
- ces travaux d'extension du réseau d'assainissement des eaux usées visaient à raccorder deux lots de la zone d'activités ; ils consistaient, d'une part en l'extension du réseau d'assainissement des eaux usées ainsi qu'en la réalisation de huit regards de visites et, d'autre part, en la réalisation de travaux de terrassement et de construction de pistes de roulement ;
- les opérations préalables à la réception de l'ouvrage ont eu lieu le 6 décembre 2021 ; en dépit de la proposition du maître d'œuvre, elle n'a jamais accepté la réception des travaux compte tenu de l'apparition de désordres dès les jours suivants les opérations préalables de réception ;
- les désordres constatés consistent en des infiltrations d'eaux claires dans les regards d'eaux usées, en un affaissement du terrain autour des regards et en un affaissement de la chaussée dans la traversée de la voirie ;
- l'expertise sollicitée doit permettre un constat contradictoire des désordres, de déterminer leurs causes et conséquences ainsi que les travaux de reprise nécessaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, la société Eurovia Lyon, représentée par Me Ducrot (Selarl Ducrot et associés), demande au juge des référés :
1°) de condamner la CCI du Beaujolais, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à lui verser la somme provisionnelle de 8 490,38 euros correspondant au solde du marché restant dû ;
2°) de constater qu'elle formule les protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'instruction sollicitée ;
3°) si l'expertise devait être ordonnée, d'intégrer aux chefs de mission de l'expert la réalisation d'un compte entre les parties aux fins de règlement des sommes dues à chaque société intervenante ;
4°) de réserver les dépens.
Elle fait valoir que les sommes qu'elle revendique, qui correspondent au solde du marché non versé par la CCI du Beaujolais, ne sont pas sérieusement contestables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, non communiqué, les sociétés MMA Iard et MMA Iard Assurances Mutuelles, en leur qualité d'assureur de la société Calad'Etudes, représentées par Me Rebourg (Selarl Tacoma), informent le juge des référés qu'elles ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée, sous les plus expresses protestations et réserves quant aux faits allégués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, non communiqué, la société Calad'Etudes, représentée par Me Veillard (Selarl Alchimie Avocats) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, non communiqué, la société SMA SA, en qualité d'assureur de la société Eurovia Lyon, représentée par Me Menguy (Cabinet Menguy Avocats) demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ce qu'elle formule les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise ;
2°) de réserver les dépens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. En premier lieu, la demande d'expertise présentée par la CCI du Beaujolais, aux fins de déterminer les causes et les conséquences des désordres qui affectent la zone d'activités de l'aérodrome de Frontenas dans le cadre des travaux d'extension du réseau d'assainissement des eaux usées, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
4. La mesure d'expertise sollicitée dans la présente requête a précisément pour but d'apporter tous éléments utiles pour apprécier l'existence et l'imputation des responsabilités encourues dans le cadre de l'opération d'extension du réseau d'assainissement des eaux usées de la zone d'activités de l'aérodrome de Frontenas. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, ni le principe ni l'étendue de la responsabilité de la CCI du Beaujolais ne peuvent être regardés comme suffisamment établis pour que l'obligation dont se prévaut la société Eurovia Lyon présente un caractère non sérieusement contestable qui, seul, autorise le juge des référés à ordonner le versement d'une provision. Par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, les conclusions présentées par la société Eurovia Lyon, tendant à ce que la CCI du Beaujolais soit condamnée à lui verser une provision doivent être rejetées.
5. En troisième lieu, la société Eurovia Lyon demande également qu'il soit demandé à l'expert de faire les comptes entre les parties. Toutefois, une telle mission, qui doit être regardée comme donnant qualité à l'expert pour trancher des questions de droit, ne saurait légalement lui être confiée par le juge des référés en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la demande de la société Eurovia Lyon doit être rejetée.
6. En quatrième lieu, il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions. Les conclusions présentées en ce sens par les parties sont, par suite, rejetées.
7. En dernier lieu, en application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera. Par suite, les conclusions des parties relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE
Article 1er : M. B A, demeurant Chemin de Taffignon à Chaponost (69360), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant le réseau d'assainissement des eaux usées de la zone d'activités de l'aérodrome de Frontenas (69620), en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif. L'expert recueillera et consignera les observations des parties sur les constatations auxquelles il procèdera et les conclusions qu'il envisagera d'en tirer.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la CCI du Beaujolais et des sociétés Eurovia Lyon, Compagnie SMA, Calad'Etudes, MMA Iard et MMA Iard Assurances Mutuelles.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer dans les conditions prévues à l'article R. 621-7-3 du même code.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la chambre de commerce et d'industrie du Beaujolais, aux sociétés Eurovia Lyon, Compagnie SMA, Calad'Etudes, MMA Iard et MMA Iard Assurances Mutuelles et à l'expert.
Fait à Lyon, le 23 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
Juge des référés,
C. MARILLER
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026