mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2405174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête n° 2405174, enregistrée le 28 mai 2024, M. A D, représenté par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui accorder un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, ensemble le rejet de son recours gracieux formé le 13 février 2024 à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour lui de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'erreurs de fait, de droit et d'un défaut d'examen réel et sérieux, dès lors que l'administration lui a fait une réponse type sans prendre en compte les éléments de sa situation personnelle et familiale et qu'elle ne pouvait pas analyser sa demande comme abusive ou dilatoire.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit à l'instance.
II) Par une requête n° 2405176, enregistrée le 28 mai 2024, Mme B D, représentée par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2023 par laquelle la préfète du Rhône a refusé de lui accorder un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, ensemble le rejet de son recours gracieux formé le 13 février 2024 à l'encontre de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous et de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour lui de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'erreurs de fait, de droit et d'un défaut d'examen réel et sérieux, dès lors que l'administration lui a fait une réponse type sans prendre en compte les éléments de sa situation personnelle et familiale et qu'elle ne pouvait pas analyser sa demande comme abusive ou dilatoire.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit à l'instance.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda, conseillère ;
- et les observations de Me Wiedemann, substituant Me Petit, représentant M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, né le 10 septembre 1978, et Mme B C épouse D, née le 8 juin 1985, tous deux ressortissants russes, sont entrés sur le territoire national le 2 septembre 2015. Déboutés de l'asile, ils ont sollicité un titre de séjour. Par deux arrêtés du 13 août 2019, la préfète du Rhône a rejeté leurs demandes et a pris à leur encontre des mesures d'éloignement, dont la légalité a été confirmée par les juridictions administratives. Estimant bénéficier de nouvelles circonstances, M. et Mme D ont souhaité déposer une nouvelle demande de titre de séjour. Par deux décisions du 21 décembre 2023, la préfète du Rhône a refusé de leur octroyer un rendez-vous au motif qu'ils avaient déjà fait l'objet chacun d'un refus de titre de séjour assorti d'une mesure d'éloignement. Le 13 février 2024, ils ont formé deux recours gracieux contre ces décisions. En l'absence de réponse, par les présentes requêtes, M. et Mme D demandent au tribunal d'annuler les décisions du 21 décembre 2023, ensemble le rejet implicite de leurs recours gracieux.
2. Les requêtes n°s 2405174 et 2405176 concernent les deux membres d'un même couple, ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par une même décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire d'un visa de long séjour, d'un titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4, L. 425-10 et L. 426-21 du même code, l'article L. 431-3 dudit code soulignant que la détention d'un tel document qui autorise la présence de l'étranger en France ne préjuge pas de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour.
4. D'autre part, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable. Par suite, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative ne peut légalement refuser de fixer un rendez-vous à un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer une demande de titre de séjour.
5. Pour refuser de fixer un rendez-vous à M. et Mme D pour le dépôt de leurs demandes de titre de séjour, la préfète du Rhône s'est fondée sur l'existence de précédentes décisions refusant de leur délivrer un titre de séjour assorties d'une mesure d'éloignement. Toutefois, il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que seul le caractère abusif ou dilatoire de leurs demandes de rendez-vous, qui n'est ni démontré ni même allégué, la préfète n'ayant pas produit d'observations dans la présente instance, pouvait permettre à l'autorité préfectorale de les rejeter.
6. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que les requérants sont fondés à soutenir que les décisions du 21 décembre 2023 refusant de leur fixer un rendez-vous et, par voie de conséquence, le rejet implicite de leurs recours gracieux formés contre ces décisions, sont entachés d'illégalité et doivent donc être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
7. Eu égard aux motifs retenus et sous réserve d'un changement de circonstances qui y ferait obstacle, l'exécution du présent jugement implique que la préfète du Rhône convoque M. et Mme D à un rendez-vous en préfecture en vue du dépôt et, le cas échéant, de l'enregistrement de leur demande de titre de séjour avec délivrance de récépissés conformes à la situation des requérants. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et, dans les circonstances de l'espèce, de lui impartir un délai d'un mois pour s'y conformer. Il n'y a, en revanche, pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte qui est demandée.
Sur les frais liés au litige :
8. M. et Mme D, déjà représentés par un avocat, n'établissent pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, leur avocat ne peut pas se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, et en l'absence de demande de versement au bénéfice propre de M. et Mme D, les conclusions présentées au titre des frais d'instance ne peuvent être que rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 21 décembre 2023 refusant la fixation d'un rendez-vous et le rejet implicite des recours gracieux formés contre cette décision le 13 février 2024 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Rhône de convoquer M. et Mme D à un rendez-vous en préfecture en vue du dépôt et, le cas échéant, de l'enregistrement de leur demande de titre de séjour avec délivrance de récépissés conformes à leur situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme B C épouse D, à Me Petit et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bour, présidente,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
La rapporteure,
V. JordaLa présidente,
A-S. Bour
La greffière,
C. Touja
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Nos 2405174 - 2405176
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026