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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404476

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404476

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404476
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantLOUVIER

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 6 mai 2024 sous le n° 2404448, M. A G, représenté par Me Louvier, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 19 février 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur ;

- la décision portant refus de séjour méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2024.

II. Par une requête, enregistrée le 6 mai 2024 sous le n° 2404476, Mme F D épouse G, représentée par Me Louvier, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 19 février 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur ;

- la décision portant refus de séjour méconnait les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme D épouse G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Clément, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées présentées par M. et Mme G, membres d'une même famille, posent des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. A G et Mme F D épouse G, respectivement nés le 30 septembre 1951 et le 30 juillet 1951, de nationalité algérienne, sont entrés pour la première fois en France en 2003. Ils ont fait l'objet, suite au rejet de leurs demandes d'asile, d'un refus de titre de séjour assorti d'une invitation à quitter le territoire français les 14 mai et 23 juin 2003. Le 28 septembre 2009, les requérants sont entrés en France pour la seconde fois et se sont vu opposer le 4 novembre 2010, après un nouveau rejet de leurs demandes d'asile, un refus de titres de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. M. et Mme G sont entrés en dernier lieu en France respectivement le 9 décembre 2016 et le 12 mars 2017 sous couvert d'un visa court séjour. Le 14 septembre 2021, ils ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Par les décisions attaquées du 19 février 2024, la préfète du Rhône a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office.

Sur les décisions de refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit :() / 5. Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; (). ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

4. En premier lieu, les décisions litigieuses ont été signées par Mme B E, directrice des migrations et de l'intégration, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète du Rhône en date du 30 janvier 2024, publié le lendemain au recueil des actes administratifs. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.

4. En deuxième lieu M. et Mme G, âgés de soixante-douze ans à la date des décisions attaquées, vivent en France depuis l'année 2017. Ils sont hébergés chez leur fille C, et leurs trois enfants résident régulièrement en France en étant titulaires de certificats de résidence algériens de dix ans, ainsi que leur petite-fille de nationalité française âgée de sept ans. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils n'auraient pas conservé des attaches en Algérie, pays dans lequel ils ont vécu l'essentiel de leur existence. Alors qu'ils ont pu régulièrement rendre visite à leurs enfants en France, M. et Mme G ne sont pas fondés à soutenir que la préfète du Rhône, en leur refusant le bénéfice d'un certificat de résidence, a porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien.

6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme G ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions du 19 février 2024 par lesquelles la préfète du Rhône leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour.

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

7. Au regard de ce qui a été dit précédemment, M. et Mme G ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les décisions fixant le pays de destination :

8. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, M. et Mme G ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre des décisions fixant le pays de destination.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. et Mme G doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. et Mme G sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A G, Mme F D épouse G et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clément, président,

Mme Rizzato, première conseillère,

Mme Duca, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.

Le président,

M. Clément

L'assesseure la plus ancienne,

C. Rizzato

La greffière,

T. Andujar

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Nos 2404448 - 2404476

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