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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404149

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404149

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404149
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantBOUHALASSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2024, M. B A, représenté par Me Bouhalassa, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 15 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 31 mai 2024.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024, Mme de Lacoste Lareymondie a présenté son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (). "

2. En premier lieu, il appartient non à l'autorité administrative de justifier a priori de la légalité de la décision attaquée, mais au requérant de soulever des moyens assortis de précisions suffisantes permettant au juge d'y statuer. En outre, une délégation de signature ayant une portée réglementaire, elle devient opposable dès sa publication. Il suit de là que les décisions attaquées ne sauraient être entachées d'incompétence au seul motif que le défendeur ne produirait pas l'acte qui habilitait le délégataire à les signer. En l'espèce, et en tout état de cause l'acte en litige a été signé par Mme C qui bénéficiait d'une délégation à cette fin par arrêté de la préfète du Rhône du 30 janvier 2024 régulièrement publié. Le moyen manque donc en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, contrairement à ce qu'indique M. A, la décision contestée comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Rhône s'est fondée pour ordonner son éloignement. Elle est donc suffisamment motivée.

4. En dernier lieu, il est constant que M. A, ressortissant algérien, est entré irrégulièrement en France à peine deux mois, selon ses propres déclarations, avant son interpellation le 14 avril 2024 pour des faits de vol qu'il a reconnus. S'il allègue que certains membres de sa famille se trouveraient sur le territoire français, il n'apporte aucune précision à ce titre et ne produit aucune pièce en vue d'étayer ses dires. Il ne justifie d'aucune autre attache personnelle et familiale. Dans ces circonstances, il ne peut sérieusement soutenir que l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, manifestement infondé, ne peut qu'être écarté.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Sur l'amende pour recours abusif :

7. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ". Le recours de M. A, qui n'est assorti d'aucune pièce et dont les moyens sont manifestement infondés, présente un caractère abusif. S'il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article R. 741-12 précité, il convient d'en rappeler l'existence à l'intéressé.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

La magistrate désignée,

E. de Lacoste Lareymondie

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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