mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2404997 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LAWSON BODY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mai 2024, M. B A, représenté par Me Lawson-Body, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet de la Loire a refusé de renouveler le titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " dont il était titulaire, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire " au plus tôt et dans l'attente de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de huit jours, sous astreinte, de 50 euros par jour de retard ou de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en applications des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaquée ;
- le refus de titre de séjour et la décision fixant le pays de destination sont insuffisamment motivés ;
- le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiqué au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces enregistrées le 23 août 2024.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Vaccaro-Planchet, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité malienne, né le 20 août 2002 et entré en France le 23 août 2018, a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", valable du 29 juin 2022 au 28 juin 2023. Il demande l'annulation de l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet de la Loire a rejeté sa demande tendant au renouvellement de ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. C D, sous-préfet, secrétaire général de la préfecture de la Loire, qui disposait d'une délégation consentie à cet effet par un arrêté du 13 juillet 2023, publié le 24 juillet 2023 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour et la décision fixant le pays de destination visent les textes dont elles font application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail. En outre, alors que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, les décisions contestées précisent les éléments déterminants de la situation du requérant qui ont conduit le préfet de la Loire à refuser de lui délivrer un titre de séjour et indiquent à cet égard que M. A ne fournit pas à l'appui de sa demande l'autorisation de travail prévue à l'article L. 5221-2 du code du travail alors, par ailleurs, qu'il est célibataire et sans enfant, qu'il est arrivé récemment en France, qu'il ne justifie pas d'une vie privée et familiale ancienne, stable et intense ni d'une intégration particulière sur le territoire français et qu'il a vécu l'essentiel de son existence dans son pays d'origine jusqu'à ses seize ans. Par suite, les décisions en litige comportent les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
5. M. A fait valoir qu'il réside en France depuis 2018, qu'il a été en situation régulière depuis sa majorité, qu'il a exercé une activité professionnelle continue, en dernier lieu en qualité d'équipier polyvalent de septembre à décembre 2022, qu'il respecte les lois de la République, qu'il n'a jamais fait l'objet de poursuites ou de condamnations pénales et qu'il maîtrise la langue française. Toutefois, le requérant, qui a suivi une formation en apprentissage à compter de septembre 2020, n'a pas obtenu le diplôme du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) peinture et revêtements. S'il a ensuite bénéficié d'un contrat à durée déterminée à temps partiel du 5 septembre au 31 décembre 2022 en tant qu'équipier polyvalent au sein d'une enseigne de restauration rapide puis d'un contrat à durée déterminée à temps partiel pour un remplacement sans terme précis, en qualité d'aide cuisine au sein d'une association à compter du 7 septembre 2023, ces éléments ne suffisent pas, alors qu'il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait fixé de manière durable le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire national, pour considérer que la décision de refus de titre de séjour ou l'obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas fondé. Pour les mêmes motifs, le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français ne sont pas entachés d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
6. Compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour, ni que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Leravat, conseillère,
Mme de Tonnac, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
V. Vaccaro-Planchet
L'assesseure la plus ancienne,
C. Leravat
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026