mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404623 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 13 mai, 22 mai et le 6 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Deme, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 avril 2024 par lequel la préfète de l'Ain a procédé au retrait de sa carte de résident, valable du 13 janvier 2022 au 12 janvier 2032, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 423-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle apporte suffisamment d'éléments permettant de caractériser la situation de violence dont elle était victime de la part de son mari ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de cette illégalité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 13 août 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 29 août 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 13 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à 1'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Roux, conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 3 janvier 1999, est entrée en France le 23 octobre 2021, munie de son passeport revêtu d'un visa de long séjour, valable du 19 octobre 2021 au 17 janvier 2022, obtenu suite à une demande de regroupement familial déposée par son époux, un compatriote résidant régulièrement sur le territoire français. Le 18 février 2022, elle a obtenu la délivrance d'une carte de résident de dix ans, valable du 13 janvier 2022 au 12 janvier 2032. Par l'arrêté attaqué du 10 avril 2024, la préfète de l'Ain a retiré la carte de résident délivrée à Mme B, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé son pays d'origine ou tout pays pour lequel elle établit être légalement admissible comme pays de destination.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Par une décision du 13 juin 2024, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de rupture de la vie commune ne résultant pas du décès de l'un des conjoints, le titre de séjour qui a été remis au conjoint d'un étranger peut, pendant les trois années suivant l'autorisation de séjourner en France au titre du regroupement familial, faire l'objet d'un retrait ou d'un refus de renouvellement. () ". Aux termes de l'article L. 423-18 du même code : " Lorsque l'étranger a subi des violences familiales ou conjugales et que la communauté de vie a été rompue, l'autorité administrative ne peut procéder au retrait du titre de séjour de l'étranger admis au séjour au titre du regroupement familial et en accorde le renouvellement. () ". L'accord franco-marocain ne comportant aucune stipulation relative au refus des titres de séjour dans le cadre de la procédure de regroupement familial, il ne fait pas obstacle à l'application des règles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile exposées ci-avant.
5. Pour procéder au retrait de la carte de résident qui avait été délivrée à Mme B au titre du regroupement familial, la préfète de l'Ain s'est fondée sur la rupture de la vie commune entre les conjoints et sur la circonstance que les violences conjugales alléguées par l'intéressée n'étaient pas établies, compte tenu des pièces présentées et du classement sans suite de sa plainte à l'encontre de son époux.
6. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition de Mme B dans le cadre du dépôt de plainte à l'encontre de son époux, le 29 novembre 2023, que l'intéressée indique avoir subi des violences psychologiques de sa part depuis son entrée sur le territoire français jusqu'au 29 août 2023, date à laquelle elle a quitté le domicile conjugal, notamment en raison d'insultes fréquentes et du contrôle qu'il effectuait sur son salaire, sur ses moyens de communication et sur ses sorties. La requérante produit également une attestation d'élection de domicile par une association d'accueil de jour de femmes et d'enfants en date du 8 septembre 2023, un certificat de son médecin traitant établissant qu'elle est venue le consulter le 22 décembre 2023 pour des troubles anxieux faisant suite aux agressions verbales exercées par son mari, et des attestations de son employeur et de deux amies, établies postérieurement à l'arrêté attaqué et relatant la situation compliquée vécue par Mme B avec son mari, ainsi que des échanges de messages houleux avec son mari et une photographie de ses affaires sur le palier de leur appartement. Toutefois ces éléments ne suffisent pas à établir la situation de violences conjugales dont se prévaut la requérante, alors qu'il est constant que sa plainte a été classée sans suite par le procureur de la République le 29 novembre 2023 et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait contesté cette décision. Mme B ne conteste en outre pas les termes de l'arrêté attaqué selon lesquels elle n'a pas sollicité d'ordonnance de protection à l'encontre de son mari. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Ain aurait fait une inexacte application des dispositions précitées en procédant au retrait de sa carte de résident pour rupture de la vie commune.
7. En second lieu, l'illégalité de la décision de retrait de sa carte de résident n'étant pas établie, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente ;
Mme Jorda, conseillère ;
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
J. Le Roux
La présidente,
A-S. Bour
La greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2404623
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026