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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404290

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404290

vendredi 24 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404290
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantHASSID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 mai 2024, M. B A, représenté par Me Hassid, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, la suspension de l'exécution de la décision du 12 mars 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est constituée dans l'hypothèse, comme en l'espèce, d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour ; en outre, il ne pourrait bénéficier des soins que nécessite son état de santé dans son pays d'origine ; enfin, il ne perçoit plus aucune prestation de la CAF et ne peut désormais plus bénéficier du remboursement intégral des soins qui lui sont dispensés ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :

. la préfète devra justifier de la saisine pour avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et des termes de cet avis ;

. elle devra également produire le rapport médical ayant précédé cet avis et les éléments ayant permis à l'office de se positionner sur la question de la disponibilité des soins dans son pays d'origine ;

. elle devra également établir que le médecin qui a établi le rapport médical n'a pas siégé au sein du collège de médecins ayant émis l'avis sur son état de santé ;

. elle devra également démontrer le caractère collégial de cet avis et que les dispositions de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont bien été respectées ;

. le respect des prescriptions relatives à la signature électronique et au procédé d'apposition des signatures devra être également justifié ;

. la compétence du médecin ayant établi le rapport et des médecins ayant siégé devra également être démontrée ;

. en estimant que les soins nécessaires à son état de santé sont disponibles en Algérie, la préfète a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les stipulations de l'article 6-7) de l'accord franco-algérien ;

. compte tenu de sa situation sur le territoire français, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6-5) de l'accord franco-algérien et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :

- le collège de médecins de l'OFII a bien rendu un avis sur la demande de M. A ;

- ce collège était composé de trois médecins désignés par le directeur général de cet office ;

- il s'est prononcé sur la base d'un rapport établi par un médecin-rapporteur distinct ;

- les signatures figurant sur l'avis ne sont pas des signatures électroniques mais des fac-similés ; le consentement des médecins est garanti par une application de gestion certifiant leur identification ;

- M. A pourrait effectivement bénéficier des soins que requiert son état de santé dans son pays d'origine ; par suite, le rejet de sa demande n'est entaché d'aucune erreur d'appréciation et ne méconnaît pas les stipulations de l'article 6-7) de l'accord franco-algérien ;

- la décision attaquée n'est pas davantage entaché d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6-5) de l'accord franco-algérien.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 23 avril 2024 sous le n° 2404035, par laquelle M. A demande au tribunal d'annuler la décision dont il demande la suspension dans la présente requête.

Vu :

- le convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Chenevey, juge des référés ;

- Me Hassid, pour le requérant, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête, en précisant en outre que :

. compte tenu des pièces produites en défense, les moyens tiré de l'absence d'avis de l'OFII et de l'incompétence des médecins qui sont intervenus pour émettre cet avis sont abandonnés ;

. la circonstance que l'avis du collège de médecins n'a pas donné lieu à des signatures électroniques mais comporte des fac-similés ne suffit pas à rendre les signatures régulières au regard des dispositions de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 ;

. les articles produits en défense sont insuffisants ou sans rapport avec le problème posé en l'espèce de la disponibilité des soins en Algérie ; la circonstance qu'un médicament figure dans la nomenclature des produits pharmaceutiques ne signifie pas nécessairement que ce médicament est effectivement disponible ; l'affirmation de la préfète en défense selon laquelle certains médicaments ne sont disponibles que dans les centre hospitaliers ne s'appuie sur aucun élément de justification.

La préfète du Rhône n'était pas représentée.

En application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été reportée au 22 mai 2024 à 18 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "

2. M. A, ressortissant algérien né le 26 juillet 1980, demande au juge des référés du tribunal de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 12 mars 2024 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour en application des stipulations des 5) et 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Toutefois, en l'état de l'instruction, les moyens visés ci-dessus invoqués par M. A ne sont pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon le 24 mai 2024.

Le juge des référés La greffière

J.-P. Chenevey L. Bon-Mardion

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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