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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2403981

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2403981

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2403981
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantCHELLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 avril 2024, M. C A, représenté par Me Chelly, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 11 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé un pays de destination ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- les décisions sont insuffisamment motivées ;

- elles ont été signées par une autorité incompétente ;

- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnaît l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024, Mme de Lacoste Lareymondie a présenté son rapport et entendu les observations de Me Chelly, représentant M. A.

La préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

1. En premier lieu, les décisions ont été signées par Mme B, qui avait reçu délégation à cet effet par arrêté de la préfète du Rhône du 21 mars 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs. Le moyen tiré de l'incompétence de leur auteur manque donc en fait et doit être écarté.

2. En deuxième lieu, les décisions contestées comportent l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Rhône s'est fondée pour ordonner l'éloignement de M. A. Elles sont donc suffisamment motivées.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

4. M. A, de nationalité tunisienne, a déclaré être entré irrégulièrement en France et y résider depuis " trois ans environ " sans en justifier. Il ne démontre pas y avoir noué des attaches personnelles ou familiales. S'il indique vivre auprès de son grand-père âgé auquel il apporterait une aide pour les besoins de la vie courante, il n'apporte aucun commencement de pièce à l'appui de ses allégations. Dans ces circonstances, il ne peut sérieusement soutenir que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. En deuxième lieu, la décision en litige a pour seul objet d'ordonner l'éloignement de M. A, non de se prononcer sur son droit au séjour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui régissent les conditions dans lesquelles un ressortissant étranger peut se voir admettre exceptionnellement au séjour, est inopérant et doit être écarté.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

La magistrate désignée,

E. de Lacoste Lareymondie

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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