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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2405410

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2405410

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2405410
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, M. B C, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint Exupéry, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, avant-dire droit, la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;

3°) d'annuler les décisions du 3 juin 2024 par lesquelles le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS) ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché d'incompétence de sa signataire ;

- il est insuffisamment motivé au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet de la Savoie ne justifie pas les raisons pour lesquelles il existerait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et revêt un caractère disproportionné ; en effet :

• il n'avait jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement auparavant ;

• les faits qui lui sont reprochés par le préfet de la Savoie, et qui ont donné lieu à des signalisations ainsi qu'à sa condamnation par le tribunal correctionnel de Lyon le 8 octobre 2020, ne sont pas suffisants pour considérer que sa présence sur le territoire français représente une menace pour l'ordre public ;

• ces faits ont été commis il y a plusieurs années et il ne représente plus un danger réel et actuel pour l'ordre public, dès lors qu'il n'a pas été condamné pénalement depuis l'année 2020, qu'il exerce une activité professionnelle et a entamé des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative ;

• l'autorité préfectorale ne pouvait se fonder sur une condamnation pénale isolée pour considérer que sa présence en France représentait une menace pour l'ordre public ;

- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- son signalement à fin de non-admission dans le SIS l'empêchera également d'obtenir un visa ou un titre de séjour et constitue une mesure d'expulsion automatique dans tout l'espace Schengen.

La requête a été communiquée au préfet de la Savoie qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé, le 5 juin 2024, des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;

- le règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gueguen, conseiller, pour statuer en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue avec l'assistance de Mme Gros, greffière :

- le rapport de M. Gueguen ;

- les observations de Me Manzoni, avocate de permanence, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient en outre que la décision fixant le pays à destination duquel l'intéressé pourra être éloigné d'office est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle exclue les États membres de l'Union européenne, alors que le requérant y a déposé plusieurs demandes d'asile et qu'il ne peut être éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ; elle insiste par ailleurs, d'une part, sur le moyen tiré de l'insuffisance de motivation entachant la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, dès lors que la motivation de cette décision ne permet pas d'attester de la prise en compte par l'autorité préfectorale des quatre critères prévus par les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier de la circonstance tirée de ce que M. C n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement auparavant, et, d'autre part, sur le moyen tiré de ce que la durée de cette interdiction de retour sur le territoire national revêt un caractère disproportionné, dès lors qu'il s'agit de la première mesure d'éloignement dont le requérant fait l'objet et que son comportement ne peut être regardé comme représentant une menace pour l'ordre public en France à la date du 3 juin 2024 compte tenu de ce qu'il n'a fait l'objet que de simples signalements non suivis de condamnations pénales ainsi que de condamnations pénales au cours des années 2019 et 2020 alors qu'il exerce désormais une activité professionnelle et a entamé des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative ;

- les observations de M. C, assisté de M. D, interprète en langue arabe, qui déclare regretter les actes qu'il a commis dans le passé au sein de la ville de Lyon et précise qu'il a quitté le département du Rhône pour celui de l'Ain où il exerce une activité professionnelle depuis plusieurs années et a entamé des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative ;

- et les observations de Me Tomasi, avocat, représentant le préfet de la Savoie, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens de M. C ne sont pas fondés ; il insiste en particulier, d'une part, sur la menace pour l'ordre public que représente le requérant, dès que l'intéressé a fait l'objet de nombreux signalements ainsi que de trois condamnations pénales et, d'autre part, sur l'absence d'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision fixant le pays à destination duquel M. C pourra être éloigné d'office, dès lors que l'intéressé a expressément déclaré aux services de la police nationale ne pas avoir eu l'intention de déposer des demandes d'asile dans des États membres de l'Union européenne et qu'il ne fait état d'aucun élément de nature à démontrer la réalité, la gravité et l'actualité des risques qu'il serait susceptible d'encourir en cas de retour dans son pays d'origine ; enfin, interrogé sur le point de savoir si les services de la préfecture de la Savoie avaient tenu compte, pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans prononcée à l'encontre de M. C, de la circonstance tirée de ce que l'intéressé n'avait jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, il a précisé que cela avait certainement été le cas.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien né le 1er juillet 1994, déclare être entré en France au mois de décembre 2016, où il est connu des services de la police nationale et judiciaires sous les identités de Ibrahim Ezbida, né le 1er juillet 2001 à Hammamet, en Tunisie, Ibrahim Isbida, né le 1er juillet 2001 à Mostaganem, en Algérie, Ibrahim Izabeda, né le 1er juillet 1994 en Tunisie, Ibrahim Izbida, né le 1er juillet 1994 à Hammamet, en Tunisie, et, enfin, Ibrahim Izbida, né le 1er juillet 2001 à Hammamet, en Tunisie. L'intéressé, dont les empreintes digitales ont été relevées par les autorités suisses le 13 avril 2017, par les autorités allemandes le 18 juillet 2020 ainsi que par les autorités néerlandaises le 21 août 2020 selon les données dactyloscopiques enregistrées dans la base de données centrale et informatisée du système " Eurodac ", a été signalisé à treize reprises dans le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) entre les années 2017 et 2019 sous les différentes identités précitées mais également condamné pénalement à trois reprises, d'abord à une peine d'emprisonnement délictuel de quatre mois par un jugement du tribunal correctionnel de Lyon du 12 décembre 2019 pour des faits de " vol commis dans (un) lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs " le 9 mars 2018, dans le 7ème arrondissement de Lyon, puis à une peine d'emprisonnement délictuel de quatre mois par un jugement du tribunal correctionnel de Lyon du 13 janvier 2020 pour des faits de " tentative de vol en réunion " et de " rébellion " commis le 26 avril 2018, dans le 3ème arrondissement de Lyon, et, enfin, à une peine d'emprisonnement délictuel de six mois par un jugement du tribunal correctionnel de Lyon du 13 janvier 2020 pour des faits de " vol en réunion " commis le 1er juin 2018, dans le 3ème arrondissement de Lyon. Contrôlé par les services de la police nationale en résidence à Modane le 3 juin 2024 alors qu'il se trouvait à bord du Flixbus n° 406 en provenance de l'Italie et effectuant la liaison Milan-Lyon, M. C a été placé en retenue administrative à fin de " vérification de son droit au séjour ". Enfin, par des décisions du même jour, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS).

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.

Sur la demande de communication du dossier par l'administration :

4. Selon les termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence () ". Et aux termes de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. ".

5. Le préfet de la Savoie ayant produit, le 5 juin 2024, les pièces relatives à la situation administrative de M. C, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner avant-dire droit la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et fixation du pays de destination :

6. En premier lieu, il ressort des pièces produites en défense que par un arrêté du 19 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Savoie, le préfet de ce département a donné délégation de signature à Mme Nathalie Tochon, conseillère d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, directrice de la direction de la citoyenneté et de la légalité, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Laurence Tur, secrétaire générale de la préfecture de la Savoie, à l'effet de signer, notamment, tous les actes pour les affaires ressortissant à son service dans les matières relevant des attributions du ministère de l'intérieur et des ministères qui ne disposent pas de services dans le département de la Savoie, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et fixation du pays de destination. M. C, qui se contente de soutenir, à l'appui de ses moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle, que le préfet de la Savoie " devra également justifier des délégations de signature ", n'établit ni même n'allègue que Mme A n'était pas absente ou empêchée à la date du 3 juin 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées manque en fait et ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit à cet égard que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". Enfin, selon les termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".

8. Les décisions contestées visent les textes dont elles font application, en particulier les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et exposent les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C sur lesquelles le préfet de la Savoie s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, lui refuser un délai de départ volontaire et fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Contrairement à ce que semble soutenir le requérant, l'autorité préfectorale n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à sa situation personnelle, et s'il lui est loisible de contester l'appréciation portée par le préfet de la Savoie sur cette situation, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir l'insuffisance de motivation alléguée dès lors que la motivation d'une décision s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, les décisions contestées, qui comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et ont ainsi permis à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé, sont suffisamment motivées au regard des dispositions citées au point précédent.

9. En dernier lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de la Savoie n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. C préalablement à leur édiction. À cet égard, s'il est loisible au requérant de contester l'appréciation portée par l'autorité préfectorale sur sa situation personnelle, cette divergence d'analyse n'est pas de nature à établir le défaut d'examen allégué. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit est infondé et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. Selon les termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".

11. M. C soutient que la mesure d'éloignement dont il fait l'objet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est présent en France depuis la fin de l'année 2016, qu'il a déménagé dans le département de l'Ain et exerce une activité professionnelle depuis plusieurs années après avoir eu de mauvaises fréquentations dans le département du Rhône, et qu'il a entamé des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, célibataire et sans enfant à charge, est entré irrégulièrement sur le territoire français à l'âge de vingt-deux ans et s'y est maintenu en situation irrégulière sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité dont il n'a au demeurant jamais sollicité la délivrance. À cet égard, si M. C verse au débat un formulaire, non daté, de première demande de " carte de résident " en vue d' " exercer une activité salariée en France ", ainsi qu'un courriel de réponse automatique des services de la préfecture de l'Ain daté du " 2 juin ", relatif aux modalités de dépôt des demandes de titre de séjour, il est cependant constant qu'il " pas encore eu de rendez-vous " auprès des services préfectoraux pour le dépôt de sa demande, l'intéressé précisant dans ses écritures être " en train de réunir les éléments dont l'administration a besoin ". Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant exerce, sous couvert d'une fausse carte nationalité d'identité belge valide du 23 mai 2020 au 22 mai 2030, des activités professionnelles dans le cadre de contrats de missions temporaires successivement conclus depuis l'automne 2021, en qualité d'" agent d'exploitation logistique ", de " manutentionnaire ", d'" applicateur ", d' " agent de conditionnement " ou encore d' " agent de production " intérimaire, qu'il a conclu, le 29 janvier 2022, un contrat de location pour un studio de 36m2 situé à Lagnieu, qu'il s'acquitte du montant mensuel de ses loyers depuis le 18 février 2022, qu'il a obtenu, le 20 juillet 2022, un certificat d'aptitude à la conduite en sécurité (CACES) de chariots à conducteur porté et qu'il a déclaré ses revenus au titre des années 2021 et 2022, ces éléments, s'ils témoignent certes d'un changement de comportement de M. C qui avait auparavant fait l'objet de treize signalements au FAED sous cinq identités différentes entre les années 2017 et 2019 puis avait été condamné à trois reprises par le tribunal correctionnel de Lyon entre la fin de l'année 2019 et le début de l'année 2020, ne suffisent cependant pas à démontrer que l'intéressé aurait transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français à la date de la décision contestée. Enfin, le requérant, qui ne fait état d'aucune attache sur le territoire national, n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, où il a vécu l'essentiel de son existence et où résident, selon ses propres déclarations lors de son audition par les services de la police nationale le 3 juin 2024, l'ensemble des membres de sa famille. Par suite, et alors que l'intéressé ne fait d'avantage état d'aucune circonstance humanitaire, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de la Savoie l'a obligé à quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

12. Selon les termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Cependant, l'article L. 612-2 du même code prévoit que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". À cet égard, l'article L. 612-3 de ce même code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. "

13. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. C, le préfet de la Savoie s'est fondé sur les dispositions des articles L. 612-2, 3° et L. 612-3, 1°, 4° et 8° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en considérant qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement dont il faisait l'objet, dès lors, d'une part, qu'il ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, d'autre part, qu'il avait explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à cette mesure d'éloignement lors de son audition par les services de la police nationale le 3 juin 2024, et, enfin, qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes. En l'espèce, si le requérant soutient qu'il s'agit de la première mesure d'éloignement dont il fait l'objet et qu'il justifie de garanties de représentation suffisantes, et s'il fait état de ses démarches entreprises en vue de la régularisation de sa situation administrative, il ne justifie cependant d'aucune circonstance particulière au sens et pour l'application du premier alinéa de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne conteste pas utilement qu'il existait un risque qu'il se soustraie à cette mesure au sens et pour l'application des dispositions combinées des articles L. 612-2, 3° et L. 612-3, 1° et 4° du même code, lesquels motifs étaient, à eux-seuls, de nature à justifier légalement la décision contestée. Par suite, le préfet de la Savoie n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en refusant d'accorder à M. C un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. En vertu de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, selon les termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

15. Pour fixer, comme pays à destination duquel M. C pourra être éloigné d'office en exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il est légalement admissible, à l'exception d'un État membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse, le préfet de la Savoie s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressé n'avait pas fait état des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine, ni sollicité la protection de l'État français, et qu'il n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Algérie. En l'espèce, si le requérant soutient que la décision contestée est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation ", dès lors qu'elle exclue les États membres de l'Union européenne alors qu'il y a déposé plusieurs demandes d'asile, il ressort toutefois de son audition par les services de la police nationale le 3 juin 2024 qu'en réponse à la question de savoir s'il avait " effectué une demande d'asile dans un pays européen ", l'intéressé avait répondu " peut-être en Espagne ", tout en précisant ne pas vouloir l'asile et avoir déposé cette demande " pour passer ", mais sans attendre " de réponse ". De même, interrogé sur le point de savoir s'il était " d'accord pour retourner dans l'État membre dans lequel une demande d'asile a(vait) été introduite ", M. C avait répondu par la négative, souhaitant demeurer en France. Enfin, si le requérant soutient, lors de l'audience publique, qu'il ne peut être éloigné à destination du pays dont il a la nationalité, il ne produit pas le moindre élément de nature à démontrer la réalité, la gravité et l'actualité des risques qu'il serait susceptible d'encourir en cas de retour en Algérie. Par suite, le moyen tiré de l' " erreur manifeste d'appréciation " doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Selon les termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 () l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 de ce même code : " () les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "

17. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

18. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

19. Pour prononcer à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Savoie s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en relevant que l'intéressé, auquel aucun délai de départ volontaire n'avait été accordé, ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire particulière. Par ailleurs, pour fixer la durée de cette interdiction à trois ans, l'autorité préfectorale a relevé, d'une part, que M. C avait déclaré être entré en France il y a huit ans, après avoir quitté son pays d'origine le 1er décembre 2016 où il avait vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, soit la majeure partie de sa vie, d'autre part, que l'intéressé, célibataire et sans enfant à charge, était dépourvu de toute attache familiale sur le territoire français, et, enfin, que sa présence sur le territoire national représentait une menace pour l'ordre public compte tenu de ce qu'il avait fait l'objet de plusieurs signalements au FAED sous cinq identités différentes entre les années 2017 et 2019 et avait été " condamné le 1er septembre 2000 à 4 mois d'emprisonnement avec sursis " puis " le 8 octobre 2020 à (quatre) mois d'emprisonnement ", par des décisions du tribunal correctionnel de Lyon notifiées le 3 juin 2024. En l'espèce, si la décision contestée comporte ainsi les considérations de droit sur lesquelles le préfet de la Savoie s'est fondé ainsi que les éléments de la situation personnelle de M. C au vu desquels il a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard à la durée de sa présence sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France ainsi qu'aux raisons pour lesquelles il a estimé sa présence sur le territoire national devait, selon lui, être regardé comme une menace pour l'ordre public, elle ne permet cependant pas d'attester de la prise en compte par l'autorité préfectorale du troisième des quatre critères prévus par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tiré de ce que l'intéressé aurait déjà fait l'objet ou non d'une précédente mesure d'éloignement. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision contestée du 3 juin 2024 par laquelle le préfet de la Savoie a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, est insuffisamment motivée en fait au regard des dispositions également précitées de l'article L. 613-2 du même code.

20. En second lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement, dans son principe et sa durée, la décision d'interdiction de retour.

21. En l'espèce, le requérant ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle au prononcé d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il résulte ce qui a été dit au point 11 que si l'intéressé déclare être présent en France depuis plus de huit années, il a cependant vécu dans son pays d'origine l'essentiel de son existence et ne justifie d'aucun lien privé et familial suffisamment ancien, intense et stable sur le territoire national. Toutefois, M. C soutient, sans être utilement contredit, ne jamais avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet, d'une part, de treize signalements au FAED sous cinq identités différentes entre le 25 mai 2017 et le 9 juillet 2019 pour des faits de " rébellion ", de " vols à la tire ", d' " entrée sur une aire de jeu d'enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition ", de " vol simple ", de " vol aggravé par deux circonstances sans violence ", de " vol commis dans un lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs ", de " vol en réunion sans violence " et de " recel de bien provenant d'un vol ", dont il ne conteste au demeurant pas sérieusement la matérialité en se bornant à faire état de " mauvaises fréquentations (l'ayant) conduit à être placé à plusieurs reprises en garde à vue ", et, d'autre part, de trois condamnations par le tribunal correctionnel de Lyon les 12 décembre 2019 et 13 janvier 2020, pour des faits de " vol commis dans (un) lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs , de " tentative de vol en réunion " et de " rébellion ", et de " vol en réunion " respectivement commis à Lyon les 9 mars, 26 avril et 1er juin 2018, lesquelles ne présentent ainsi pas un caractère " isolé ", les faits qui lui sont reprochés présentent cependant, en dépit de leur gravité, un caractère ancien et ne suffisent pas à démontrer que la présence en France de M. C représentait, à la date du 3 juin 2024, une menace pour l'ordre public, alors qu'il ressort également des pièces du dossier, ainsi que cela a été dit au point 11, que le comportement de l'intéressé s'est amendé depuis son déménagement dans le département de l'Ain et l'exercice d'activités professionnelles. Par suite, et alors même que l'autorité préfectorale s'est limitée à édicter une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans alors que la durée d'une telle interdiction pouvait être fixée à cinq ans, dès lors qu'il n'avait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que sa présence en France ne pouvait être regardée comme représentant une menace pour l'ordre public, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Savoie a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une telle interdiction de retour, laquelle présente, dans les circonstances de l'espèce, un caractère disproportionné.

22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 3 juin 2024 par laquelle le préfet de la Savoie a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le SIS, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision.

Sur les frais liés au litige :

23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision du 3 juin 2024 par laquelle le préfet de la Savoie a prononcé à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (SIS), est annulée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Savoie.

Lu en audience publique le 6 juin 2024.

Le magistrat désigné,

C. Gueguen

La greffière,

E. Gros

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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