jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404355 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | NAILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mai 2024, Mme B A, représentée par Me Naili, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 4 avril 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté la demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions, et de la munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur ;
- le refus de titre de séjour en litige est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors que le sérieux et la progression de ses études est établi ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- la décision accordant un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 12 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 27 juin 2024 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 18 juillet 2024.
Des pièces complémentaires, produites pour la requérante, ont été enregistrées le 8 août 2024, après la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 18 novembre 1998, de nationalité algérienne, est entrée en France le 17 septembre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour pour suivre des études supérieures. Elle a bénéficié de la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant ", qui a été plusieurs fois renouvelé. Le 14 janvier 2024, elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par les décisions en litige du 4 avril 2024, la préfète du Rhône a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.
2. En premier lieu, les décisions du 4 avril 2024 ont été signées par Mme C D, directrice des migrations et de l'intégration, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône en date du 30 novembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, librement accessible tant aux parties qu'au juge. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourse ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire " () ". Le renouvellement du certificat de résidence portant la mention "étudiant" est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il déclare accomplir.
4. Mme A est entrée sur le territoire français le 17 septembre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour pour suivre des études supérieures. Le 15 décembre 2021, elle a bénéficié de la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant ", qui a été régulièrement renouvelé jusqu'au 1er mars 2024. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision contestée, que Mme A s'est inscrite en 2021-2022 en deuxième année de licence d'administration économique et sociale à l'université de Lorraine, qu'elle n'a pas validée, ayant obtenu une moyenne de seulement 3,5 / 20. Elle a alors redoublé mais n'a pas davantage validé cette année d'étude, avec une moyenne de 8 / 20. Mme A n'a ainsi validé que quelques unités d'enseignement au terme de ces deux années de formation universitaires. La seule réussite de certaines unités ne saurait établir le sérieux des études, ni une progression significative. Si la requérante s'est ensuite inscrite en 2023-2024 en troisième année de bachelor " chargé d'affaires en développement durable " au sein d'un établissement d'enseignement supérieur privé, cette nouvelle inscription ne s'inscrit pas dans la continuité de la formation qu'elle suivait. Par ailleurs, Mme A n'établit pas que l'activité salariée qu'elle exerçait pour subvenir à ses besoins ainsi que l'hospitalisation puis le décès de sa grand-mère sont à l'origine des résultats qu'elle a obtenus. Dans ces conditions, quand bien même la requérante a fait preuve d'assiduité aux enseignements dispensés, en estimant que cette situation ne permettait de constater aucune progression dans les étude, et en refusant, pour ce motif, de renouveler le titre de séjour demandé, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation dans l'application des stipulations précitées.
5. En troisième lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
6. En dernier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, les moyens tirés de cette illégalité et soulevés, par voie d'exception, à l'encontre des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit ainsi être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Marine Flechet, première conseillère,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
F.-M. ELe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
S. Saadallah
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026