vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404982 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | MESSAOUD |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête enregistrée le 23 mai 2024 sous le n°2404982, M. C A, représenté par Me Messaoud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) à titre principal, d'annuler les décisions du 30 avril 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an, et à titre subsidiaire de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement dans l'attente de la décision à intervenir de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche de procéder au réexamen de sa situation, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, et de procéder à la suppression du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dont il fait l'objet ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;
- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit, la préfète de l'Ardèche s'étant crue tenue de l'édicter ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant son pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour pendant un an est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2024, la préfète de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas susceptibles de prospérer.
II) Par une requête enregistrée le 23 mai 2024 sous le n°2404983, Mme B A, représentée par Me Messaoud, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) à titre principal, d'annuler les décisions du 30 avril 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourrait être éloignée d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an, et à titre subsidiaire de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement dans l'attente de la décision à intervenir de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ardèche de procéder au réexamen de sa situation, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, et de procéder à la suppression du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dont elle fait l'objet ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente, en l'absence de délégation de signature ;
- il n'a pas été procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit, la préfète du Rhône s'étant crue tenue de l'édicter ;
- elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant son pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour pendant un an est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2024, la préfète de l'Ardèche conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas susceptibles de prospérer.
M. et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle du 14 juin 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Allais pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Les rapports de Mme Allais, magistrate désignée, ont été entendus au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, ressortissants albanais nés respectivement les 11 juin 1983 et 15 septembre 1990, sont entrés régulièrement sur le territoire français le 24 septembre 2023 pour y demander l'asile, dont ils ont été déboutés. Par les décisions attaquées du 30 avril 2024, la préfète de l'Ardèche leur a, à chacun, fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé leur pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
2. Les requêtes présentées par M. et Mme A concernent les membres d'un même couple et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu, pour ces motifs, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
3. M. et Mme A ayant été admis en cours d'instance au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions principales, à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les arrêtés litigieux ont été signés par Mme D E, préfète de l'Ardèche. Ils ne sont donc pas fondés à soutenir que faute pour l'autorité signataire des actes attaqués de justifier d'une délégation de signature de la préfète, ils auraient été pris par une autorité incompétente.
5. En second lieu, il ne ressort pas des décisions attaquées, ni des autres pièces des dossiers que la préfète de l'Ardèche n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle des requérants préalablement à l'édiction des arrêtés attaqués.
En ce qui concerne les moyens dirigés spécifiquement contre les mesures d'éloignement :
6. En premier lieu, il ne ressort pas de la lecture des obligations de quitter le territoire français contestées que la préfète de l'Ardèche se serait crue tenue de les édicter.
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
8. M. et Mme A sont entrés en France très récemment dans le but d'y demander l'asile, dont ils ont été déboutés. Ils ont, ensemble, une fille née en février 2014 en Albanie, et ne font pas valoir d'élément qui ferait obstacle à ce que la vie familiale se poursuive, normalement, dans le pays dont tous les membres de la famille ont la nationalité et dans lequel ils ont, tous, passé la quasi-totalité de leur vie. Les requérants, qui ne font par ailleurs valoir aucune circonstance particulière de nature à établir par exemple leur intégration dans la société française, ne sont dès lors pas fondés à soutenir que les décisions attaquées portent à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Ils ne sont, pour les mêmes motifs, pas non plus fondés à soutenir que ces décisions seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur leurs situation personnelle et familiale.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, les requérants n'ayant pas démontré l'illégalité des mesures d'éloignement, ils ne sont pas fondés à s'en prévaloir à l'appui de leurs conclusions tendant à l'annulation des décisions subséquentes fixant le pays de destination.
10. En second lieu, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitement inhumains ou dégradants ".
11. Les requérants font valoir qu'ils sont exposés, en cas de retour en Albanie, à des risques contraires à ceux visés par les stipulations précitées, en raison d'une agression sexuelle dont a été victime Mme A de la part de son employeur, et de l'agression dont M. A a été lui-même victime alors qu'il tentait de prendre la défense de son épouse. Toutefois, les intéressés, dont la demande d'asile a au demeurant été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, n'apportent devant le tribunal aucun élément de nature à établir la réalité et l'actualité des risques ainsi invoqués. Ils ne sont, dès lors, pas fondés à invoquer la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne les interdictions de retour sur le territoire français pendant un an :
12. Selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-8 de ce code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Enfin, selon les termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
13. M. et Mme A résident en France depuis septembre 2023 et ont, dès leur entrée sur le territoire français, demandé l'asile. Ils se maintiennent depuis en France, mais pour un temps strictement nécessaire à l'examen de leurs demandes, les décisions en litige ayant été prises tout juste un mois après le rejet, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, de leur demande d'asile, et alors que les intéressés ont, le 5 mai 2024, saisi la Cour nationale du droit d'asile d'un recours, qui n'est toutefois pas suspensif. Les requérants n'ont jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, et leur présence sur le territoire n'est pas constitutive d'une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, quand bien même M. et Mme A sont isolés en France, il apparaît que les interdictions de retour contestées sont injustifiées, tant dans leur principe que dans leur durée. Les requérants sont, en conséquence, fondés à en demander l'annulation, et ce sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen soulevé à leur encontre.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A sont seulement fondés à demander l'annulation des décisions du 30 avril 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
Sur les conclusions subsidiaires, à fin de suspension :
15. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à l'espèce : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ". L'article L. 752-11 de ce code dispose : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'étranger, faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui forme un recours contentieux contre celle-ci peut, en application de l'article L. 752-5 précité, saisir le tribunal administratif de conclusions aux fins de suspension de cette mesure d'éloignement. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office.
16. Ainsi qu'il a été dit au point 11, les requérants ne produisent aucun élément sur la réalité des menaces auxquelles ils seraient actuellement exposés. Il ne ressort, ainsi pas des pièces des dossiers qu'il existerait un doute sérieux sur le bien-fondé des décisions de refus d'asile opposées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par suite, les conclusions tendant à la suspension des mesures d'éloignement doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement, qui annule seulement les interdictions de retour, implique seulement qu'il soit enjoint à la préfète de l'Ardèche de procéder à la suppression des signalements aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dont font l'objet M. et Mme A. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'impartir à la préfète de l'Ardèche un délai huit jours courant à compter de la notification du présent jugement pour exécuter cette mesure d'injonction.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions que présentent les requérants, demandeurs à l'aide juridictionnelle, au titre de l'application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. et Mme A tendant à leur admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les décisions du 30 avril 2024 par lesquelles la préfète de l'Ardèche a prononcé à l'encontre de M. et Mme A des interdictions de retour sur le territoire français pendant un an sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de l'Ardèche de procéder, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, à la suppression du signalement aux fins de non admission dont font l'objet M. et Mme A au sein du système d'information Schengen.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes présentées par M. et Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme B A et à la préfète de l'Ardèche.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
A. Allais La greffière,
S. Lecas
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°s 2404982 - 2404983
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026