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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2403737

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403737

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403737
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantADJA OKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 avril 2024, M. A B, représenté par Me Adja Oke, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024, par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile ;

- elle est insuffisamment motivée et a été prise sans réel examen de sa situation ;

- les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La préfète du Rhône a produit des pièces, enregistrées le 23 mai 2024.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 17 mai 2024.

La présidente du tribunal a désigné M. Besse pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. Besse, magistrat désigné ;

- les observations de Me Adja Oke, représentant M. B, qui a repris ses conclusions et moyens.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né en 1998, déclare être entré en France en février 2023. Il a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée le 21 décembre 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024 par lequel la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en se fondant sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (.. ;) ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Selon l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ".

3. La demande d'asile de M. B, provenant de Georgie, pays considéré comme d'origine sûre, a été examinée en procédure accélérée conformément à l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, M. B ne disposant plus du droit de se maintenir sur le territoire français, en vertu des dispositions citées au point précédent, la préfète du Rhône pouvait légalement, en se fondant sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 de ce code, ordonner son éloignement du territoire sans attendre que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur le recours formé contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Le moyen doit par suite être écarté.

4. En deuxième lieu, pour les motifs indiqués ci-dessus, et ainsi que l'a mentionné la préfète du Rhône dans la décision attaquée, le requérant ne disposait plus du droit de se maintenir sur le territoire français suite au rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par suite, et alors que la décision attaquée vise les dispositions applicables et fait état de considérations propres à la situation du requérant, elle est suffisamment motivée. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cette décision que la préfète du Rhône n'aurait pas procédé à un examen réel de sa situation.

5. En troisième lieu, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire et de celle désignant le pays de destination par voie de conséquence de l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions dirigées à ce titre contre l'Etat, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Thierry Besse

La greffière,

Sophie Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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