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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404644

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404644

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404644
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantBROCARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mai 2024, M. A B, représenté par Me Brocard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er mai 2024 par laquelle la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous la même condition d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, somme à lui verser directement en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

M. B soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle a été prise en violation du droit d'être entendu ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme de Lacoste Lareymondie.

Vu :

- la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 12 juillet 2024 accordant l'aide juridictionnelle totale à M. B ;

les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 5 juillet 2024, Mme de Lacoste Lareymondie a présenté son rapport.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (). ".

2. M. B, de nationalité algérienne, a été interpellé et placé en retenue pour vérification du droit au séjour le 30 avril 2024. N'ayant pas été en mesure de justifier de la régularité de son entrée sur le territoire français, la préfète du Rhône l'a obligé à quitter le territoire en application du 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

3. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme C, en sa qualité de sous-préfète, qui avait reçu délégation à cet effet par arrêté de la préfète du Rhône du 20 février 2024 régulièrement publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit donc être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces produites en défense par la préfète du Rhône que M. B a été auditionné par les forces de police à l'occasion de la retenue pour vérification du droit au séjour dont il a fait l'objet le 30 avril 2024, et a pu présenter ses observations sur les conditions de son séjour en France et la perspective de son éloignement. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que la décision litigieuse aurait été prise en violation du droit d'être entendu.

5. En troisième lieu, si M. B soutient vivre en France depuis 2018, il n'en justifie pas. Il ne se prévaut d'aucune attache personnelle et familiale sur le territoire national, et ne démontre aucune insertion particulière en dépit de ses allégations, non démontrées, selon lesquelles il " travaille dès qu'il peut ". Le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre serait contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est donc manifestement infondé et ne peut qu'être écarté. Il en va de même du moyen par lequel il soutient que la décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent donc être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

La magistrate désignée,

E. de Lacoste Lareymondie

La greffière,

S. Lecas

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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