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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404090

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404090

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404090
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantGOUY-PAILLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 avril 2024 et 28 avril 2024, M. E C, représenté par Me Gouy-paillier, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 24 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;

3°) d'annuler la décision du 24 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient :

- les décisions attaquées sont entachées d'insuffisance de motivation ;

- elles méconnaissent le principe du contradictoire prévu par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa situation ne rentrant dans aucun des cas prévus par cet article ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire est illégale compte tenu de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de destination sera annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale compte tenu de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;

- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaire et que sa durée est disproportionnée ;

- la décision portant assignation à résidence sera annulée par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire ;

- les mesures de contrôle de l'assignation à résidence sont disproportionnées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- elle pouvait prendre une obligation de quitter le territoire français en l'encontre du requérant en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de son visa sans être titulaire d'un titre de séjour ;

- les autres moyens soulevés par M. B C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, première conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la préfète du Rhône n'était ni présente ni représentée.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée ;

- les observations de Me Gouy-Paillier, avocat, représentant M. B C, qui reprend des moyens de son mémoire ;

- les observations de M. B C, assisté de Mme D, interprète en langue arabe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré présentée pour M. B C a été enregistrée le 29 avril 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant algérien, conteste par les décisions du 24 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, ainsi que la décision du même jour par laquelle elle l'a assigné à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

3. En premier lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui les fondent. Par suite, et dès lors que la préfète n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, elles sont suffisamment motivées.

4. En second lieu, il résulte des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français et des décisions qui accompagnent cette obligation, notamment des décisions portant assignation à résidence. M. B C ne peut par suite utilement invoquer la méconnaissance de la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Au surplus, il a été interrogé sur sa situation administrative en France lors d'une audition par les services de police le 24 avril 2024 et si le document du 24 avril 2024 l'informant que la préfète du Rhône pouvait prendre à son encontre une mesure d'éloignement et indiquant qu'il ne formule pas d'observations, qui a été signé par un interprète, comporte la mention " Refus de signer " à la place de la signature de l'intéressé et n'est pas signé par un agent de police, le requérant ne conteste pas que l'interprète lui a traduit ce document. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () ".

6. Si le requérant fait valoir qu'il a entamé des démarches pour obtenir un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour, il n'est pas titulaire d'un tel titre. Il s'est maintenu sur le territoire français à l'expiration de son visa sans être titulaire d'un titre de séjour ainsi que le fait valoir dans son mémoire en défense la préfète du Rhône, qui doit être regardée comme demandant ainsi une substitution de motifs et de base légale du 1° au 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à laquelle il y a lieu de procéder dès lors que l'administration, qui disposait du même pouvoir d'appréciation, aurait pris la même décision en se fondant sur ce motif et que cette substitution ne prive l'intéressé d'aucune garantie. Le moyen tiré de ce que la situation de l'intéressé ne rentrerait dans aucun des cas mentionnés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.

7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. B C, né en 2005, qui indique être entré en France le 20 décembre 2019, se prévaut de la présence sur le territoire français de sa mère, sa sœur et son petit frère. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où réside notamment son père. Par ailleurs, il est défavorablement connu des services de police. Dans les circonstances de l'espèce, les décisions en litige n'ont pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, M. B C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

12. Il n'est pas contesté que M. B C a été placé en garde à vue le 23 avril 2024 pour des faits de recel de vol, port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, détention de munitions de catégorie B et qu'il est défavorablement connu des services de police pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité, menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un gardien ou agent de surveillance d'immeubles, port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, usage illicite de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, détention non autorisée de stupéfiants et des faits de blanchiment, concours à une opération de placement, dissimulation ou conversion du produit d'un délit de trafic de stupéfiants. Dans ces conditions, et même si l'intéressé n'a pas fait l'objet de condamnations pénales, la préfète du Rhône a pu retenir que sa présence constituait une menace pour l'ordre public au sens de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, même si le requérant justifie être entré régulièrement contrairement à ce qu'a retenu la préfète et à supposer même qu'il présenterait des garanties de représentation suffisantes, il résulte de l'instruction qu'elle aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de ce que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit par suite être écarté.

13. Il résulte de ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. Les conclusions dirigées contre la décision obligeant le requérant à quitter le territoire français étant rejetées, l'intéressé ne peut demander, par voie de conséquence, l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de décision du 24 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a fixé le pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, M. B C n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions pour demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

18. M. B C a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction de retour ne soit pas édictée. En l'espèce, le requérant se prévaut de sa durée de présence en France, de la présence de sa mère et de ses frère et sœur, de ses relations difficiles avec son père qui réside en Algérie, de la circonstance qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et de ce qu'il n'a jamais été condamné pénalement. Toutefois, il ne justifie pas ainsi de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées.

19. Compte tenu de ce qui a été dit au point 8 et le requérant étant défavorablement connu des services de police pour de nombreux faits, la préfète du Rhône n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois, durée qui ne présente pas en l'espèce de caractère disproportionné.

20. Il résulte de ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

21. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".

22. En premier lieu, les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire étant rejetées, l'intéressé ne peut demander, par voie de conséquence, l'annulation de la décision portant assignation à résidence.

23. En second lieu, par la décision en litige, la préfète du Rhône, qui a assigné le requérant à résidence dans le département du Rhône pour une durée maximale de quarante-cinq jours, lui a fait obligation de se présenter deux fois par semaine les lundis et jeudis entre 9h00 et 18h00 à la direction zonale de la police aux frontières située dans le troisième arrondissement de Lyon. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les modalités de contrôle de cette assignation à résidence présenteraient en l'espèce un caractère disproportionné, alors que le requérant ne justifie d'aucune circonstance de nature à établir que sa situation personnelle serait incompatible avec de telles modalités. Le moyen tiré de la disproportion de ces modalités de contrôle doit par suite être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 avril 2024 par laquelle la préfète du Rhône l'a assigné à résidence.

Sur les frais liés au litige :

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.

La magistrate désignée,

E. Reniez

La greffière,

A. Senoussi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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