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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2405171

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405171

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405171
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSENE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, Mme B A, représentée par Me Sène, avocat, demande au juge des référés du tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- il y a urgence à enjoindre à la préfète de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français, dès lors qu'elle dispose d'un titre de séjour longue durée - Union européenne délivré par les autorités italiennes, valable du 25 août 2021 au 25 août 2029, que l'administration française lui a délivré le 19 janvier 2024 une autorisation de travail en sa qualité de résidente hors de France, qu'entrée le 22 janvier 2024 en France avec son titre de séjour italien, elle a déposé le 1er février 2024 auprès de la préfecture au Rhône une demande de titre de séjour portant la mention " salariée " via la plateforme " démarches simplifiées " et a produit toutes les pièces exigées pour l'instruction de sa demande, que, par messages adressés les 1er février et 3 mars 2024, elle a sollicité de la préfète du Rhône un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, qu'à la date du 28 mai 2024, sa demande est toujours en instruction, qu'elle n'a toujours pas reçu de proposition de rendez-vous malgré ses courriers de relances, que cette attitude de la préfète du Rhône la place dans une situation irrégulière en ce qu'elle ne peut pas justifier de son droit au séjour sur le territoire français et constitue une atteinte à son droit au séjour, à son droit de mener une vie privée et familiale normale et à son droit au travail alors qu'elle a déposé sa demande de titre de séjour dans les trois mois suivant son entrée en France, qu'elle dispose d'une autorisation de travail et d'un contrat de travail à durée indéterminée et qu'elle remplit toutes les conditions fixées par l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Drouet, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Si Mme A soutient qu'elle dispose d'un titre de séjour longue durée - Union européenne délivré par les autorités italiennes, valable du 25 août 2021 au 25 août 2029, que l'administration française lui a délivré le 19 janvier 2024 une autorisation de travail en sa qualité de résidente hors de France, qu'entrée le 22 janvier 2024 en France avec son titre de séjour italien, elle a déposé le 1er février 2024 auprès de la préfecture au Rhône une demande de titre de séjour portant la mention " salariée " via la plateforme " démarches simplifiées " et a produit toutes les pièces exigées pour l'instruction de sa demande, que, par messages adressés les 1er février et 3 mars 2024, elle a sollicité de la préfète du Rhône un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, qu'à la date du 28 mai 2024, sa demande est toujours en instruction, qu'elle n'a toujours pas reçu de proposition de rendez-vous malgré ses courriers de relances, que cette attitude de la préfète du Rhône la place dans une situation irrégulière en ce qu'elle ne peut pas justifier de son droit au séjour sur le territoire français et constitue une atteinte à son droit au séjour, à son droit de mener une vie privée et familiale normale et à son droit au travail alors qu'elle a déposé sa demande de titre de séjour dans les trois mois suivant son entrée en France, qu'elle dispose d'une autorisation de travail et d'un contrat de travail à durée indéterminée et qu'elle remplit toutes les conditions fixées par l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressée ne justifie pas de l'urgence à se voir délivrer un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour et un récépissé de sa demande l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français. Dans ces conditions, la condition d'urgence n'étant pas remplie, doivent être rejetées, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de sa demande l'autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de cette même requête à fin d'admission, à titre provisoire, de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle et celles à fin de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête n° 2405171 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à Me Sène.

Fait à Lyon, le 30 mai 2024.

Le juge des référés,

H. Drouet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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