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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404134

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404134

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404134
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantGUERAULT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I) Par une requête enregistrée le 26 avril 2024 sous le n°2404134 et un mémoire enregistré le 6 mai 2024, Mme F E, représentée par Me Guérault, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler les décisions du 15 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros hors taxes à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée en fait ;

- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas susceptibles de prospérer.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 17 mai 2024.

II) Par une requête enregistrée le 26 avril 2024 sous le n°2404136 et un mémoire enregistré le 6 mai 2024, M. D C, représenté par Me Guérault, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler les décisions du 15 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhônede procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans un délai de huit jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros hors taxes à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée en fait ;

- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas susceptibles de prospérer.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 17 mai 2024.

La présidente du tribunal a désigné Mme Allais pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.

Les rapports de Mme Allais, magistrate désignée, ont été entendus au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, qui se déclare de nationalité rwandaise est entré en France le 7 janvier 2022 accompagné de son épouse, Mme F E de nationalité rwandaise et de leur fille née B le 11 octobre 2020 en République démocratique du Congo. Mme E a donné naissance, le 8 août 2022, en France, à leur seconde fille, A. Leurs demandes d'asile ont été rejetées, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d'asile, le 23 janvier 2024. Par les décisions attaquées du 15 avril 2024, la préfète du Rhône leur a, à chacun, fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourraient être éloignés d'office.

2. Les requêtes présentées par M. C et Mme E concernent les membres d'un même couple et présentent à juger des mêmes questions. Il y a pour ce motif lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

3. Les requérants ayant, en cours d'instance, été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de les admettre à titre provisoire au bénéfice de cette même aide.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, les mesures d'éloignement en litige, qui font mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, sont suffisamment motivées. Les requérants ne sont, par suite, pas fondés à soutenir que faute pour la préfète du Rhône d'avoir énoncé les motifs pour lesquels elle estimait que l'intérêt supérieur des enfants du couple n'était pas méconnu, les décisions attaquées seraient insuffisamment motivées.

5. En second lieu, selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée er familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

6. Les requérants sont entrés en France récemment, pour y demander l'asile, dont ils ont été déboutés. Ils sont, en France, dépourvus d'attaches privées et familiales, à l'exception de la présence alléguée de la sœur de Mme E. Dans ces circonstances, et alors qu'aucune circonstance particulière ne ressort des pièces des dossiers contrairement à ce qu'allèguent les requérants sans toutefois préciser quelles elles seraient, les décisions litigieuses n'ont pu porter d'atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces décisions ne sont par ailleurs, et pour les mêmes motifs, pas davantage entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur leur situation personnelle.

7. Il résulte de ce qui précède que M. C et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions qu'ils contestent par lesquelles la préfète du Rhône leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé leur pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions des requêtes présentées à fin d'injonction ne peuvent, par suite, qu'être rejetées également.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, les sommes réclamées par les requérants au profit de leur avocat sur le fondement combiné à celui de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions des requêtes de M. C et de Mme E tendant à ce qu'une admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle soit prononcée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes présentées par M. C et Mme E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E, à M. D C et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

La magistrate désignée,

A. AllaisLa greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°s 2404134 - 2404136

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