lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mai 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées en fait ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit, faute pour le préfet de l'Isère d'avoir procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant deux ans :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Des pièces, enregistrées les 12 et 13 mai 2024, ont été produites en défense par le préfet de l'Isère.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Gros, première conseillère.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leur famille ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 13 mai 2024, Mme Gros a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Grepinet, représentant M. B, qui reprend les conclusions et les moyens de sa requête, à l'exception du vice d'incompétence expressément abandonné, et précise, s'agissant du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le risque que le requérant se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet n'est pas établi dès lors qu'il a exécuté la mesure d'éloignement édictée le 23 septembre 2021,
- les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue arabe, qui, interrogé sur ce point, confirme s'être rendu en Suisse en 2022 et indique être revenu en France il y a environ quatre mois,
- et les observations de Me Morisson-Cardinaud, représentant le préfet de l'Isère, qui conclut au rejet de la requête aux motifs que les décisions attaquées sont suffisamment motivées et procèdent d'un examen particulier de la situation personnelle de M. B, que la décision l'obligeant à quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'absence d'insertion réussie comme d'attaches privées et familiales anciennes, intenses et stables en France, que le refus de délai de départ volontaire est justifié par l'existence d'un risque que M. B se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, caractérisé au regard des circonstances visées aux 1°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'éloignement de l'intéressé vers la Suisse en exécution de la peine d'interdiction du territoire français prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille le 12 octobre 2021 ne valant pas exécution des obligations de quitter le territoire français édictées les 26 janvier 2020 et 23 septembre 2021, et, enfin, que l'interdiction de retour sur le territoire français, dont la durée a été fixée à deux ans, revêt, en l'espèce, un caractère proportionné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 23 mars 1995, demande l'annulation de l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :
4. Ni les termes des décisions attaquées, qui reprennent les déclarations de M. B concernant notamment sa date d'arrivée en France et son activité professionnelle et précisent qu'il a été éloigné le 26 juin 2022 vers la Suisse, ni aucune autre pièce du dossier ne permettent de considérer que le préfet de l'Isère n'aurait pas, compte-tenu des éléments en sa possession, procédé, pour chaque décision, à un examen particulier et complet de la situation personnelle du requérant et aurait, ainsi, commis une erreur de droit.
En ce qui concerne la décision obligeant M. B à quitter le territoire français :
5. En premier lieu, la décision obligeant M. B à quitter le territoire français indique que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et précise que célibataire et sans enfant à charge sur le territoire français, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Elle est, ainsi, suffisamment motivée en fait.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. M. B déclare à l'audience être entré pour la dernière fois en France il y a quatre mois, après y avoir précédemment séjourné entre 2019 et 2022. Il ne justifie pas de la relation qu'il allègue entretenir avec une ressortissante française, qui serait enceinte de leur enfant. Si le requérant se prévaut de la présence en France de tantes établies à Grenoble et à Marseille, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où il a vécu l'essentiel de son existence. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaîtrait, ainsi, les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant à M. B un délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ". Aux termes de l'article L. 711-2 du même code : " Pour satisfaire à l'exécution d'une décision mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 700-1, l'étranger rejoint le pays dont il a la nationalité ou tout pays, autre qu'un Etat membre de l'Union européenne, la République d'Islande, la Principauté du Liechtenstein, le Royaume de Norvège ou la Confédération suisse, dans lequel il est légalement admissible. () ".
9. En premier lieu, la décision refusant à M. B un délai de départ volontaire, après avoir énuméré les diverses interpellations dont il a fait l'objet ainsi que les faits à l'origine de celles-ci, indique que l'intéressé a été condamné, le 12 octobre 2021, à une peine d'un an d'emprisonnement pour des faits de vol par ruse ou escalade, vol aggravé et vol en réunion par le tribunal correctionnel de Marseille et ajoute qu'il existe un risque qu'il se soustraie à son obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'il n'a effectué aucune démarche pour régulariser sa situation administrative, qu'il n'a pas exécuté les mesures d'éloignement édictées à son encontre les 26 janvier 2020 et 23 septembre 2021, qu'il est dépourvu de documents de voyage ou d'identité, qu'il ne justifie pas d'une adresse permanente et effective et qu'il a usé d'une fausse identité. Cette décision est, ainsi, suffisamment motivée en fait.
10. En second lieu, si M. B soutient que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de l'Isère s'est également fondé, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire sur l'existence d'un risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. A cet égard, si M. B, arrivé en France en 2019 selon ses déclarations, a quitté le territoire pour se rendre en Suisse dans le courant de l'année 2022, il ne peut, ce faisant, être regardé comme ayant exécuté les mesures d'éloignement édictées à son encontre les 26 janvier 2020 et 23 septembre 2021. En outre, il est constant que l'intéressé, qui ne peut justifier être entré régulièrement en France, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Enfin, le requérant n'est pas en mesure de présenter de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas être hébergé chez une tante à Grenoble comme il l'allègue. Dans ces conditions, le risque que M. B se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet pouvait être regardé comme établi, en l'absence de circonstances particulières. Il résulte de l'instruction que le préfet de l'Isère aurait pris la même décision de refus de délai de départ volontaire s'il ne s'était fondé que sur l'existence d'un tel risque de fuite. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. La décision fixant le pays de destination mentionne la nationalité de M. B et précise qu'il n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées ni ne rapporte être exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Elle est, ainsi, suffisamment motivée en fait.
En ce qui concerne la décision interdisant à M. B de revenir sur le territoire français pendant deux ans :
12. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
13. En premier lieu, la décision interdisant à M. B de revenir sur le territoire français pendant deux ans relève l'absence de circonstances humanitaires et indique que la durée de présence en France de l'intéressé est faible par rapport au temps passé dans son pays d'origine, qu'il s'est soustrait à l'exécution de plusieurs mesures d'éloignement, que sa présence constitue une menace pour l'ordre public au regard des diverses interpellations dont il a fait l'objet et de la condamnation à une peine d'un an d'emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille le 12 octobre 2021 pour des faits de vol par ruse ou escalade, vol aggravé et vol en réunion et, enfin, qu'il ne démontre pas l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec ses tantes résidant sur le territoire français. Cette décision est, ainsi, suffisamment motivée en fait.
14. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à l'interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans, être écarté pour les mêmes motifs que précédemment, s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français.
15. En troisième lieu, M. B déclare à l'audience être entré pour la dernière fois en France il y a quatre mois, après y avoir précédemment séjourné entre 2019 et 2022. Ainsi qu'il a été dit plus haut, il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement, qu'il n'a pas exécutées. Le requérant ne justifie, par ailleurs, pas de la relation qu'il allègue entretenir avec une ressortissante française, qui serait enceinte de leur enfant. Dans ces conditions, en dépit de la présence alléguée de tantes établies à Grenoble et à Marseille, et alors même qu'aucune menace à l'ordre public ne serait caractérisée, en interdisant à M. B de revenir sur le territoire français pendant deux ans, le préfet de l'Isère n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
16. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interdiction de revenir sur le territoire français pendant une durée de deux ans emporterait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la situation de M. B, qui dispose en tout état de cause de la possibilité d'en demander l'abrogation.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel le préfet de l'Isère l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement à M. B d'une somme au titre de ses frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Isère.
Copie en sera adressée à l'association Forum Réfugiés - Cosi.
Rendu en audience publique le 13 mai 2024.
La magistrate désignée,
R. Gros
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026