mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404087 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2024, la SCI Gamin 2, représentée par la SELARLU Jean-Marc Petit - Avocat, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel le maire de Civrieux-d'Azergues l'a mise en demeure de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité des travaux autorisés par le permis de construire qui lui a été accordé le 27 novembre 2012, par la réalisation des espaces extérieurs et des places de stationnement prévus par ce permis, sous astreinte de 100 euros par jour de retard après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Civrieux-d'Azergues le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est présumée dans l'hypothèse dans laquelle la mise en demeure implique la démolition d'une construction ; or, les travaux imposés par la mise en demeure litigieuse impliquent nécessairement la démolition du terrain de pétanque et de l'abri qui ont été réalisés sur le terrain concerné par le permis de construire du 27 novembre 2012, en l'occurrence la parcelle cadastrée B 132 ; la condition d'urgence est donc remplie ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
. la mise en conformité imposée par cette décision est impossible à réaliser, les places de stationnement prévues ne pouvant être construites compte tenu de la position du département du Rhône, qui est opposé, pour des raisons de sécurité, à la création d'un accès direct sur la route départementale n° 385 ;
. la réalisation de ces places ne présenterait aucun intérêt, les besoins en matière de stationnement étant déjà satisfaits par l'aménagement de places de stationnement sur la parcelle cadastrée B 185, conformément à la demande du département du Rhône ;
. le permis de construire du 27 novembre 2012 est périmé, en application des dispositions de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme ; par suite, la réalisation des travaux imposée par la mise en demeure en litige impliquerait une construction sur la base d'une autorisation périmée ;
. le procès-verbal d'infraction du 9 février 2016 sur lequel se fonde l'arrêté attaqué est illégal ; en effet, alors que ce procès-verbal se base sur un constat administratif établi ce même jour par un agent de surveillance de la voie publique, il n'est pas démontré que ce dernier a été commissionné pour constater les infractions à l'urbanisme ; en outre, cet agent a pénétré sans autorisation sur sa propriété pour réaliser les photographies jointes au constat ; dans ces conditions, ledit procès-verbal étant illégal, la mise en demeure attaquée est elle-même entachée d'illégalité ;
. l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme sur lequel se fonde l'arrêté litigieux est issu de la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 ; cet arrêté se fonde lui-même sur un procès-verbal du 9 février 2016 ; ainsi, en cherchant à sanctionner une situation devenue définitive bien avant l'entrée en vigueur de cette loi, le maire a illégalement conféré une portée rétroactive aux dispositions de l'article L. 481-1 ;
. enfin, le maire ne peut prendre un arrêté de mise en demeure en application de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme quand l'action publique est prescrite ; dès lors, l'action pénale étant prescrite en l'espèce, le maire ne pouvait faire application des dispositions de cet article.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, la commune de Civrieux-d'Azergues, représentée par la SELARL BCV Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SCI Gamin 2 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le terrain de pétanque situé sur le terrain d'assiette ne constitue pas une construction ; l'abri de jardin qui existerait sur ce terrain constitue tout au plus un abri aisément déplaçable et n'a aucune existence légale ; dès lors, la mise en conformité au permis de construire du 27 novembre 2012 n'impliquerait aucune démolition ; l'urgence ne peut en conséquence être présumée ; en outre, compte tenu de la faible importance des travaux à réaliser et de l'absence de toute conséquence particulière sur la situation de la SCI Gamin 2, cette mise en conformité n'affecterait pas gravement la situation de cette société ; enfin, compte tenu des difficultés de stationnement existant dans le secteur dans lequel se situe le terrain concerné, il existe un intérêt public qui s'attache à l'exécution rapide de la mise en conformité ; dans ces conditions, il n'existe aucune urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté litigieux ;
- aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
. contrairement à ce que soutient la société requérante, l'accès sur le parking public situé au nord-ouest du terrain d'assiette qui est prévu par le permis de construire du 27 novembre 2012 est réalisable, le département du Rhône étant opposé à un accès direct à la route départementale n° 385 et non à l'accès ainsi prévu, pour lequel ce département a rendu un avis favorable avant la délivrance de ce permis ;
. la SCI Gamin 2 ne peut se prévaloir de la réalisation des places de stationnement sur la parcelle cadastrée B 185, aucun permis n'ayant été accordé pour le transfert de ces places sur cette parcelle ; en outre, aucun emplacement de stationnement n'est matérialisé et une barrière empêche d'accéder librement au terrain, qui de plus est utilisé pour entreposer des matériaux et est situé dans la zone inondable du plan de prévention des risques d'inondation ;
. la société requérante ne peut utilement invoquer la péremption du permis de construire initial dès lors qu'il lui appartient, le cas échéant, de solliciter la délivrance d'un nouveau permis de construire ;
. dès lors qu'il est constant que l'infraction est constituée, la prétendue irrégularité du procès-verbal d'infraction du 9 février 2016 est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué ; en tout état de cause, l'agent qui a effectué le constat administratif du 9 février 2016 était régulièrement assermenté et commissionné et a procédé à des constatations depuis la voie publique, sans pénétrer sur une propriété privée ;
. il ne résulte d'aucun texte ni d'aucun principe que le maire ne pourrait appliquer l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, issu de la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019, dans l'hypothèse dans laquelle l'autorisation a été délivrée avant l'entrée en vigueur de cette loi ; seule importe la question de la conformité des travaux à la date de la mise en demeure ;
. enfin, il ne résulte d'aucun texte que la mise en demeure prévue par l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme ne pourrait être mise en œuvre que dans le délai de la prescription de l'action pénale ; en outre, la société requérante ne peut péremptoirement affirmer que l'infraction est prescrite, alors que, depuis 2013, il a constamment été fait opposition aux travaux irrégulièrement réalisés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 19 avril 2024 sous le n° 2404086, par laquelle la SCI Gamin 2 demande au tribunal d'annuler la décision dont elle demande la suspension dans la présente requête.
Vu :
- la loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique ;
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chenevey, juge des référés ;
- Me Temps, pour la SCI Gamin 2, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête, en précisant en outre que le terrain de pétanque situé sur le terrain d'assiette constitue une construction ; l'abri de jardin également situé sur ce terrain a été mentionné sur les plans d'une précédente demande d'autorisation ; l'arrêté attaqué implique donc bien la démolition de constructions ; en outre, la situation du restaurant, qui réalise une grande partie de son chiffre d'affaires durant la période estivale, serait très fortement affectée par la réalisation des travaux demandés ; sa propre situation serait impactée par voie de conséquence, dès lors qu'elle perçoit des loyers liés à l'activité du restaurant ; enfin, compte tenu notamment de l'ancienneté de la situation, aucun intérêt public ne s'attache à la réalisation rapide des places de stationnement en litige ;
- Me Combaret, pour la commune de Civrieux-d'Azergues, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense, en précisant en outre que, pour établir l'existence d'une situation d'urgence, la SCI requérante ne peut utilement invoquer la situation du restaurant situé sur le terrain d'assiette, dont elle n'assure par l'exploitation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. En l'état de l'instruction, compte tenu de l'office du juge des référés, les moyens visés ci-dessus invoqués par la SCI Gamin 2 ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Civrieux-d'Azergues, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, verse à la SCI Gamin 2 la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par cette commune au titre de ces mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SCI Gamin 2 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Civrieux-d'Azergues au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Gamin 2 et à la commune de Civrieux-d'Azergues.
Fait à Lyon le 14 mai 2024.
Le juge des référés La greffière
J.-P. Chenevey G. Reynaud
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026