Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405316

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405316
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'une demande d'exécution de son jugement du 25 mai 2023, a constaté que la préfète du Rhône avait délivré le titre de séjour sollicité par M. A. En conséquence, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, l'exécution étant acquise. Il a toutefois condamné l'État à verser 800 euros à M. A au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 3 juin 2024, la présidente du tribunal administratif de Lyon a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, afin de statuer sur la demande, enregistrée le 3 janvier 2024, de M. B A, représenté par la SELARL BS2A Bescou-Sabatier Avocats et Associés, tendant à faire exécuter le jugement n° 2202983 du 25 mai 2023.

Par cette demande, complétée par un mémoire enregistré le 25 juin 2024, M. A demande au tribunal :

1°) de faire exécuter ce jugement dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la préfète du Rhône, qui n'a pas notifié de nouvelle décision, n'a pas réexaminé sa demande de titre de séjour.

Par un mémoire enregistré le 31 juillet 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de M. A.

Elle fait savoir au tribunal qu'elle a fait droit, par décision du 30 juillet 2024, à la demande de titre de séjour du requérant et que le titre de séjour est en cours de fabrication.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique au cours de laquelle le rapport de Mme Flechet a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement n° 2202983 du 25 mai 2023, le tribunal administratif de Lyon a, d'une part, annulé la décision implicite par laquelle le préfet du Rhône a refusé d'admettre M. A au séjour et, d'autre part, enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement. M. A demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à l'exécution de ce jugement.

2. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / () Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".

3. La préfète du Rhône a informé le tribunal, le 31 juillet 2024, qu'elle a décidé de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité, valable du 30 juillet 2024 au 29 juillet 2025, et que ce titre de séjour est en cours de fabrication. Dans les circonstances de l'espèce, et en l'absence de toute contestation du requérant sur ces informations, le jugement du 25 mai 2023 doit être regardé comme ayant été exécuté. Dès lors, les conclusions de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône de procéder, sous astreinte, à l'exécution de ce jugement sont devenues sans objet.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros à M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à l'exécution du jugement du 25 mai 2023.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jean-Pascal Chenevey, président,

Mme Marine Flechet, première conseillère,

Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La rapporteure,

M. Flechet

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

S. Saadallah

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier