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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2404734

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2404734

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2404734
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSELAS CABINET CHAMPAUZAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, la SCI Le moulin sur Volane doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision, révélée par la facture d'un montant de 5 500 euros établie à son encontre le 9 février 2022, par laquelle le Syndicat intercommunal des eaux du bassin de l'Ardèche a décidé de la soumettre à la participation pour le financement de l'assainissement collectif prévue par l'article L. 1331-7 du code de la santé publique.

Par un mémoire, enregistré le 30 mai 2024, le Syndicat intercommunal des eaux du bassin de l'Ardèche, représenté par la SELARL cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société requérante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

2. Aux termes de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique : " Les propriétaires des immeubles soumis à l'obligation de raccordement au réseau public de collecte des eaux usées en application de l'article L. 1331-1 peuvent être astreints par la commune, la métropole de Lyon, l'établissement public de coopération intercommunale ou le syndicat mixte compétent en matière d'assainissement collectif, pour tenir compte de l'économie par eux réalisée en évitant une installation d'évacuation ou d'épuration individuelle réglementaire ou la mise aux normes d'une telle installation, à verser une participation pour le financement de l'assainissement collectif. / () ".

3. Le présent litige a trait à la participation exigée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique pour le financement de l'assainissement collectif, laquelle ne constitue pas une redevance pour service rendu, mais une contribution obligatoire au financement de travaux publics destinée à couvrir tout ou partie des frais exposés par le maître de l'ouvrage pour l'établissement et l'extension d'installations collectives d'évacuation et d'épuration des eaux usées. Les litiges relatifs à cette participation relèvent de la compétence de la juridiction administrative, alors même que le service public de l'assainissement revêt un caractère industriel et commercial.

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "

5. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

6. Or, il résulte de l'instruction que la SCI Le moulin sur Volane a exercé le 7 mars 2022 un recours à l'encontre de la décision attaquée, qui a été explicitement rejeté par une décision du 25 juillet 2022 du Syndicat intercommunal des eaux du bassin de l'Ardèche, qui ne comporte pas l'indication des voies et délai de recours. Il résulte toutefois de l'instruction que la société requérante a eu connaissance de la décision de rejet de son recours au plus tard le 22 août 2022, date à laquelle un conseiller municipal de la commune de Vals-les-Bains, mentionnant cette décision, est intervenu en sa faveur auprès dudit syndicat intercommunal. Il s'ensuit que la requête, qui a été enregistrée au greffe du tribunal environ vingt mois après cette dernière date, excède le délai raisonnable d'un an mentionné au point précédent. Les circonstances que la SCI Le moulin sur Volane ait tenté de résoudre le litige d'une manière amiable, notamment en saisissant le médiateur de l'eau puis le Défenseur des droits, ne constitue pas une circonstance particulière permettant de ne pas lui opposer ce délai.

7. Il suit de là que la requête, qui est tardive, doit être rejetée selon la modalité prévue par l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du Syndicat intercommunal des eaux du bassin de l'Ardèche présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de SCI Le moulin sur Volane est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du Syndicat intercommunal des eaux du bassin de l'Ardèche tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Le moulin sur Volane et au Syndicat intercommunal des eaux du bassin de l'Ardèche.

Fait à Lyon, le 2 juillet 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Jean-Pascal Chenevey

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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