vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404026 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | MOREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, M. A B, représenté par Me Morel, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 11 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours, et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer, dans l'attente et sous sept jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise sans examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- cette décision a été prise en violation des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du même code ou à tout le moins sur le fondement de l'article L. 435-1 de ce code ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 2 mai 2024.
La préfète du Rhône a produit des pièces qui ont été enregistrées le 21 juin 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Allais pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Le rapport de Mme Allais, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant centrafricain né le 21 octobre 1992, est entré en France le 18 juillet 2022 pour y solliciter l'asile, dont il a été débouté par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile des 27 octobre 2022 et 20 février 2024. Par les décisions contestées du 11 avril 2024, la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
3. M. B est entré récemment sur le territoire français pour y demander l'asile, dont il a été débouté. S'il est célibataire et sans charge de famille, il ressort des pièces du dossier que l'ensemble de sa famille réside sur le territoire français. Ainsi, sa mère et ses deux frères résident en France sous couvert de titres de séjour, en qualité de conjoints et de parents d'enfants français pour ces derniers. Quant à sa sœur, elle est de nationalité française, mariée et mère de trois enfants français. Il fait valoir, sans être contesté en défense, que son père est décédé et qu'il est dépourvu de toute attaches dans son pays d'origine, la Centrafrique. Il ressort aussi des pièces du dossier que l'intéressé est intégré dans la société française, et qu'il dispose de perspectives d'insertion professionnelle. Il résulte de l'ensemble des circonstances particulières qui viennent d'être exposées que M. B est fondé à soutenir qu'en lui faisant obligation de quitter le territoire français, la préfète du Rhône a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Il est, dès lors, fondé à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés. Il est également, et par voie de conséquence, fondé à demander l'annulation des décisions subséquentes lui octroyant un délai de départ volontaire de trente jours et fixant son pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Selon l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
5. Conformément aux dispositions précitées, le présent jugement annulant l'obligation de quitter le territoire français, il y a seulement lieu d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. B et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Un délai de deux mois est imparti à la préfète du Rhône pour procéder à ce réexamen, et de huit jours pour délivrer l'autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 11 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a fait obligation de quitter le territoire français à M. B dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de procéder, dans un délai de deux mois courant à compter de la notification du présent jugement, au réexamen de la situation de M. B et de lui délivrer, dans un délai de huit jours courant à compter de la même date, une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
A. Allais La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026